{"id":6588,"date":"2016-02-01T14:23:45","date_gmt":"2016-02-01T19:23:45","guid":{"rendered":"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/?p=6588"},"modified":"2021-11-28T10:54:59","modified_gmt":"2021-11-28T15:54:59","slug":"resistance-du-therapeute","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/resistance-du-therapeute\/","title":{"rendered":"Une R\u00e9sistance du c\u00f4t\u00e9 du th\u00e9rapeute"},"content":{"rendered":"<p><strong>Une R\u00e9sistance du c\u00f4t\u00e9 du th\u00e9rapeute<\/strong><\/p>\n<p><em>Marie-pierre Sicard Devillard<br \/>\nPsychologue &amp; Psychanalyste<br \/>\nParis, France<\/em><\/p>\n<p><em><strong><span style=\"color: #800000;\">Quel th\u00e9rapeute ne s\u2019est pas interrog\u00e9 sur ses propres r\u00e9sistances dans l\u2019exercice de sa pratique ?<\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p>Question suvenant \u00e0 l\u2019occasion du d\u00e9part d\u2019un patient par exemple, et dont les r\u00e9ponses que l\u2019on cherchera \u00e0 \u00e9laborer ne peuvent que contribuer \u00e0 enrichir et \u00e9largir sa propre position th\u00e9rapeutique<\/p>\n<p>Un jour un patient vient avec une demande de consultation en hypnose. Au premier rendez-vous, se pr\u00e9sente un homme envahi par la douleur et l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, presque terroris\u00e9. Il souffre physiquement. Dans sa vie professionnelle\u00a0 son inqui\u00e9tude est omnipr\u00e9sente et sa relation conjugale est violente, insatisfaisante.<\/p>\n<p>Au deuxi\u00e8me rendez-vous, le patient parle de son p\u00e8re, mort brutalement alors qu\u2019il avait 6 ans et dont on lui a dit qu\u2019il \u00e9tait parti en voyage.<br \/>\nDurant cette s\u00e9ance, tous deux, th\u00e9rapeute et patient, partagent la tr\u00e8s forte \u00e9motion d\u00e9clench\u00e9e par le r\u00e9cit de l\u2019histoire de cet homme, dans une forme de r\u00e9sonance intime et profonde. C\u2019est un peu comme si la mort de ce p\u00e8re, jamais vraiment dite \u00e0 l\u2019enfant, se mat\u00e9rialisait entre le th\u00e9rapeute et son patient.<br \/>\nLa neutralit\u00e9 et la pr\u00e9sence du th\u00e9rapeute permettent d\u2019accueillir enfin l\u2019\u00e9motion emp\u00each\u00e9e mais suscit\u00e9e par la mort du p\u00e8re, de lui donner une r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nPetit enfant, le patient n\u2019avait pas vu le corps de son p\u00e8re mort, il n\u2019avait pas fait le deuil. Et l\u00e0, la disponibilit\u00e9 et l\u2019\u00e9coute de son interlocuteur, centr\u00e9es sur le contexte sensoriel de l\u2019\u00e9change,\u00a0\u00a0 donnent corps \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et la v\u00e9rit\u00e9 du deuil.<\/p>\n<p>Commence ensuite un travail th\u00e9rapeutique hebdomadaire, centr\u00e9 sur les difficult\u00e9s conjugales et professionnelles, en particulier les difficult\u00e9s \u00e0 int\u00e9grer un nouveau travail.<br \/>\nLes choses s\u2019am\u00e9liorent pour le patient, en particulier sur le plan professionnel, il se sent mieux dans les choix \u00e0 faire, les d\u00e9cisions \u00e0 prendre. Il s\u2019investit en parall\u00e8le dans d\u2019autres activit\u00e9s et d\u2019autres relations. Cependant la souffrance physique est toujours pr\u00e9sente.<\/p>\n<p>Puis, il souhaite arr\u00eater la th\u00e9rapie.<br \/>\nMais en l\u2019absence d\u2019am\u00e9lioration des douleurs physiques, le th\u00e9rapeute estime que l\u2019arr\u00eat de la th\u00e9rapie serait pr\u00e9matur\u00e9, qu\u2019il est n\u00e9cessaire de poursuivre le travail, avec sans doute le recours \u00e0 l\u2019hypnose, recentrer sur la sensation physique imm\u00e9diate, revenir \u00e0 la douleur corporelle en quelque sorte.<br \/>\nCependant, tout en percevant cette n\u00e9cessit\u00e9, le th\u00e9rapeute se sent incapable de la mettre en \u0153uvre. A chaque fin de s\u00e9ance, il se dit \u00ab la prochaine fois\u2026 \u00bb sans comprendre ces r\u00e9sistances personnelles d\u2019abord, ni sa propre col\u00e8re de ne pas trouver le moyen de conduire ce patient vers plus de confort de vie, voire un v\u00e9ritable changement.<br \/>\nLe patient commence \u00e0 venir irr\u00e9guli\u00e8rement, s\u2019enlise dans son conflit conjugal et dans ses difficult\u00e9s \u00e0 mener \u00e0 bien ses projets.<br \/>\nTh\u00e9rapeute et patient s\u2019enlisent tous deux, de concert, chacun dans son coin et sa probl\u00e9matique.<br \/>\nUn jour, l\u2019homme arrive en col\u00e8re \u00e0 une s\u00e9ance, revient sur ce qui n\u2019avance pas dans sa vie, s\u2019en prend au th\u00e9rapeute, cite un de ses amis qui lui a dit \u00ab qu\u2019est-ce que tu fous dans ta th\u00e9rapie pour en \u00eatre encore l\u00e0 ? \u00bb. L\u2019ami en question lui a donn\u00e9 une autre adresse. Le patient annonce qu\u2019il a pris rendez-vous avec cette autre th\u00e9rapeute, qu\u2019il ne reviendra pas.<\/p>\n<p>Comment, alors que le contexte initial de la th\u00e9rapie y \u00e9tait favorable, le th\u00e9rapeute n\u2019a-t-il pas su conduire son patient vers une issue b\u00e9n\u00e9fique ?<br \/>\nPourquoi n\u2019a-t-il pas su proposer les gestes qui auraient permis de le soulager de certains sympt\u00f4mes, entrevus comme\u00a0 psychosomatiques, alors que dans des situations similiares, il avait su les exp\u00e9rimenter \u00e0 bon escient ?<br \/>\nQu\u2019est-ce qui a donc r\u00e9sist\u00e9 ? r\u00e9sist\u00e9 non seulement \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la demande explicite du patient, mais r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 mettre en \u0153uvre ce que le th\u00e9rapeute ressentait comme \u00e9tant ce qu\u2019il y avait \u00e0 faire ?<\/p>\n<p>Les r\u00e9ponses \u2013 ou les hypoth\u00e8ses de r\u00e9ponses- \u00e0 ces questions, il a paru int\u00e9ressant d\u2019aller les chercher, non pas du c\u00f4t\u00e9 de la personne m\u00eame de ce patient, mais dans la dynamique de la relation et dans la mani\u00e8re dont le th\u00e9rapeute s\u2019y est plac\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L\u2019intention<\/strong><\/p>\n<p>En premier lieu vient la question : pourquoi \u00eatre rest\u00e9 dans l\u2019intention ? comme si l\u2019on avait eu, pour ce patient, toujours un objectif, un projet, qu\u2019il devait se passer quelque chose d\u2019une certaine fa\u00e7on.<br \/>\nEn restant dans l\u2019attente du moment propice, de la bonne occasion, le risque \u00e9tait de rester fig\u00e9 dans la position d\u2019un guetteur aux aguets, immobile, n\u2019accompagnant plus le mouvement. Et rien ne s\u2019est manifest\u00e9 en dehors de la mont\u00e9e d\u2019une impatience croissante de la part du patient.<br \/>\nEn maintenant l\u2019intention du geste ad\u00e9quat pour la s\u00e9ance suivante, ce dernier \u00e9tait maintenu dans sa demande et dans son attente, dans une d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son th\u00e9rapeute. Mais cela peut \u00e9galement s\u2019entendre du point de vue de la r\u00e9sistance du th\u00e9rapeute, car ce patient s\u2019\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 avec une demande d\u2019hypnose, une demande qui risque d\u2019instrumentaliser en quelque sorte son th\u00e9rapeute, de l\u2019enfermer : il n\u2019a plus la libert\u00e9 d\u2019aller et venir entre une possibilit\u00e9 et une non possibilit\u00e9, il reste post\u00e9 dans une place o\u00f9 un seul type de r\u00e9ponse est attendue.<br \/>\nLa demande d\u2019hypnose elle-m\u00eame, pr\u00e9sent\u00e9e et entendue parfois comme m\u00e9thode th\u00e9rapeutique \u00ab miracle \u00bb peut rest\u00e9e enferm\u00e9e par le vouloir de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Le sinologue Jean-fran\u00e7ois Billeter d\u00e9veloppe ces notions de vouloir et non-vouloir, et nous donne un \u00e9clairage pertinent de l\u2019hypnose contemporaine \u00e0 travers la lecture du philosophe chinois Tchouang-Tseu. (1)<br \/>\nPour Tchouang-Tseu la conscience est continuellement anim\u00e9e par \u00ab de l\u2019intention \u00bb : tout l\u2019art, pour le th\u00e9rapeute, est de ne plus avoir d\u2019intention pour que son \u00ab action \u00bb soit th\u00e9rapeutique. Une des causes principales d\u2019erreur et de souffrance est que notre conscience est constamment assujettie \u00e0 de l\u2019intentionnalit\u00e9. Il s\u2019agit de lever cette intentionnalit\u00e9 pour se lib\u00e9rer, oublier l\u2019id\u00e9e d\u2019action, de strat\u00e9gie, d\u2019intention. Faire que le \u00ab vouloir \u00bb s\u2019annule.<br \/>\nCette id\u00e9e est largement reprise par Fran\u00e7ois Roustang, comme nous le verrons plus loin.<br \/>\nMais \u00e9galement dans son c\u00e9l\u00e8bre ouvrage \u00ab le transfert \u00bb le psychanalyste Michel Neyraut \u00e9crivait d\u00e9j\u00e0 : penser fait r\u00e9sistance. (2)<\/p>\n<p>Dans la pens\u00e9e chinoise, la cl\u00e9 est en soi, ce que l\u2019on nomme la Voie ou le Tao.<br \/>\nIl convient de revenir \u00e0 soi, en soi, se soumettre aux forces internes, l\u2019\u00e9motion et l\u2019affectivit\u00e9, qui viennent de soi et qui sont f\u00e9condes.<br \/>\nEt se d\u00e9tacher du pouvoir, ou du vouloir, qui ne permet pas de se laisser transformer par ces forces int\u00e9rieures, afin de se d\u00e9tacher de toute repr\u00e9sentation de ce que nous allons faire et de la fa\u00e7on dont nous allons le faire. Ainsi se lib\u00e9rer de l\u2019intention.<br \/>\nJ-F Billeter consid\u00e8re que l\u2019hypnose th\u00e9rapeutique est la pratique th\u00e9rapeutique occidentale par laquelle se v\u00e9rifie cette loi humaine d\u00e9crite par le philosophe chinois il y a plus de 2000 ans. Car, \u00e9crit-il, \u00ab dans ce domaine, le moment essentiel est la rencontre d\u2019une subjectivit\u00e9 (celle du th\u00e9rapeute) enti\u00e8rement disponible, ouverte et r\u00e9ceptive, donc absolument non intentionnelle, et d\u2019une subjectivit\u00e9 (celle du patient) qui accepte de proche en proche cette non intentionnalit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Roustang, avance l\u2019id\u00e9e de laisser se former, dans le cadre th\u00e9rapeutique, \u00ab un non-savoir, c\u2019est-\u00e0-dire un savoir d\u00e9nu\u00e9 d\u2019intention et de volont\u00e9 \u00bb (3) . Nous, th\u00e9rapeutes, n\u2019aurions que faire de savoir pour agir, d\u2019expliquer les causes des maux pour les gu\u00e9rir. Au contraire, pour que notre geste th\u00e9rapeutique porte, nous devons faire appel \u00e0 un savoir qui soit d\u00e9j\u00e0 action. Etre dans le mouvement.<br \/>\n\u00ab Qu\u2019est-ce que le changement si ce n\u2019est l\u2019acc\u00e8s progressif \u00e0 la coordination de tout ce qui entre en jeu dans l\u2019existence ? Aller bien c\u2019est ne rien laisser \u00e0 l\u2019abandon, ne rien laisser au dehors, de ce qui fait une personne et de ce qui la relie \u00e0 son environnement proche ou lointain. Changer c\u2019est donc s\u2019approprier encore et encore. C\u2019est de l\u2019ordre du faire et non du comprendre. Autant dire que le changement ne s\u2019op\u00e8re que par le changement.\u00bb(4)<br \/>\nIl suffit d\u2019\u00eatre dans l\u2019exp\u00e9rience et dans l\u2019action, ne pas la penser tant qu\u2019elle se vit, \u00eatre plong\u00e9 dans l\u2019acte de changer, dans l\u2019acte d\u2019accompagner le patient. La transe, exp\u00e9rience non objectivable, qui ne peut se d\u00e9crire et se penser qu\u2019apr\u00e8s coup, est le lieu privil\u00e9gi\u00e9 o\u00f9 l\u00e2cher l\u2019intentionnalit\u00e9. Il importe de savoir s\u2019arr\u00eater \u00e0 un moment donn\u00e9, suspendre l\u2019intention, afin de basculer dans l\u2019exp\u00e9rience subjective.<\/p>\n<p>L\u2019absence d\u2019intentionnalit\u00e9 n\u2019a rien du laisser-aller. C\u2019est au contraire le r\u00e9sultat d\u2019un long travail sur soi, une sorte de vigilance, d\u2018\u00e9veil permanent.<\/p>\n<p>Pour rejoindre la pens\u00e9e occidentale qui est la notre, la lecture que fait Fran\u00e7ois Roustang du magn\u00e9tisme animal de Hegel, anc\u00eatre reconnu de l\u2019hypnose, nous propose d\u2019autres axes de r\u00e9flexion. Avec le magn\u00e9tisme animal, on sort du registre de la pens\u00e9e, de l\u2019entendement, pour entrer dans celui de la vie, le sentir du vivant. Il y aurait une sensorialit\u00e9 sans conscience sentir, percevoir, sont dans certaines exp\u00e9riences, premiers et se passent de l\u2019entendement. Des exp\u00e9riences non objectivables comme l\u2019existence f\u0153tale, le r\u00eave, et la transe hypnotique rel\u00e8vent de cet \u00e9tat..<\/p>\n<p>\u00ab Il existe donc, dans la veille, un \u00e9tat de l\u2019\u00e2me sentante dont rel\u00e8veraient le f\u0153tus, le r\u00eave et le g\u00e9nie. Mais si cet \u00e9tat existe, il est possible de le retrouver, c\u2019est-\u00e0-dire que la conscience d\u2019entendement doit pouvoir s\u2019effacer, qu\u2019elle doit pouvoir s\u2019abaisser jusqu\u2019\u00e0 laisser la place \u00e0 l\u2019\u00e2me sentante dans la veille. Cet abaissement est r\u00e9alis\u00e9 dans l\u2019\u00e9tat du magn\u00e9tisme animal. \u00bb (5)<br \/>\nEt, pour le citer encore :<br \/>\n\u00ab \u2026le non-contr\u00f4le de la conscience ou de l\u2019entendement laisse venir au jour, laisse entrer dans le jeu, des potentialit\u00e9s qui \u00e9taient jusque l\u00e0 tenues \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Elles \u00e9taient en attente, mais aussi en r\u00e9serve ; elles sont r\u00e9int\u00e9gr\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 la libert\u00e9 de mouvement qui leur est octroy\u00e9e et elles \u00e9largissent et intensifient les capacit\u00e9s de l\u2019individu. \u00bb(6)<\/p>\n<p>Il y aurait deux types de sensorialit\u00e9 : l\u2019une qui \u00e9tablit des rapports imm\u00e9diats avec ce qui nous entoure, qui est premi\u00e8re dans le d\u00e9veloppement de la vie, dans laquelle il n\u2019est nul besoin de faire appel \u00e0 nos sens pour percevoir, qui nous met dans un \u00e9tat d\u2019ind\u00e9termination g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e o\u00f9 tout est pr\u00e9sent. L\u2019autre type est celui qui fait appel \u00e0 nos sens, qui a besoin des m\u00e9diations que sont les sens pour entrer en contact avec les formes d\u00e9termin\u00e9es de notre environnement, c\u2019est par exemple l\u2019objet que nous ne voyons que par nos yeux.<\/p>\n<p>L\u2019hypnose permet d\u2019acc\u00e9der \u00e0 ce premier type de sensorialit\u00e9 imm\u00e9diate qui permet au patient de renouer les fils de son pass\u00e9, de son pr\u00e9sent et de son futur. Pour que l\u2019exp\u00e9rience soit compl\u00e8te et possible, il est n\u00e9cessaire que le th\u00e9rapeute acc\u00e8de \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9tat de sensorialit\u00e9 imm\u00e9diate. L\u00e0 est la condition pour que le th\u00e9rapeute puisse percevoir ce qu\u2019\u00e9prouve son patient.<br \/>\nDans la deuxi\u00e8me s\u00e9ance avec l\u2019homme dont il a \u00e9t\u00e9 question plus haut, le th\u00e9rapeute\u00a0 avait trouv\u00e9 un \u00e9tat de r\u00e9ceptivit\u00e9 totale, sans y penser. Il est possible que, par la suite, il ait trop cherch\u00e9 \u00e0 le retrouver\u2026<br \/>\nSa r\u00e9sistance \u00e0\u00a0 se lib\u00e9rer de l\u2019intentionnalit\u00e9, sans doute pour une large part tr\u00e8s cart\u00e9sienne, a mis \u00e0 mal le processus de changement.<\/p>\n<p>Comment oser, nous, th\u00e9rapeutes, ne plus penser, comment se laisser aller \u00e0 seulement sentir, sortir de l\u2019objectivable ? S\u2019extraire de ma fonction.<br \/>\nEn travaillant \u00e0 sa libert\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La libert\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Lors de la deuxi\u00e8me s\u00e9ance, le th\u00e9rapeute \u00e9tait dans cette posture d\u2019\u00e9coute, et d\u2019accueil de la personne qui se tient en face de lui. Agissant comme r\u00e9ceptacle, son corps est totalement au travail dans un bain, un champ de sensorialit\u00e9. Il est l\u00e0 pour se laisser envahir et habiter par la sensorialit\u00e9 de son patient.<br \/>\nLa libert\u00e9 du th\u00e9rapeute aurait \u00e0 voir avec l\u2019aptitude \u00e0 jouer, dans le sens de laisser du jeu, entre les diff\u00e9rents \u00e9tats de sensorialit\u00e9 et les diff\u00e9rents niveaux de perception. Il y aurait \u00e0 les appr\u00e9cier en sachant se laisser atteindre, servir de \u00ab r\u00e9ceptacle \u00bb mais savoir aussi s\u2019en d\u00e9partir.<br \/>\nLa libert\u00e9 serait dans ce jeu de va et vient, cette possibilit\u00e9 d\u2019aller et venir : oublier sa propre position de th\u00e9rapeute, son savoir, son exp\u00e9rience, et d\u2019autre part rester vigilant, \u00eatre capable de distinguer, d\u2019intervenir, rester en contact objectif avec le patient. C\u2019est de l\u2019ordre de choisir, et de ne pas choisir. Mais c\u2019est aussi se lib\u00e9rer soi-m\u00eame de ce qui nous entrave.<\/p>\n<p>Devenir un th\u00e9rapeute libre c\u2019est se mettre dans une disponibilit\u00e9 totale \u00e0 ce que veut son patient. Comme le disait Fran\u00e7ois Roustang : \u00ab utiliser ce que lui apporte le patient peut tout simplement vouloir dire que le th\u00e9rapeute qui est libre, c\u2019est-\u00e0-dire pr\u00eat \u00e0 tout entendre mais rien de particulier, va donner force de r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 ce dire et ce faire \u00bb.<br \/>\nAller vers la libert\u00e9, ce n\u2019est pas un trajet lin\u00e9aire, en continu. Mais on peut le d\u00e9cider, comme d\u2019entrer dans un pays apr\u00e8s avoir pass\u00e9 la fronti\u00e8re de ses peurs et de ses angoisses.<\/p>\n<p><strong>Le \u00ab contre-transfert \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qui, dans cette r\u00e9sistance rencontr\u00e9e par le th\u00e9rapeute, peut relever de ce que la psychanalyse nomme le contre-transfert.<br \/>\nLe th\u00e9rapeute est en mesure de se demander ce qui, de lui, de sa personne, est venu influencer sa posture et emp\u00eacher le d\u00e9roulement fluide du processus th\u00e9rapeutique.<br \/>\nAu sens litt\u00e9ral, dans la litt\u00e9rature psychanalytique, le contre-transfert est ce qui vient \u00e0 l\u2019encontre du transfert (le transfert \u00e9tant le mode privil\u00e9gi\u00e9 de relation au monde que le patient reproduit dans la situation th\u00e9rapeutique comme dans toute situation de sa vie). Il contient une id\u00e9e de r\u00e9ciprocit\u00e9 : c\u2019est \u00e0 dire, le contre-transfert est une r\u00e9ponse, ou une r\u00e9action, du th\u00e9rapeute au transfert du patient sur sa personne.<br \/>\nCependant dans la litt\u00e9rature psychanalytique m\u00eame, et dans lhistoire du mouvement psychanalytique, le contre-transfert prend d\u2019autres sens. Le terme, ou plut\u00f4t la formule, peut m\u00eame paraitre inappropri\u00e9, voire r\u00e9ducteur, comme le dit la psychanalyste Margarett Little, \u00ab malencontreux \u00bb, comme s\u2019il ne pouvait rendre compte de la dimension qu\u2019il recouvre. Mais c\u2019est sous ce terme-l\u00e0 que des choses sont \u00e9crites, et en l\u2019absence d\u2019un autre, prenons le comme une convention.<\/p>\n<p>Lorsque Freud parle pour la premi\u00e8re fois du contre-transfert, en 1910, il est question de \u00ab l\u2019influence du patient sur la sensibilit\u00e9 inconsciente du m\u00e9decin\u00bb(7) . La n\u00e9cessit\u00e9 de ma\u00eetriser cet effet s\u2019impose sur cette premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de psychanalystes : le m\u00e9decin se doit de \u00ab surmonter la part animale de son moi \u00bb, \u00ab \u00eatre opaque et ne rien montrer \u00bb.<br \/>\nL\u2019id\u00e9e \u00e9tait que pour qu\u2019une th\u00e9rapie soit r\u00e9ussie il fallait \u00eatre le plus neutre possible, se garder de tout risque d\u2019influence, de suggestion, comme si la personne pouvait s\u2019effacer au profit du m\u00e9decin, garant de la technique th\u00e9rapeutique.<br \/>\nF\u00e9renczi semble \u00eatre un des premiers \u00e0 \u00e9mettre une r\u00e9serve \u00e0 l\u2019endroit de cette id\u00e9al de neutralit\u00e9. D\u00e8s 1918 dans un article qui s\u2019intitule \u00ab la technique psychanalytique \u00bb il pose les deux termes de l\u2019\u00e9quation, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 l\u2019enthousiasme (c\u2019est son terme) du jeune m\u00e9decin qui conna\u00eet des r\u00e9sultats th\u00e9rapeutiques parce qu\u2019il se laisse aller \u00e0 \u00eatre lui-m\u00eame, de l\u2019autre le danger de trop se retenir et de devenir froid, rejetant \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son patient. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9, pour le th\u00e9rapeute, de se placer dans un entre-deux : \u00ab cette oscillation permanente entre le libre jeu de l\u2019imagination et l\u2019examen critique demande au m\u00e9decin ce qui n\u2019est exig\u00e9 dans nul autre domaine de la th\u00e9rapeutique : une libert\u00e9 et une mobilit\u00e9 des investissements psychiques exemptes de toute inhibition. \u00bb (8)<\/p>\n<p>Plus tard (1927), il avance la question du tact psychologique, d\u00e9fini comme la facult\u00e9 de sentir avec (9). En s\u2018appuyant sur cette facult\u00e9, le th\u00e9rapeute s\u2019engage dans la relation th\u00e9rapeutique, peut \u00eatre juste dans ses dires, ses gestes, ses silences \u00e0 l\u2019endroit du patient.<\/p>\n<p>C\u2019est dans la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de psychanalystes et plus particuli\u00e8rement chez ceux de l\u2019\u00e9cole anglaise, \u00e0 la suite de M\u00e9lanie Klein, que le contre-transfert n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 combattre \u00e0 tout prix, mais comme l\u2019ensemble des composantes de la personne du th\u00e9rapeute qui fait r\u00e9ponse \u00e0 la demande d\u2019un patient : sa pens\u00e9e, sa sensorialit\u00e9, son caract\u00e8re, son psychisme.<br \/>\nWinnicott s\u2019est appuy\u00e9 sur les aspects positifs du contre-transfert dans le cadre du traitement de patients pour lesquels une r\u00e9gression \u00e0 un stade de d\u00e9pendance infantile s\u2019av\u00e9rait n\u00e9cessaire. Ce sont des patients dont il dit qu\u2019ils mettent le m\u00e9decin \u00e0 l\u2019\u00e9preuve. Seul le retour \u00e0 un \u00e9tat v\u00e9cu tr\u00e8s t\u00f4t dans la vie peut permettre l\u2019acc\u00e8s au vrai self de la personne. Mais pour cela le patient doit \u00eatre soutenu, comme un b\u00e9b\u00e9, \u00ab l\u2019analyste devra \u00eatre capable d\u2019assumer le r\u00f4le de la m\u00e8re envers le patient redevenu nourrisson \u00bb dit-il (10).<br \/>\nCette position th\u00e9rapeutique implique souplesse et mobilit\u00e9, de fa\u00e7on \u00e0 passer d\u2019une attitude professionnelle, objective, orient\u00e9e vers la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure, \u00e0 une posture plus vuln\u00e9rable pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 fusionner avec le patient.<\/p>\n<p>Margaret Little, \u00e9l\u00e8ve de Winnicott, appelle cet \u00e9tat de r\u00e9ceptivit\u00e9 \u00ab la r\u00e9ponse totale de l\u2019analyste au besoin du patient \u00bb (11)\u00a0 qu\u2019elle conceptualise par r\u00e9ponse R. Une des conditions indispensable de la th\u00e9rapie serait cette capacit\u00e9 \u00e0 se laisser atteindre par le patient, se laisser d\u00e9faire jusqu\u2019\u00e0 \u00e9pouser sa forme psychique. Et pouvoir aller dans cette position et en revenir. Le contre-transfert est en fluctuation permanente.<br \/>\nIl y aurait presque danger \u00e0 refouler ces \u00e9l\u00e9ments de soi, ce contre-transfert, car on bascule alors dans le contr\u00f4le de la situation th\u00e9rapeutique, proche d\u2019une situation de toute-puissance.<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, des psychanalystes reconsid\u00e8rent la place du contre-transfert comme premi\u00e8re, il pr\u00e9c\u00e8de la mise en place de la relation. Ce qui revient \u00e0 dire que ce qui est l\u00e0 d\u2019embl\u00e9e c\u2019est la nature m\u00eame du th\u00e9rapeute, sa personne, ses d\u00e9sirs, ses faiblesses, son \u00e9nergie, etc. \u00e9l\u00e9ments qui servent de points d\u2019appui, d\u2019ancrage pour le patient. Le tout dans un mouvement dynamique car l\u2019un n\u2019\u00e9volue pas sans l\u2019autre.<br \/>\nDans la manifestation de r\u00e9sistance qui nous interpelle \u00e0 l\u2019endroit de ce patient insatisfait, nous pouvons faire l\u2019hypoth\u00e8se que le contre-transfert du th\u00e9rapeute a produit la r\u00e9sistance, autrement dit il \u00e9tait lui-m\u00eame r\u00e9sistance.<br \/>\nIl est habituel de consid\u00e9rer qu\u2019en psychanalyse, le transfert est \u00ab un auxiliaire et une r\u00e9sistance au traitement \u00bb mais il est plus novateur de penser, comme l\u2019\u00e9crit le psychanalyste Fran\u00e7ois L\u00e9vy \u00ab le contre-transfert, \u00e9galement auxiliaire et r\u00e9sistance, comme une autre modalit\u00e9 de r\u00e9sistance (12)\u00bb \u00e0 la th\u00e9rapie, autrement dit une r\u00e9sistance qui n\u2019est pas chez le patient.<\/p>\n<p>Dans toute pratique th\u00e9rapeutique, et sans aucun doute dans la pratique de l\u2019hypnose, il semble particuli\u00e8rement improbable d\u2019\u00e9chapper aux manifestations du contre-transfert, d\u2019\u00e9chapper \u00e0 soi-m\u00eame. Car en effet c\u2019est le corps du th\u00e9rapeute qui est \u00e0 l\u2019\u0153uvre, en premi\u00e8re ligne oserai-je dire. Tout ce qui est l\u00e0 de soi, dont nous avosn \u00e0 nous m\u00e9fier mais en quoi nous devons faire confiance pour \u00eatre ce levier et ce point d\u2019appui dont F.Roustang dit qu\u2019il est et qu\u2019il permet l\u2019\u00e9tat d\u2019hypnose. \u00ab comment\u00a0 la th\u00e9rapie en arrive-t-elle \u00e0 cet instant o\u00f9 un choix est possible ?\u2026 pour qu\u2019il y ait choix ou d\u00e9cision, il faut une force qui y pousse et un lieu d\u2019impact o\u00f9 cette force puisse s\u2019exercer \u00e0 bon escient. Pour le dire tout de suite, la force est donn\u00e9e dans et par l\u2019\u00e9tat d\u2019hypnose, le point d\u2019appui, par la perspicacit\u00e9 du th\u00e9rapeute ou du patient. (13) \u00bb<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/photo-marie-claire-sicard.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-6767\" title=\"photo-marie-claire-sicard\" src=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/photo-marie-claire-sicard.jpg\" alt=\"\" width=\"303\" height=\"204\" \/><\/a>La libert\u00e9 du th\u00e9rapeute aurait \u00e0 voir, disions-nous, avec l\u2019aptitude \u00e0 jouer entre les diff\u00e9rents \u00e9tats de sensorialit\u00e9 et les diff\u00e9rents niveaux de perception, mettre de l\u2019espace, donner du souffle. Et nous pourrions avancer, pour conclure, que cette libert\u00e9 aurait \u00e0 voir \u00e9galement avec l\u2019aptitude \u00e0 jouer avec les effets de contre-transfert, \u00e0 ne plus avoir peur de ce que nous sommes, de ce que nous ressentons, afin qu\u2019advienne ce qui doit advenir, parole, geste, ou tout autre mouvement\u2026<\/p>\n<p><em><strong>Marie-Pierre Sicard Devillard<br \/>\n<\/strong><\/em>Psychologue clinicienne &#8211; Psychanalyste<br \/>\nParis, France<\/p>\n<p><strong>NOTES:<\/strong><br \/>\n1 &#8211;\u00a0 J-F Billeter \u2013 Etudes sur Tchouang-Tseu<br \/>\n2 &#8211;\u00a0 M.Neyrault \u2013 Le Transfert<br \/>\n3 &#8211;\u00a0 F.Roustang \u2013 Savoir attendre pour que la vie change \u2013 p.104<br \/>\n4 &#8211;\u00a0 F.Roustang \u2013 ibid<br \/>\n5 &#8211;\u00a0 Hegel \u2013 Le Magn\u00e9tisme Animal \u2013 p.<br \/>\n6 &#8211;\u00a0 ibid p.23<br \/>\n7 &#8211; S.Freud \u2013 La technique psychanalytique \u2013 p.<br \/>\n8 &#8211; S.Ferenczi \u2013 Psychanalyse 2 &#8211; p.<br \/>\n9 &#8211; S.Ferenczi &#8211; Psychanalyse 4 \u2013 p.<br \/>\n10 &#8211; D.W.Winnicott &#8211; De la P\u00e9diatrie \u00e0 la Psychanalyse \u2013 p.<br \/>\n11 &#8211; M. Little \u2013 Des Etats-limites \u2013 p.<br \/>\n12 &#8211; F.Levy \u2013 Le moment analytique \u2013 Lettres de la SPF n\u00b017 \u2013 p.<br \/>\n13 &#8211; F.Roustang \u2013 Savoir attendre pour que la vie change \u2013 p.34<\/p>\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n<p>BILLETER Jean-Fran\u00e7ois \u2013 Etudes sur Tchouang-Tseu \u2013 ALLIA 2006<br \/>\nBILLETER Jean-Fran\u00e7ois \u2013 Le\u00e7ons sur Tchouang-Tseu \u2013 ALLIA 2004<br \/>\nFERENCZI Sandor \u2013 \u00ab la technique psychanalytique \u00bb in Psychanalyse 2 \u2013 PAYOT 1978<br \/>\nFERENCZI Sandor \u2013 \u00ab Elasticit\u00e9 de la technique psychanalytique \u00bb in Psychanalyse 4 \u2013 PAYOT 1982<br \/>\nFREUD Sigmund \u2013 La technique Psychanalytique \u2013 PUF 2007<br \/>\nLAPLANCHE J. &amp; PONTALIS J.B. \u2013 Vocabulaire de la Psychanalyse \u2013 PUF 1978<br \/>\nLEVY Fran\u00e7ois \u2013 \u00ab le moment analytique \u00bb in Les lettres de la SPF \u2013 n\u00b017 2007<br \/>\nLES LETTRES de la Soci\u00e9t\u00e9 de Psychanalyse Freudienne : le \u00ab contre \u00bb-transfert\u00a0 &#8211; n\u00b017 2007<br \/>\nLITTLE Margaret \u2013 Des Etats-Limites \u2013 Editions des Femmes 1991<br \/>\nNEYRAUT Michel \u2013 Le Transfert \u2013 PUF 1974<br \/>\nROUSTANG Fran\u00e7ois \u2013 Savoir attendre pour que la Vie change \u2013 Odile Jacob 2006<br \/>\nROUSTANG Fran\u00e7ois \u2013 Traduction et Introduction : Le Magn\u00e9tisme Animal, Hegel \u2013 PUF 2005<br \/>\nROUSTANG Fran\u00e7ois \u2013 \u00ab l\u2019apprentissage de la libert\u00e9 \u00bb &#8211; conf\u00e9rence au colloque de l\u2019AFEHM \u2013 15 septembre 2007 &#8211; in\u00e9dit<br \/>\nWINNICOTT D.W. \u2013 \u00ab le contre-transfert \u00bb in De la P\u00e9diatrie \u00e0 la Psychanalyse \u2013 PAYOT 1969<br \/>\nWINNICOTT D.W. \u2013 \u00abLa haine dans le contre-transfert \u00bb in De la P\u00e9diatrie \u00e0 la Psychanalyse \u2013 PAYOT 1969<\/p>\n<a href='http:\/\/twitter.com\/share' class='twitter-share-button' data-text='Une R\u00e9sistance du c\u00f4t\u00e9 du th\u00e9rapeute' data-url='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/?p=6588' data-counturl='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/resistance-du-therapeute\/' data-count='horizontal' data-via='LesPSY'>Tweet<\/a>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une R\u00e9sistance du c\u00f4t\u00e9 du th\u00e9rapeute Marie-pierre Sicard Devillard Psychologue &amp; Psychanalyste Paris, France Quel th\u00e9rapeute ne s\u2019est pas interrog\u00e9 sur ses propres r\u00e9sistances dans l\u2019exercice de sa pratique ? Question suvenant \u00e0 l\u2019occasion du d\u00e9part d\u2019un patient par exemple, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/resistance-du-therapeute\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-6588","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites-psychologie"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6588","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6588"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6588\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10641,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6588\/revisions\/10641"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6588"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6588"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6588"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}