{"id":9104,"date":"2017-09-09T10:04:03","date_gmt":"2017-09-09T14:04:03","guid":{"rendered":"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/?p=9104"},"modified":"2017-09-09T10:16:20","modified_gmt":"2017-09-09T14:16:20","slug":"a-fleur-de-peau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/a-fleur-de-peau\/","title":{"rendered":"A fleur de peau, roman initiatique"},"content":{"rendered":"<p><strong><span style=\"color: #0000ff;\"><a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/couvert-fleur-de-peau.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-9105\" src=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/couvert-fleur-de-peau.jpg\" alt=\"couvert-fleur-de-peau\" width=\"324\" height=\"455\" srcset=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/couvert-fleur-de-peau.jpg 324w, https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/couvert-fleur-de-peau-214x300.jpg 214w\" sizes=\"auto, (max-width: 324px) 100vw, 324px\" \/><\/a>A fleur de peau<\/span><br \/>\nroman initiatique<\/strong><\/p>\n<p>Par <strong><em>Saverio Tomasella<\/em><\/strong><br \/>\n\u00c9ditions Leduc<\/p>\n<p><em>Vous avez connu le succ\u00e8s avec le best-seller Hypersensibles ? Aujourd&rsquo;hui, vous publiez une fiction sur la sensibilit\u00e9. Vous n&rsquo;aviez pas tout dit ?<\/em><\/p>\n<p>&gt; Je n&rsquo;avais pas encore pu aborder tous les aspects de la sensibilit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e. Dans le premier livre, j&rsquo;ai essay\u00e9 de dresser un \u00e9tat des lieux sur la sensibilit\u00e9, \u00e0 partir d&rsquo;une grande enqu\u00eate. Depuis, j&rsquo;ai approfondi mes recherches, j&rsquo;ai men\u00e9 une autre enqu\u00eate&#8230; Avec A fleur de peau, je propose une histoire qui part de faits r\u00e9els. La forme du roman est plus l\u00e9g\u00e8re et plus ludique, plus facile \u00e0 lire. J&rsquo;essaie de mettre en \u00e9vidence les \u00ab\u00a0solutions\u00a0\u00bb les plus favorables pour bien vivre avec soi-m\u00eame et avec les autres, lorsque l&rsquo;on est tr\u00e8s sensible.<\/p>\n<p><em>Comment est n\u00e9e l&rsquo;id\u00e9e de cette fiction ? Quel est le point de d\u00e9part ?<\/em><\/p>\n<p>&gt; Je rencontre de plus en plus de personnes qui, un jour, ont compris que leur sensibilit\u00e9 est un atout, une chance, ou m\u00eame une force. J&rsquo;ai souhait\u00e9 raconter une histoire qui permette de comprendre comment cette prise de conscience peut changer la vie de quelqu&rsquo;un et quelles sont les transformations positives qui en d\u00e9coulent. L&rsquo;avantage du roman est de raconter une histoire concr\u00e8te, quotidienne, qui correspond \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue. Le roman donne la possibilit\u00e9 de plonger compl\u00e8tement dans la vie d&rsquo;un \u00eatre r\u00e9el en chair et en os.<\/p>\n<p><em>Votre personnage Flora \u00e0 tout pour elle, seulement elle est hypersensible. Est-ce un handicap ou un atout ?<\/em><\/p>\n<p>&gt; Flora vit sa sensibilit\u00e9 exacerb\u00e9e comme un g\u00eane, un frein, une fragilit\u00e9, puis elle va changer de regard sur elle-m\u00eame et apprendre \u00e0 s&rsquo;aimer comme elle est. Ce passage est r\u00e9el et lib\u00e9rateur pour les personnes que j&rsquo;ai interrog\u00e9es. Il y a un avant et un apr\u00e8s. C&rsquo;est cette lib\u00e9ration qui est la trame de l&rsquo;histoire de Flora.<\/p>\n<p><em>Votre roman embarque le lecteur dans une histoire captivante tout en proposant un solide bagage pour apprivoiser l&rsquo;hypersensibilit\u00e9. Vouliez-vous que ce roman soit une aide ?<\/em><\/p>\n<p>&gt; Ce roman a plusieurs ambitions. D&rsquo;abord \u00eatre un vrai roman de litt\u00e9rature contemporaine. Ensuite, \u00eatre une histoire sensible, avec toute la palette des \u00e9motions et des sentiments que chacun peut vivre. Enfin, montrer que la vie est plus belle lorsque chacun y met du sien\u2026<\/p>\n<p><em><a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/photo-saverio-2017.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9111 alignleft\" src=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/photo-saverio-2017.jpg\" alt=\"photo-saverio-2017\" width=\"269\" height=\"198\" \/><\/a>Ce roman est-il fait pour valoriser la sensibilit\u00e9 ?<\/em><\/p>\n<p>&gt; Oui, absolument : encourager les \u00eatre sensibles, quel que soit leur \u00e2ge, les hommes comme les femmes. Les aider \u00e0 s&rsquo;accepter, \u00e0 s&rsquo;aimer, \u00e0 s&rsquo;\u00e9panouir, \u00e0 devenir cr\u00e9atifs, \u00e0 trouver ce qui leur correspond, ce qui leur fait du bien. Leur permettre de mieux vivre, d&rsquo;\u00eatre plus heureux, etc. N\u2019oublions pas que l\u2019expression de la sensibilit\u00e9 est le moteur de la cr\u00e9ativit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral et de la cr\u00e9ation artistique en particuler.<\/p>\n<p><span style=\"color: #3366ff;\"><strong>Saverio Tomasella, A fleur de peau,<\/strong> Leduc, 2017, 224 p. ISBN 979-1028503833.<\/span><br \/>\n&#8211; <a href=\"http:\/\/www.editionsleduc.com\/produit\/1218\/9791028508500\/A%20fleur%20de%20peau\">http:\/\/www.editionsleduc.com\/produit\/1218\/9791028508500\/A%20fleur%20de%20peau<\/a><\/p>\n<p><em>Saverio Tomasella est docteur en psychologie, psychanalyste et \u00e9crivain.<\/em><\/p>\n<p><strong>Extrait<\/strong><\/p>\n<p>\u2013 Tu descends, ch\u00e9rie ?<br \/>\n\u2013 Oui, cinq minutes, je me pr\u00e9pare\u2026<br \/>\nUne lumi\u00e8re oblique p\u00e9n\u00e8tre dans la<br \/>\nchambre par la fen\u00eatre ouverte. Les rayons du soleil sont d\u00e9j\u00e0 moins audacieux. Ah, les derniers jours d\u2019ao\u00fbt ! Il y a dans l\u2019air comme une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 nouvelle, quelque chose de piquant, m\u00eame. Finis l\u2019\u00e9blouissement des matin\u00e9es d\u2019\u00e9t\u00e9, la torpeur des apr\u00e8s-midis torrides, la ti\u00e9deur des nuits \u00e9toil\u00e9es.<br \/>\nBient\u00f4t, ils laisseront place au crissement des feuilles mortes et \u00e0 la saveur rassurante du chocolat chaud, au coin du feu, quand il fait froid dehors\u2026<br \/>\nLe chant des oiseaux venant des arbres voisins accompagne les pens\u00e9es de Flora. Elle soupire en silence : les vacances touchent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 leur fin. Demain, Th\u00e9o entre au coll\u00e8ge. C\u2019est ridicule, mais elle a le sentiment que ces semaines pass\u00e9es seule avec lui \u00e0 Belle-\u00cele, en Bretagne, \u00e9taient peut-\u00eatre les derniers moments d\u2019insouciance partag\u00e9s avec son petit gar\u00e7on. M\u00eame si Th\u00e9o n\u2019a que onze ans, elle a tellement peur de voir se distendre le lien qui les unit que la panique la submerge d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019id\u00e9e de le perdre.<\/p>\n<p>Elle sourit en percevant les \u00e9clats des voix des enfants qui jouent dans un jardin tout proche. Pourtant, rapidement, les bribes de discussions qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent de la terrasse lui donnent envie de s\u2019enfuir \u00e0 toutes jambes. Les adultes sont si s\u00e9rieux, barbants m\u00eame, avec leur manque d\u2019humour, de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, de joie. Elle aime tellement rire, s\u2019amuser, r\u00eavasser. Pourquoi est-elle si diff\u00e9rente ? <em>Je ne suis pas faite pour ce monde. J\u2019aurais d\u00fb na\u00eetre \u00e0 une autre \u00e9poque&#8230;<\/em> Elle secoue la t\u00eate : \u00e0 quoi bon ressasser ces id\u00e9es noires ?<\/p>\n<p>Depuis deux jours, Flora ne supporte plus rien ni personne.<br \/>\nElle est \u00e0 vif, sursaute au moindre bruit, un rien la blesse. Elle s\u2019irrite, s\u2019emporte ou fond en larmes pour des broutilles, et se replie sur elle-m\u00eame \u00e0 la moindre contradiction. L\u2019id\u00e9e dereprendre le boulot la terrifie. <em>Je ne peux pas continuer comme \u00e7a.<\/em><br \/>\nLa matin\u00e9e avance et Flora est toujours affal\u00e9e sur son lit, \u00e0 broyer du noir, sans la moindre envie de se lever, et encore moins de se pr\u00e9parer pour descendre rejoindre les autres.<br \/>\nTenir tout le repas en compagnie de ses parents lui semble un effort surhumain. Ils sont pleins de bonne volont\u00e9, au fond, mais ils ont l\u2019art de la mettre mal \u00e0 l\u2019aise en public, et en particulier devant son mari, en insistant sur son originalit\u00e9, sa susceptibilit\u00e9, sa \u00ab\u00a0bizarrerie\u00a0\u00bb\u2026 <em>Quelle id\u00e9e de les avoir invit\u00e9s \u00e0 d\u00e9jeuner alors que je me sens si mal et qu\u2019entre Laurent et moi\u2026<\/em> Mais il y a aussi Th\u00e9o et, pour lui au moins, Flora souhaite faire bonne figure.<\/p>\n<p>La jeune femme se l\u00e8ve pour aller jusqu\u2019\u00e0 la salle de bain.<br \/>\nElle se regarde dans le miroir et a un mouvement de recul.<br \/>\n<em>C\u2019est moi, \u00e7a, cette t\u00eate de piaf aux yeux gonfl\u00e9s et aux cheveux hirsutes ? Et je suis cens\u00e9e remettre en \u00e9tat ce d\u00e9sastre en dix minutes ?<\/em><br \/>\nMais o\u00f9 est ma marraine la bonne f\u00e9e ? Elle \u00e9met un petit rire d\u00e9sabus\u00e9 qui s\u2019ach\u00e8ve en sanglot et retourne s\u2019allonger sur le lit, aussi d\u00e9fait que son visage. Elle tape des pieds, mart\u00e8le le matelas de ses poings devant l\u2019ampleur de la catastrophe. Elle sait que le pire, ce n\u2019est pas l\u2019\u00e9tat d\u00e9sastreux de l\u2019ext\u00e9rieur mais le cataclysme existentiel complet qui ravage l\u2019int\u00e9rieur de cette pauvre carcasse. <em>Non, je ne peux pas continuer \u00e0 souffrir comme \u00e7a, \u00e0 me sentir aussi mis\u00e9rable.<\/em><\/p>\n<p>Pourquoi est-ce que tout l\u2019affecte \u00e0 ce point ? Une remarque, une mimique, son propre reflet dans le miroir, o\u00f9 elle se reconnait \u00e0 peine ? Flora sait qu\u2019elle est tr\u00e8s sensible, trop sensible peut-\u00eatre, mais aujourd\u2019hui, ce sentiment la d\u00e9borde. Elle veut \u00e0 tout prix trouver quelque chose qui lui permette de surmonter ce raz-de-mar\u00e9e. Est-elle r\u00e9ellement \u00ab bizarre \u00bb, \u00ab originale \u00bb, comme le pr\u00e9tendent ses parents ? En tout cas, elle a besoin d\u2019\u00eatre accept\u00e9e telle qu\u2019elle est, reconnue pour ce qu\u2019elle est r\u00e9ellement et prise au s\u00e9rieux.<\/p>\n<p>Pour l\u2019heure, l\u2019urgence est de retrouver un peu de confiance et d\u2019aplomb. Mais terr\u00e9e dans cette chambre, seule, \u00e7a risque d\u2019\u00eatre difficile.<em> O\u00f9 est ce fichu t\u00e9l\u00e9phone ?<\/em> Flora exhume le portable des draps froiss\u00e9s et se rallonge sur le dos, les bras en croix, comme si le rayon de soleil qui r\u00e9chauffe son visage allait aussi lui souffler le nom de la personne qu\u2019elle pourrait appeler. Samira ? Oui, bien s\u00fbr, c\u2019est \u00e0 sa fid\u00e8le amie qu\u2019elle pense en premier, sauf que celle-ci est en vacances au Br\u00e9sil, o\u00f9 le jour n\u2019est sans doute m\u00eame pas encore lev\u00e9&#8230;<br \/>\n<em>Qui, alors ?<\/em> L\u2019esprit comme paralys\u00e9, Flora se prend la t\u00eate entre les mains.<\/p>\n<p>Du rez-de-chauss\u00e9e, une voix appelle son nom. Incapable de r\u00e9pondre, elle se rel\u00e8ve malgr\u00e9 tout pour aller se laver les dents, en baissant soigneusement la t\u00eate pour \u00e9viter son reflet. <em>Qui ? Qui pourrait m\u2019\u00e9couter et me comprendre ?<\/em><br \/>\nFlora recrache l\u2019eau mousseuse et pose sa brosse \u00e0 dents en esquissant un sourire. L\u2019odeur anis\u00e9e semble avoir allum\u00e9 une petite lumi\u00e8re dans le tunnel de son esprit. Marc.<br \/>\nElle esquisse une grimace. <em>Marc ?<\/em> Elle le conna\u00eet \u00e0 peine !<br \/>\n<em>Justement\u2026 Au moins lui ne me jugera pas et je ne me sentirai pas oblig\u00e9e de faire semblant, comme avec tous les autres. Oh, et puis&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Elle se pr\u00e9cipite sur son sac et fouille fi\u00e9vreusement jusqu\u2019\u00e0 tomber sur la carte de visite que Marc lui a tendue avec un sourire chaleureux \u00e0 l\u2019issue de la conf\u00e9rence o\u00f9 elle s\u2019est rendue avec son ami Antoine, juste avant les vacances. Une rencontre sur le th\u00e8me de la \u00ab\u00a0f\u00e9licit\u00e9\u00a0\u00bb. Rien que \u00e7a ! Pas le simple bonheur, mais la f\u00e9licit\u00e9, la \u00ab\u00a0grande joie profonde\u00a0\u00bb, pr\u00e9cisait le texte de pr\u00e9sentation. Au d\u00e9but, Flora avait trouv\u00e9 cette id\u00e9e bizarre. Puis, sans trop savoir pourquoi, elle s\u2019\u00e9tait sentie attir\u00e9e et avait franchi le seuil de ce centre de yoga, o\u00f9 un petit auditoire \u00e9tait install\u00e9 sur des coussins dans une atmosph\u00e8re propice \u00e0 l\u2019\u00e9coute et \u00e0 la d\u00e9tente. L\u2019homme qui parlait \u00e9tait tr\u00e8s simple. Naturel. Sa parole lui avait sembl\u00e9 juste, sinc\u00e8re. Elle avait \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e par son t\u00e9moignage. \u00c0 la fin du d\u00e9bat, Flora \u00e9tait all\u00e9e le remercier et ils avaient discut\u00e9 quelques minutes. Elle se souvient encore de sa pr\u00e9sence, de sa poign\u00e9e de main vigoureuse, de son sourire vrai&#8230;<\/p>\n<p>Elle rel\u00e8ve la t\u00eate et croise son image dans le miroir, d\u00e9c\u00e8le le doute dans ses yeux. Le doute. Le voil\u00e0 qui revient, s\u2019insinue sournoisement, comme toujours, \u00e0 la moindre occasion.<br \/>\nLe manque de confiance en soi, la peur de g\u00eaner, d\u2019\u00eatre de trop\u2026 <em>Tu ne vas tout de m\u00eame pas le d\u00e9ranger pour rien, un dimanche en plus, c\u2019est ridicule.<\/em> Non, ce qui serait vraiment ridicule, ce serait de c\u00e9der \u00e0 sa propre faiblesse, de ne pas oser d\u00e9passer ses r\u00e9ticences, de faire comme elle a toujours fait : garder ses angoisses pour elle, mettre un mouchoir dessus et se r\u00e9soudre \u00e0 ce que rien ne change.<br \/>\n<em>Non, non, je ne veux plus continuer comme \u00e7a, je veux vraiment changer !<\/em><\/p>\n<p>Flora retourne s\u2019asseoir sur le lit et compose \u00e0 toute allure le num\u00e9ro en \u00e9vitant de trop r\u00e9fl\u00e9chir.<br \/>\n\u2014 All\u00f4 ?<br \/>\n\u2014 Marc ? Je ne vous d\u00e9range pas ? C\u2019est Flora, euh&#8230; Je ne sais pas si vous vous rappelez, nous nous sommes rencontr\u00e9s<br \/>\nfin juin, lors de votre conf\u00e9rence sur la f\u00e9licit\u00e9&#8230;<br \/>\n\u2014 Oh, Flora, bien s\u00fbr que je me rappelle. Comment allez-vous ?<br \/>\n\u2014 Eh bien\u2026 Je suis d\u00e9sol\u00e9e de vous appeler un dimanche mais vous m\u2019aviez dit&#8230;<br \/>\n\u2014 Que vous pouviez m\u2019appeler en toutes circonstances, compl\u00e8te Marc, percevant le tremblement dans la voix de Flora. Vous avez bien fait. Comment puis-je vous aider ?<br \/>\n\u2014 Je crois\u2026 Je crois que j\u2019ai besoin d\u2019aide. D\u2019un coup de pouce. J\u2019ai besoin de pouvoir parler \u00e0 quelqu\u2019un sans me sentir jug\u00e9e, d\u2019\u00eatre vraiment comprise et accept\u00e9e. Je ne vais pas tr\u00e8s bien en ce moment. Je ne comprends pas ce qui m\u2019arrive. Pourtant, j\u2019ai tout pour \u00eatre heureuse&#8230;<br \/>\nLe silence bienveillant \u00e0 l\u2019autre bout du fil l\u2019incite \u00e0 poursuivre.<br \/>\n\u2014 J\u2019ai l\u2019impression que je suis en train de me replier sur moi-m\u00eame et de me laisser aller. Je ne veux plus voir personne, cela me co\u00fbte trop. Tout me p\u00e8se. Je suis tout le temps \u00e0 cran, \u00e0 fleur de peau, c\u2019est invivable&#8230;<br \/>\n\u2014 Vous \u00eates \u00e0 bout de forces ?<br \/>\n\u2014 Oui, c\u2019est \u00e7a&#8230; et surtout, je ne sais pas quoi faire pour sortir de cet \u00e9tat.<br \/>\n\u2014 Je comprends, Flora. Le mieux serait qu\u2019on se voie, vous ne croyez pas ?<br \/>\n\u2014 Oui, je\u2026 Demain ? Mon fils entre en sixi\u00e8me et j\u2019ai lib\u00e9r\u00e9 ma journ\u00e9e. C\u2019est peut-\u00eatre trop&#8230;<br \/>\n\u2014 C\u2019est parfait. En fin de matin\u00e9e ? 11 h ?<br \/>\n\u2014 Oui, d\u2019accord. Merci\u2026 Merci beaucoup. 11 h.<br \/>\n\u2014 \u00c0 demain, Flora.<br \/>\nAvec un soupir de soulagement, la jeune femme repose son t\u00e9l\u00e9phone et s\u2019autorise enfin un sourire. Elle se l\u00e8ve et marche vers la fen\u00eatre, attir\u00e9e par le ciel, la lumi\u00e8re, la l\u00e9g\u00e8re brise qui joue avec les cimes des arbres\u2026<\/p>\n<p><span style=\"color: #3366ff;\">\u00a9 Saverio Tomasella, Leduc, 2017.<\/span><\/p>\n<p><strong>Savario Tomasella est membre de Psycho-Ressources<\/strong><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/saverio-tomasella.html\">https:\/\/www.psycho-ressources.com\/saverio-tomasella.html<\/a><\/p>\n<a href='http:\/\/twitter.com\/share' class='twitter-share-button' data-text='A fleur de peau, roman initiatique' data-url='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/?p=9104' data-counturl='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/a-fleur-de-peau\/' data-count='horizontal' data-via='LesPSY'>Tweet<\/a>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A fleur de peau roman initiatique Par Saverio Tomasella \u00c9ditions Leduc Vous avez connu le succ\u00e8s avec le best-seller Hypersensibles ? Aujourd&rsquo;hui, vous publiez une fiction sur la sensibilit\u00e9. Vous n&rsquo;aviez pas tout dit ? &gt; Je n&rsquo;avais pas encore &hellip; <a href=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/a-fleur-de-peau\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[7,6],"tags":[738,481,2923,159,1892,1703,1704,2629,311,1701,2922],"class_list":["post-9104","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-livres","category-publications","tag-angoisse","tag-anxiete","tag-emotif","tag-emotion","tag-emotivite","tag-hypersensibilite","tag-hypersensible","tag-peau","tag-roman","tag-sensibilite","tag-sensible"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9104","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9104"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9104\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9112,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9104\/revisions\/9112"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9104"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9104"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9104"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}