{"id":7348,"date":"2016-07-12T20:47:58","date_gmt":"2016-07-13T00:47:58","guid":{"rendered":"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/?p=7348"},"modified":"2016-07-12T20:49:56","modified_gmt":"2016-07-13T00:49:56","slug":"guerres-et-traumas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/guerres-et-traumas\/","title":{"rendered":"Guerres et traumas"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/couvert-guerre-et-traumas.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-7349\" title=\"couvert-guerre-et-traumas\" src=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/couvert-guerre-et-traumas.jpg\" alt=\"\" width=\"246\" height=\"381\" srcset=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/couvert-guerre-et-traumas.jpg 246w, https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/couvert-guerre-et-traumas-193x300.jpg 193w\" sizes=\"auto, (max-width: 246px) 100vw, 246px\" \/><\/a><strong>Guerres et traumas<\/strong><\/p>\n<p>Sous la direction de <em><strong>Olivier Douville<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Avec des contributions de S. Beghaghel, N Ben Smail, H. Cohen Sola. Melchior Martinez, T. Roelens<\/p>\n<p>Paris Dunod, 2016<\/p>\n<p><strong>SOMMAIRE<\/strong><\/p>\n<p>De la Premi\u00e8re Guerre mondiale aux guerres d\u2019ind\u00e9pendance, les conflits successifs du XXe si\u00e8cle ont amen\u00e9 les psychanalystes \u00e0 se pencher sur les soins \u00e0 apporter aux patients traumatis\u00e9s.<br \/>\nLes r\u00e9ponses ont \u00e9volu\u00e9 depuis Freud et ses \u00e9l\u00e8ves, avec, entre autres, les travaux d\u2019un Fanon qui repensa les conditions de la psychoth\u00e9rapie institutionnelle dans le contexte de la guerre d\u2019ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne, tout en proposant sa propre version des traumas de guerre l\u00e0 o\u00f9 le politique fait effraction dans l\u2019intime. Les services de psychologie des arm\u00e9es proposent des mod\u00e8les pr\u00e9cis de pr\u00e9vention des risques psychiques et de prise en charge des traumas de guerre.<\/p>\n<p>Les conflits actuels \u2013 enfants-soldats en Afrique, guerre civile en Colombie, conflits au Moyen-Orient\u2026 jusqu\u2019\u00e0 la radicalisation des jeunes djihadistes \u2013 n\u00e9cessitent des structures d\u2019accueil et de soin psychique sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p>Cet ouvrage propose ainsi une exploration des incidences des nouvelles formes de conflits \u2013 guerre larv\u00e9e, guerre civile, radicalisation arm\u00e9e \u2013 et des dispositifs cliniques mis en place \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de ces guerres modernes sur les subjectivit\u00e9s.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/photo-olivier-douville-2016.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-7350\" title=\"photo-olivier-douville-2016\" src=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/photo-olivier-douville-2016.jpg\" alt=\"\" width=\"239\" height=\"315\" srcset=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/photo-olivier-douville-2016.jpg 239w, https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/photo-olivier-douville-2016-227x300.jpg 227w\" sizes=\"auto, (max-width: 239px) 100vw, 239px\" \/><\/a><strong>L&rsquo;AUTEUR PRINCIPAL<br \/>\n<\/strong><strong><em>OLIVIER DOUVILLE<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Psychanalyste, adh\u00e9rent praticien \u00e0 l&rsquo;association Espace analytique, ma\u00eetre de conf\u00e9rences, universit\u00e9 Paris 7-Diderot (laboratoire CRPMS) et universit\u00e9 Paris Ouest-Nanterre La D\u00e9fense, EPS de Ville Evrard (93), directeur de publication de la revue Psychologie clinique.<\/p>\n<p><strong>SITE WEB<br \/>\n<\/strong>&#8211; <a href=\"http:\/\/olivierdouville.blogspot.ca\/2016\/06\/introduction-au-livre-guerres-et.html?q=deuil\">http:\/\/olivierdouville.blogspot.ca\/2016\/06\/introduction-au-livre-guerres-et.html?q=deuil<\/a><\/p>\n<p><strong>COMMANDE<\/strong><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Guerres-traumas-Olivier-Douville\/dp\/2100749323\/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1465918846&amp;sr=1-1&amp;keywords=guerres+et+traumas\">https:\/\/www.amazon.fr\/Guerres-traumas-Olivier-Douville\/dp\/2100749323\/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1465918846&amp;sr=1-1&amp;keywords=guerres+et+traumas<\/a><\/p>\n<p><strong>EXTRAIT<br \/>\n<\/strong><strong>Introduction (de Olivier Douville)<\/strong><\/p>\n<p>En 2016, le mot m\u00eame de guerre est un mot d\u2019un poids et d\u2019une importance extr\u00eame pour au moins trois g\u00e9n\u00e9rations. Et de m\u00eame insiste\u00a0 la dimension\u00a0 de la survivance.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas seulement que la guerre laisse des traces inconscientes pouvant se transmettre d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre, c\u2019est que l\u2019impact d\u2019une destructivit\u00e9 interne que la guerre moderne a sur nos vies psychiques affecte ce pouvoir de transmission.<\/p>\n<p>Le travail de ceux qui entreprennent, comme le font les auteurs de ce volume, de situer ce que les cliniciens peuvent de la guerre retirer comme savoir sur leurs pratiques et leurs th\u00e9ories\u00a0 doit en passer par un abord historique qui sera pr\u00e9cis\u00e9 ici \u00e0 partir de la premi\u00e8re guerre mondiale.<\/p>\n<p>L\u2019histoire des dommages psychiques caus\u00e9s par la guerre est assez longue.\u00a0 Il suffirait ici, suivant en cela les recherches de L. Crocq, d\u2019\u00e9voquer la figure aveugl\u00e9e du guerrier ath\u00e9nien Epizelos : un valeureux au combat, mais qui perdit la vue sous l\u2019effroi de sa rencontre avec un guerrier ennemi qui lui parut \u00e9norme et le d\u00e9pass\u00e2t pour aller tuer le fr\u00e8re d\u2019arme de ce malheureux grec.\u00a0 Platon\u00a0 \u00e0 la fin du livre X de La R\u00e9publique \u00e9voque Socrate qui confie \u00e0 Glaucon d\u2019un guerrier\u00a0 revenu des enfers, Er, un natif du Sud de la Turquie actuelle, tu\u00e9 au combat\u00a0 et qui se retrouva en vie douze jours plus tard sur le b\u00fbcher fun\u00e9raire \u00e9lev\u00e9 sur le champs de bataille . Plus tard on trouve chez Froissart ou Agrippa d\u2019Aubign\u00e9 de tels r\u00e9cits d\u2019effroi et Shakespeare \u00e9voqua ces cauchemars des\u00a0 batailles dans Henry IV et Rom\u00e9o et Juliette .<\/p>\n<p>Ult\u00e9rieurement, d\u2019autres souffrances purent se confier aux m\u00e9decins et elles connurent les honneurs d\u2019une description fine. Ce n\u2019\u00e9tait pas\u00a0 uniquement le champ de bataille qui paraissait alors pathog\u00e8ne. L\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e2me d\u00e9pressif\u00a0 du mercenaire exil\u00e9, ce suisse\u00a0 qui a d\u00e9laiss\u00e9 sa\u00a0 terre natale pour d\u2019engager en Italie ou\u00a0 en France,\u00a0 fut nomm\u00e9 Nostalgie. Ce terme m\u00e9dical est de la m\u00eame famille que n\u00e9vralgie, il vit le jour en 1688 dans une th\u00e8se secondaire\u00a0 du m\u00e9decin alsacien de Mulhouse et homme politique Johannes\u00a0 Hofer (1669-1752).\u00a0 Par la suite la nostalgie que ne soignait pas le retour au pays, fut comprise comme un \u00e9loignement du sujet \u00e0 lui-m\u00eame, un exil int\u00e9rieur, bien que Jaspers\u00a0 dans sa th\u00e8se de m\u00e9decine soutenue \u00e0 Heidelberg en 1909 sur la Nostalgie expliquait par la force cet affect certaines tendances criminelles chez des adolescents d\u00e9plac\u00e9s trop loin de chez eux.<\/p>\n<p>Les descriptions d\u00e9taill\u00e9es des\u00a0 dommages psychiques li\u00e9s aux conflits arm\u00e9s et les pr\u00e9conisations qui s\u2019en suivirent\u00a0 remontent \u00e0 la guerre de S\u00e9cession et\u00a0 au conflit russo-japonais. Pour autant ces enseignements rest\u00e8rent lettre morte et les m\u00e9decins de la premi\u00e8re guerre mondiale n\u2019en firent aucun usage.<\/p>\n<p>Nous pouvons ici remarquer que si la psychanalyse est li\u00e9e \u00e0 la guerre c\u2019est bien aussi comme l\u2019indique le premier chapitre de ce livre parce que les \u00e9laborations des psychanalystes sur le front de la premi\u00e8re guerre\u00a0\u00a0 permirent de reconsid\u00e9rer la folie traumatique et les liens entre trauma et psychose. La guerre est pour Freud un moment de catastrophe du travail de la culture alors que les guerres sur quoi Freud m\u00e9dita et celle qu\u2019il a connu sont entreprises au nom de hautes id\u00e9alit\u00e9s : le bonheur, le progr\u00e8s, la paix. . Dans la guerre et par la guerre les civilisations se savent mortelles. Les indications freudiennes sont de qualit\u00e9s diverses. Si c\u2019est presque une banalit\u00e9 de souligner que la guerre correspond \u00e0 la mainmise des pulsions d\u2019agression sur les forces de liaison, de Thanatos sur Eros, en quelque sorte, d\u2019autres cheminements th\u00e9oriques laisserait penser que d\u00e8s que l\u2019on retire \u00e0 la guerre son appareil id\u00e9ologique d\u2019id\u00e9alit\u00e9, alors elle se r\u00e9v\u00e8le originairement comme un exercice de la haine, une guerre fratricide. C\u2019est bien ce que nous constatons aujourd\u2019hui, o\u00f9 le nombre de guerres civiles augmente alors que les appareils\u00a0 discursifs qui pr\u00e9tendent l\u00e9gitimer les conflits sont en \u00e9tat d\u2019aphasie.<\/p>\n<p>Mais d\u00e9j\u00e0 la voix Hom\u00e8re nous avait mis en garde. L\u2019Illiade ne c\u00e9l\u00e8bre pas la guerre, les grecs vaincront par ruse, ce n\u2019est gu\u00e8re si glorieux. Hom\u00e8re indique que la guerre de Troie est une ruine \u00e9conomique pour tout le monde, qu\u2019aucun discours d\u00e9fensif ne saurait la justifier, Troie n\u2019\u00e9tait en rien une menace pour la Gr\u00e8ce continentale, qu\u2019enfin aucune id\u00e9ologie ou religion n\u2019opposait les grecs et les troyens. Pour la d\u00e9mocratie grecque la guerre est un moment de catastrophe. La vertu guerri\u00e8re semble une continuit\u00e9 de la vertu politique. Le d\u00e9sir de tuer est bl\u00e2m\u00e9. Ainsi attribue-t-on \u00e0 Aristote l\u2019adage selon lequel les guerriers grecs n\u2019avaient pas peur de mourir mais redoutaient de donner al mort. C\u2019est pour les opposer aux Perses.<\/p>\n<p>La guerre c\u2019est la continuation du politique mais par d\u2019autres moyens. Nous connaissons cet adage. Il est de Carl von Clausewitz. Michel Foucault l\u2019inversera, \u00e0\u00a0 juste titre en soutenant c\u2019est la politique qui est la continuation de la guerre, soutient-il. Tout cela est habile. Convaincant ? nous aimerions que cela le soit, car\u00a0 nous aimerions qu\u2019apr\u00e8s les carnages, la politique reprenne son pouvoir, ses r\u00e8gles de domination, ce que nous appelons ses droits. Mais sommes-nous si assur\u00e9s que la guerre ne viendrait pas r\u00e9v\u00e9ler cet au-del\u00e0 du principe de r\u00e9alit\u00e9 de la politique, son moment o\u00f9 la raison\u00a0 d\u00e9cline, o\u00f9 l\u2019extase sacrificielle, voire auto-sacrificielle prend le dessus ?<\/p>\n<p>Apprenons quelque chose de la guerre qui irait renforcer notre alliance singuli\u00e8re et collective avec les forces de la civilisation ? il serait tenant, consolateur, mais peut-\u00eatre vain de se pr\u00e9cipiter ici dans une r\u00e9ponse imm\u00e9diatement affirmative.\u00a0 L\u2019illusion serait\u00a0 double. D\u2019une part, et Freud, mais tout aussi bien Paul Val\u00e9ry le soulign\u00e8rent,\u00a0 il est faux de penser que les civilisations soient inalt\u00e9rables et immortelles, d\u2019autre part nous savons depuis la mort de Freud que si un savoir est issu d\u2019un conflit guerrier, il est souvent vain de faire le pari que ce savoir ira temp\u00e9rer le d\u00e9bridement d\u2019autres appels \u00e0 la vengeance et au meurtre qui se sont d\u00e9chain\u00e9s avec le nazisme et qui flamboient aujourd\u2019hui dans notre si\u00e8cle encore jeune.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie analytique aussi est interrog\u00e9e par les effets de la guerre, que ces effets soient directement constatables chez les combattants bless\u00e9s psychiquement et les victimes, qu\u2019ils soient pr\u00e9sents comme des traces remani\u00e9es en apr\u00e8s-coup chez les enfants et petits enfants de ces combattants bless\u00e9s et de ces victimes.<\/p>\n<p>Le si\u00e8cle pass\u00e9 et de m\u00eame celui qui commence\u00a0 sont une \u00e9poque d\u2019h\u00e9catombes marqu\u00e9es par le nombre effrayant de victimes civiles lors de ces guerres qui souvent sont des entreprises g\u00e9nocidaires. Les morts, mais aussi les bless\u00e9s psychiques et physiques se comptent par million. Bien des guerres ne sauraient se r\u00e9duire \u00e0 la\u00a0 vision classique qui fait de chaque conflit guerrier un affrontement limit\u00e9 d\u2019un \u00e9tat contre un \u00e9tat. La notion m\u00eame de\u00a0 guerre d \u2018extermination ou de purification fait rage.\u00a0 Cette gu\u00e8re se d\u00e9roule au sein d\u2019un m\u00eame pays ou elle s\u2019exporte (comme c\u2019est le cas avec Daesh ou El) prenant alors la forme d\u2019une croisade surgie des d\u00e9combres d\u2019un pays disloqu\u00e9. S\u2019y promeut l\u2019id\u00e9ologie d\u2019une guerre illimit\u00e9e ou serait forclose la possibilit\u00e9 m\u00eame d\u2019une identification \u00e0 l\u2019ennemi et o\u00f9 serait, du m\u00eame coup, amput\u00e9e la possibilit\u00e9 pour chacun de penser la mort re\u00e7ue et la mort donn\u00e9e \u00e0 l\u2019autre [1].<\/p>\n<p>La guerre est une affaire politique, et si des cliniciens y ont port\u00e9 leur int\u00e9r\u00eat, ont soign\u00e9 et soignent encore les victimes des guerres et les r\u00e9fugi\u00e9s, c\u2019est aussi le c\u0153ur de la th\u00e9orie psychanalytique qui est interrog\u00e9e par ces questions des meurtres en masse. L\u2019\u00e9volution technique et politique des conflits guerriers et des guerres d\u2019extermination donne \u00e0 la mort un statut anthropologique diff\u00e9rent. Depuis la premi\u00e8re gu\u00e8re mondiale, puis les men\u00e9es g\u00e9nocidaires (g\u00e9nocide arm\u00e9nien, Shoah, Situation de quelques pays africains dont les deux Congo et le Rwanda) et les guerres civiles (situations de la Colombie et de l\u2019Alg\u00e9rie), la fabrication industrielle de la mort et les politiques qui visent \u00e0 retrancher de l\u2019humanit\u00e9 une part d\u2019elle m\u00eame par l\u2019extermination sid\u00e8rent .<\/p>\n<p>Le monde n\u2019a jamais connu la paix, et notre point de d\u00e9part n\u2019est pas de rendre \u00e9quivalent guerre et retour \u00e0 une quelconque animalit\u00e9 de l\u2019homme. Toute guerre est d\u2019abord un fait politique en ceci que les guerres se d\u00e9roulent dans des cadres discursifs qui bougent \u00e9norm\u00e9ment, et qui, s\u2019ils les rendent possibles, reconfigurent la logique et la finalit\u00e9 de tout dispositif guerrier.\u00a0 Les guerres modernes n\u2019ont pas toujours, loin s\u2019en faut comme objectif de r\u00e9tablir une harmonie menac\u00e9e, comme c\u2019\u00e9tait le cas des guerres dites tribales qui,\u00a0 selon l\u2019ethnologue Pierre Clastres, permettait \u00e0 chaque isolat social de conserver son int\u00e9grit\u00e9, de ne pas se fondre avec un autre ni se l\u2019annexer, la logique de la guerre \u00e9tant alors une logique \u00e9quilibrant les jeux de l\u2019alliance et de l\u2019autonomie.\u00a0 Souvent, comme on le voudrait en honn\u00eate lecteur de Zun Tsu ou de Grotius, les guerres eurent comme objectif d\u2019affaiblir l\u2019adversaire afin de le ramener \u00e0\u00a0 n\u00e9gocier, elles visent sa suj\u00e9tion, non sa ruine, son impuissance ou sa disparition. Dans la guerre illimit\u00e9e, il n\u2019en est rien et la violence est au service de la terreur, les notions de droit et de conventions internationales pour prot\u00e9ger les civils et les prisonniers comptent pour tr\u00e8s peu.\u00a0 Et des enfants naissent l\u00e0 o\u00f9 rien ne les attend et ne les prot\u00e8ge.<\/p>\n<p>Ces nouvelles formes de guerre posent au clinicien des d\u00e9fis th\u00e9rapeutiques. Nous\u00a0 rencontrerons tout au long de ce livre des praticiens de terrains qui nous d\u00e9crivent des dispositifs d\u2019accueil des g\u00e9n\u00e9rations sacrifi\u00e9es que ce soit en Colombie, dans quelques pays d\u2019Afrique Noire, en Tunisie ou dans le cadre du conflit isra\u00e9lo-palestinien. La clinique psychanalytique est ici celle du trauma, bien s\u00fbr, mais encore des effets sur la subjectivit\u00e9 des destructions des alt\u00e9rit\u00e9s et des identit\u00e9s. Comment retrouver vie et espoir dans la parole humaine, telle est bien une question qui pourrait servir de fil rouge aux contributions que j\u2019ai eu l\u2019honneur de recueillir en ce volume.<\/p>\n<p>Ce livre collectif est articul\u00e9 de la sorte :<\/p>\n<p>1 &#8211; Rep\u00e8res historiques : sur la notion de traumatisme de guerre, dans le contexte de la premi\u00e8re guerre mondiale, puis dans le d\u00e9veloppement que Fanon donne \u00e0 cette question autour de la guerre d\u2019ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne (chapitres 1 et 2)<\/p>\n<p>2 &#8211; Situations actuelles, diagnostic et traitement, regards d\u2019anthropologie clinique : \u00e0 partir du conflit isra\u00e9lo-palestinien (chapitre 3), des effets de la guerre civile en Colombie (Chapitre 4), des guerres et des enfants sous les conflits arm\u00e9s dans quelques pays d\u2019Afrique Noire (chapitre 5), du retour des adolescents partis au Djihad en Tunisie (chapitre 6)<\/p>\n<p>3 &#8211; la place de la psychologie et l\u2019arm\u00e9e : Les dispositifs d\u2019accompagnement des victimes de guerre et de leur proche, un regard critique (chapitre 7) , un dispositif de soutien m\u00e9dico psychologique pour les soldats (chapitre 8)<\/p>\n<p>[1] On \u00e9voque ici L&rsquo;Histoire de la Guerre du P\u00e9lopon\u00e8se de Thucydide, o\u00f9 chaque ath\u00e9nien est d\u00e9crit dans sa singularit\u00e9, dans un compte du un par un pour lequel singularit\u00e9 et particularit\u00e9 li\u00e9es ensemble d\u00e9signent des destins singuliers. Chacun, au un par un est coptable de la guerre et de la mort.<\/p>\n<p><strong>D\u00c9TAILS<\/strong><\/p>\n<p>Broch\u00e9: 256 pages<br \/>\nEditeur : Dunod (15 juin 2016)<br \/>\nCollection : Inconscient et Culture<br \/>\nLangue : Fran\u00e7ais<br \/>\nISBN-10: 2100749323<br \/>\nISBN-13: 978-2100749324<br \/>\nDimensions du produit:\u00a0 15,5 x 1,5 x 24 cm<\/p>\n<a href='http:\/\/twitter.com\/share' class='twitter-share-button' data-text='Guerres et traumas' data-url='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/?p=7348' data-counturl='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/guerres-et-traumas\/' data-count='horizontal' data-via='LesPSY'>Tweet<\/a>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Guerres et traumas Sous la direction de Olivier Douville Avec des contributions de S. Beghaghel, N Ben Smail, H. Cohen Sola. Melchior Martinez, T. 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