{"id":6016,"date":"2015-06-02T21:25:18","date_gmt":"2015-06-03T01:25:18","guid":{"rendered":"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/?p=6016"},"modified":"2015-06-02T21:29:19","modified_gmt":"2015-06-03T01:29:19","slug":"rencontre-raoul-garnier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/rencontre-raoul-garnier\/","title":{"rendered":"L&rsquo;homme qui voulait enfanter: Rencontre avec l&rsquo;auteur."},"content":{"rendered":"<p><strong>L&rsquo;Homme qui voulait enfanter.<\/strong><br \/>\n<em>Raoul Garnier. \u00c9ditions L&rsquo;Harmattan. France<\/em><\/p>\n<p><em><\/em>Pr\u00e9sentation de l&rsquo;ouvrage:<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/homme-qui-voulait-enfanter\/\">https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/homme-qui-voulait-enfanter\/<\/a><br \/>\n\u00a0<br \/>\n<strong>EN GUISE DE POSTFACE<br \/>\n<em>Par Elisabeth Gontier<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>*\u00a0 Quand Raoul Garnier, ami de longue date, m\u2019a demand\u00e9 s\u2019il m\u2019\u00e9tait possible de r\u00e9diger la postface de son troisi\u00e8me ouvrage, nous avons envisag\u00e9 de la pr\u00e9senter sous forme de rencontre avec l\u2019auteur.<br \/>\n<\/em>\u00a0<br \/>\n<strong><a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/photo-raoul-garnier-lrg.jpg\"><\/a><a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/photo-raoul-garnier-lrg-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-6020\" title=\"photo-raoul-garnier-lrg-2\" src=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/photo-raoul-garnier-lrg-2.jpg\" alt=\"\" width=\"348\" height=\"334\" \/><\/a>Raoul, bonjour. Tu viens de terminer L\u2019Homme qui voulait enfanter. C\u2019est ton troisi\u00e8me livre ; \u00e0 quelle \u00e9poque de ta vie as-tu commenc\u00e9 \u00e0 penser \u00e0 \u00e9crire ?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a longtemps d\u00e9j\u00e0, sans doute dans une p\u00e9riode qui correspondait au mitan de ma vie, j\u2019avais pens\u00e9 \u00e0 \u00e9crire des nouvelles, mais en l\u2019occurrence, le facteur d\u00e9clenchant a \u00e9t\u00e9 le d\u00e9c\u00e8s de ma m\u00e8re : je n\u2019aurais pas \u00e9crit si je n\u2019avais pas voulu expurger nos relations de leur dimension conflictuelle\u2026 il fallait que je me d\u00e9leste de tout \u00e7a\u2026 Sa disparition a aussi permis que je puisse quitter mon masque et commencer \u00e0 vivre en authenticit\u00e9, d\u2019autant plus que la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019\u00e9tait plus un frein \u00e0 mon coming out puisque j\u2019avais pris ma retraite. C\u2019est vrai que quand on est encore en activit\u00e9, on doit aux autres ce qu\u2019on devient dans la vie professionnelle ! L\u2019\u00e9criture m\u2019a alors permis une sorte de r\u00e9vision de vie sans jugement moral, c\u2019\u00e9tait un mouvement d\u2019introspection. J\u2019avais acquis le go\u00fbt du \u00ab dire juste \u00bb, de chercher le mot juste pour \u00eatre au plus pr\u00e8s de ce que je voulais exprimer. Ce qui m\u2019int\u00e9ressait aussi dans l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9crire, c\u2019\u00e9tait aussi la possibilit\u00e9 de r\u00e9gler mes comptes avec un certain usage trop conventionnel du langage\u2026 Ces trois livres, c\u2019\u00e9taient mes tripes qui parlaient !!! (rires).<\/p>\n<p><strong>Tu voulais peut-\u00eatre te\u00a0 d\u00e9barrasser de ce qu\u2019on appelle \u00ab le bla-bla \u00bb pour te saisir de la possibilit\u00e9 de dire des choses plus essentielles ?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, je crois qu\u2019\u00e0 une \u00e9poque, j\u2019avais le souci de plaire, et c\u2019est \u00e7a qui me bloquait : j\u2019\u00e9tais toujours sous l\u2019influence de la relation \u00e0 ma m\u00e8re. \u00ab Quoi dire pour plaire, quoi dire pour qu\u2019on m\u2019aime toujours ? \u00bb\u2026 et puis je me suis d\u00e9barrass\u00e9 de cette contrainte.<\/p>\n<p><strong>Y a-t-il des auteurs qui t\u2019ont donn\u00e9 envie d\u2019\u00e9crire ?<\/strong><\/p>\n<p>Je ne pourrais pas citer de nom pr\u00e9cis\u00e9ment\u2026 actuellement par exemple, j\u2019ai plein de lectures en chantier, mais je suis surtout plong\u00e9 dans Le Nazi et le psychiatre. A la recherche des origines du mal absolu. C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un psychiatre d\u00e9sign\u00e9 par le tribunal de Nuremberg qui essaie de comprendre jusqu\u2019o\u00f9 et pourquoi les autorit\u00e9s allemandes sont all\u00e9es dans le mal. Tout ce qui touche \u00e0 l\u2019homme au sens g\u00e9n\u00e9rique du terme, dans son int\u00e9riorit\u00e9, dans son fonctionnement, m\u2019int\u00e9resse, peut-\u00eatre parce que \u00e7a m\u2019aide \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur mon v\u00e9cu. Et aussi, quel que soit l\u2019\u00e9crivain, j\u2019\u00e9tais sensible au \u00ab dire juste \u00bb dont nous venons de parler.<\/p>\n<p><strong>As-tu un livre de chevet ? Si tu partais sur une \u00eele d\u00e9serte, quel livre emporterais-tu ?<\/strong><\/p>\n<p>Le livre vers lequel je reviens r\u00e9guli\u00e8rement depuis des ann\u00e9es, c\u2019est Le Proph\u00e8te de Khalil Gibran, c\u2019est ressour\u00e7ant, c\u2019est apaisant. Sur une \u00eele d\u00e9serte ? Je partirais avec un dictionnaire comportant les difficult\u00e9s de la langue fran\u00e7aise, plus un crayon, plus du papier, et plus une gomme\u2026 Je ne sais pas si je survivrais avec \u00e7a !! Mais \u00e7a serait un peu ma derni\u00e8re nourriture\u2026<\/p>\n<p><strong>Ah\u2026 est-ce qu\u2019on ne peut pas dire justement que tu as surv\u00e9cu au travers de l\u2019\u00e9criture de ces trois livres qui s\u2019ach\u00e8vent avec L\u2019homme qui voulait enfanter ?<\/strong><\/p>\n<p>Je crois que c\u2019est possible, \u00e7a m\u2019a aid\u00e9 \u00e0 vivre, \u00e0 passer des caps difficiles, et maintenant, m\u00eame si j\u2019ai fait encore un accroc de sant\u00e9, je vais pas trop mal, je vais pas trop mal\u2026 l\u00e0 j\u2019ai encore des troubles du rythme cardiaque et c\u2019est vrai qu\u2019il y a des facteurs g\u00e9n\u00e9tiques, mais je me dis que mon histoire personnelle a d\u00fb favoriser ceux auxquels j\u2019\u00e9tais pr\u00e9dispos\u00e9 (rires), je me dis : \u00ab dans quelle mesure est-ce que je n\u2019ai pas emp\u00each\u00e9 mon c\u0153ur de battre normalement ? \u00bb (rires)\u2026 Voil\u00e0, c\u2019est mon explication\u2026 je ne dis pas \u00e7a \u00e0 mon cardiologue parce qu\u2019il me prendrait pour un je ne sais pas quoi !! Je crois que c\u2019est \u00e7a, j\u2019ai contrari\u00e9 ma vie et par l\u00e0-m\u00eame mon c\u0153ur, l\u00e0 o\u00f9 il voulait aller.<\/p>\n<p><strong>Mais c\u2019est du syndrome broken heart que tu es en train de me parler !<\/strong><\/p>\n<p>Oui, moi je refuse le hasard, je me dis qu\u2019il y a toujours une explication, soit nous la trouvons dans un \u00e9l\u00e9ment signifiant de notre pass\u00e9, soit ce hasard sera significatif \u00e0 l\u2019avenir. Tout est sens\u2026 et alors, s\u2019il y a un Dieu qui g\u00e8re tout \u00e7a, c\u2019est fabuleux.<\/p>\n<p><strong>La psychanalyse a-t-elle tenu une place dans ta vie et dans ton d\u00e9sir d\u2019\u00e9crire ?<\/strong><\/p>\n<p>La psychanalyse ? Certainement ! Il y a eu dans ma vie une premi\u00e8re phase de quatre ou cinq ans d\u2019analyse, une deuxi\u00e8me phase d\u2019un ou deux ans. J\u2019y allais parce que j\u2019avais, disons, un probl\u00e8me avec LA femme d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale\u2026 un probl\u00e8me que j\u2019avais envie de clarifier. \u00c7a s\u2019est pass\u00e9 comme toujours chez les psychanalystes, deux ou trois s\u00e9ances en face \u00e0 face, et puis elle m\u2019a dit : il va falloir songer \u00e0 s\u2019allonger ; je m\u2019allonge et\u2026 elle me dit : \u00ab qu\u2019est-ce qui se passe ? \u00bb\u2026 J\u2019\u00e9tais en larmes, le trop plein de souffrance se lib\u00e9rait et c\u2019est sur MON PERE que j\u2019ai pleur\u00e9 alors que ma d\u00e9marche \u00e9tait : \u00ab je viens pour ma m\u00e8re \u00bb. J\u2019ai trouv\u00e9 \u00e7a quand m\u00eame assez paradoxal ! Apr\u00e8s, bon, j\u2019ai parl\u00e9 des deux, du p\u00e8re, de la m\u00e8re, et c\u2019\u00e9tait, je crois, poursuivre dans la connaissance de soi. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 par cette d\u00e9marche. S\u2019il n\u2019y avait pas eu psychanalyse, je n\u2019aurais certainement pas \u00e9crit\u2026 Je ne puis \u00e9crire que si mes pens\u00e9es viennent du plus profond de moi-m\u00eame, de mes tripes comme je le disais tout \u00e0 l\u2019heure. Sinon, mon texte est mauvais.<\/p>\n<p><strong>Te souviens-tu du tout premier moment o\u00f9 tu as \u00e9crit les premi\u00e8res lignes du Choix du fils ? Est-ce que tu peux nous d\u00e9crire ce moment inaugural de l\u2019\u00e9criture ?<\/strong><\/p>\n<p>Il me semble que je n\u2019ai pas grand-chose \u00e0 en dire\u2026 Je me souviens de mon emplacement \u00e0 la table, l\u00e0, c\u2019est quelques jours apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de ma m\u00e8re\u2026 o\u00f9 j\u2019\u00e9crivais encore avec le papier-crayon-gomme, j\u2019avais l\u2019ordinateur mais euh\u2026 je ne me sentais pas \u00e0 m\u00eame de taper sur le clavier en m\u00eame temps que mes id\u00e9es apparaissaient. Les sentiments qui m\u2019habitaient \u00e0 ce moment-l\u00e0 ? L\u2019\u00e9criture du Choix du fils, \u00e7a s\u2019est fait dans la souffrance, dans la douleur, dans les larmes\u2026 je sortais les diff\u00e9rents objets ayant appartenu \u00e0 ma m\u00e8re. C\u2019\u00e9tait pour moi que j\u2019\u00e9crivais, et puis au fur et \u00e0 mesure, je me suis dit que \u00e7a pourrait servir, donc \u00e7a a pris valeur de t\u00e9moignage, je me suis dit qu\u2019il y avait peut-\u00eatre des gens qui vivaient comme moi. Je pensais au lecteur, \u00e7a a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 aidant parce que \u00e7a m\u2019a oblig\u00e9 \u00e0 expliciter ma pens\u00e9e. En r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 cette table, je faisais face au lit dans lequel ma m\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e\u2026 et maintenant, je suis install\u00e9 compl\u00e8tement \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, ce qui fait que je tourne le dos\u2026 parce que\u2026 parce que je ne sais pas quoi\u2026<\/p>\n<p><strong>Tu tournes le dos depuis quand ?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Amant, je crois que je tournais le dos. Avec une marge d\u2019erreur, Le Choix du fils a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit mat\u00e9riellement et psychologiquement face \u00e0 ma m\u00e8re ; je l\u2019avais en t\u00eate, elle \u00e9tait l\u00e0\u2026 elle est toujours l\u00e0\u2026 et apr\u00e8s, j\u2019ai tourn\u00e9 le dos, oui, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on tourne le dos \u00e0 quelqu\u2019un que la personne n\u2019existe plus, mais on va vers autre chose\u2026<\/p>\n<p><strong>On va vers le p\u00e8re ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans mes trois livres, il y a une qu\u00eate du p\u00e8re : \u00e0 travers l\u2019amant, je recherchais toujours le p\u00e8re. Mais au bout du compte, il reste manquant, \u00e0 travers ma qu\u00eate, je ne l\u2019ai jamais trouv\u00e9, je ne peux pas m\u2019identifier \u00e0 lui\u2026 il reste en arri\u00e8re-plan, c\u2019est comme si la m\u00e8re l\u2019avait effac\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Le Choix du fils, L\u2019Amant du silence, L\u2019Homme qui voulait enfanter\u2026 Peut-on parler d\u2019une trilogie, et comment l\u2019id\u00e9e en est-elle apparue ?<\/strong><\/p>\n<p>Je n\u2019ai jamais pens\u00e9 au d\u00e9part que ce serait une trilogie, mais j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il s\u2019agit bien d\u2019un m\u00eame cheminement en trois parties : Le Choix du fils, c\u2019est essentiellement l\u2019enfant, avec la m\u00e8re, le p\u00e8re, ma relation ou mon manque de relation \u00e0 mes parents, la famille, l\u2019aspiration \u00e0 retrouver la famille, mais aussi la r\u00e9v\u00e9lation de mon orientation sexuelle. L\u2019Amant du silence, c\u2019est l\u2019adulte compl\u00e8tement \u00e9gar\u00e9 dans ses amours, donc l\u2019adolescent et ses amours, plut\u00f4t. L\u2019Homme qui voulait enfanter, c\u2019est l\u2019homme, c\u2019est vraiment la maturit\u00e9\u2026 \u00e7a fait bien trois \u00e9tapes ! On peut les lire dans le d\u00e9sordre, mais c\u2019est quand m\u00eame mieux de commencer par Le Choix du fils. Quand je l\u2019\u00e9crivais, je savais qu\u2019il y aurait un autre livre par rapport \u00e0 Isis, l\u2019amant pass\u00e9 sous silence, c\u2019est un d\u00e9sir de r\u00e9paration qui \u00e9tait l\u00e0, le concernant ; et le troisi\u00e8me livre, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 un ach\u00e8vement, on ne s\u2019accomplit que s\u2019il y a descendance ; mais je me demande si j\u2019aurais mis en forme ce d\u00e9sir d\u2019enfanter s\u2019il n\u2019y avait pas eu Killian\u2026 c\u2019est aussi une identification \u00e0 la m\u00e8re. Je ne pourrai pas \u00e9crire sur ma mort (rires) mais ce serait le dernier s\u2019il y en avait un quatri\u00e8me (rires), un livre sur ma fin de vie\u2026<\/p>\n<p><strong>\u00ab Je \u00bb se d\u00e9nude, \u2026. se per\u00e7oit renaissant. \u2026. \u00ab Je \u00bb est entr\u00e9 dans la vie : moi. Ce projet que tu \u00e9nonces dans Le Choix du fils, me semble s\u2019appliquer parfaitement \u00e0 L\u2019Homme qui voulait enfanter o\u00f9 il s\u2019agit peut-\u00eatre finalement de \u00ab l\u2019homme qui s\u2019est enfant\u00e9 \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Je ne dirais pas que cette phrase \u00e9tait pr\u00e9dictive, mais c\u2019\u00e9tait la r\u00e9alit\u00e9 du moment, qui s\u2019est confirm\u00e9e tout au long des deux autres, \u00e7a ne s\u2019est pas d\u00e9menti, \u00e0 cela pr\u00e8s que j\u2019ai peut-\u00eatre repris certains v\u00eatements pour ne pas totalement me d\u00e9voiler. Le \u00ab je \u00bb a pris d\u2019autres formes ; dans le premier livre, c\u2019est vraiment moi qui parle ; le fils se relie essentiellement \u00e0 la m\u00e8re ; le \u00ab Jean-Raoul \u00bb du deuxi\u00e8me, c\u2019est quelqu\u2019un qui se situe \u00e0 un autre plan, de par le pr\u00e9nom, il essaie de se relier \u00e0 la fois au p\u00e8re et \u00e0 la m\u00e8re ; et le troisi\u00e8me, c\u2019est \u00ab je \u00bb enfant\u00e9, adulte dans la maturit\u00e9. Dans Le Choix du fils, il se percevait renaissant, et dans L\u2019Homme qui voulait enfanter, au bout des onze ans d\u2019\u00e9criture, il est n\u00e9, enfin, comme on peut l\u2019\u00eatre\u2026 Oui, j\u2019ai l\u2019impression de m\u2019\u00eatre moi-m\u00eame enfant\u00e9, de m\u2019\u00eatre d\u00e9sincarc\u00e9r\u00e9 de mon pass\u00e9, d\u2019\u00eatre devenu \u00ab moi \u00bb dans la mesure o\u00f9 on peut se conna\u00eetre, d\u2019\u00eatre devenu, en fin de compte, homme. Je me suis accompli \u00e0 travers mes bouquins, mes \u00ab enfants de papier \u00bb\u2026<\/p>\n<p><strong>Ta famille \u00e9largie a-t-elle jou\u00e9 un r\u00f4le dans cet enfantement de toi ?<\/strong><\/p>\n<p>Au d\u00e9c\u00e8s de ma m\u00e8re, j\u2019avais un besoin d\u2019enracinement. J\u2019\u00e9tais seul, ma \u00ab racine pivot \u00bb, comme on dit en botanique, n\u2019\u00e9tait plus l\u00e0 ; donc je suis parti \u00e0 la recherche de la famille, j\u2019ai fait des recherches g\u00e9n\u00e9alogiques, j\u2019ai retrouv\u00e9 la famille paternelle avec laquelle elle s\u2019\u00e9tait f\u00e2ch\u00e9e, la famille maternelle avec laquelle elle s\u2019\u00e9tait f\u00e2ch\u00e9e\u2026 Chacune\u00a0 a fait la part des choses entre moi et ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 avec ma m\u00e8re, et donc, certainement que ma famille \u00e9largie a jou\u00e9 un r\u00f4le dans mon \u00e9panouissement, je me sens moins seul maintenant, m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas question de mes livres\u2026 : \u00ab On sait, on t\u2019aime comme tu es, mais on n\u2019en parle pas. \u00bb Ma famille \u00e9largie aurait pu prolonger l\u2019enfantement, mais je suis finalement tout seul \u00e0 g\u00e9rer mon affaire ! Malgr\u00e9 le remembrement familial, je reste seul avec ce que je suis.<\/p>\n<p><strong>Quels liens fais-tu entre tes trois livres, quelles places respectives y occupent l\u2019auteur, le narrateur, les personnages ?<\/strong><\/p>\n<p>Le Choix du fils, \u00e7a a vraiment \u00e9t\u00e9 l\u2019ouvrage fondateur. C\u2019est tout moi, je suis \u00e0 la fois l\u2019auteur, le narrateur et le personnage, c\u2019est purement autobiographique. L\u2019Amant du silence, l\u2019auteur, c\u2019est moi, le narrateur, c\u2019est Isis, et les personnages, c\u2019est \u00e0 la fois l\u2019auteur et le narrateur\u2026 mais les deux sont masqu\u00e9s : Jean-Raoul et Isis. Le choix du pr\u00e9nom \u00ab Jean-Raoul \u00bb r\u00e9unit en moi le p\u00e8re et la m\u00e8re, puisque \u00ab Jean \u00bb est le pr\u00e9nom que mon p\u00e8re voulait me donner, \u00ab Raoul \u00bb est celui que ma m\u00e8re m\u2019a donn\u00e9, mais aussi celui que mon p\u00e8re avait port\u00e9\u2026 avec le patronyme \u00ab Garnier \u00bb, cela fait donc trois pr\u00e9sences paternelles pour une pr\u00e9sence maternelle\u2026 Ils sont masqu\u00e9s parce qu\u2019on est vuln\u00e9rable lorsque l\u2019on dit ce que l\u2019on est, autrui peut nous attaquer, et je me demande si dans ce deuxi\u00e8me livre, je n\u2019avais pas envie de brouiller les cartes, pour qu\u2019on ne sache plus bien qui j\u2019\u00e9tais. C\u2019\u00e9tait aussi donner une autre forme \u00e0 l\u2019\u00e9criture, \u00e7a aurait \u00e9t\u00e9 trop nombriliste de poursuivre sur le mode de l\u2019autobiographie, et je n\u2019avais plus envie de parler en terme de \u00ab je \u00bb, donc c\u2019est un autre qui me raconte. Dans L\u2019Homme qui voulait enfanter, c\u2019est aussi le cas\u2026 \u00e0 chaque fois, le narrateur est quelqu\u2019un avec qui j\u2019ai eu des liens. L\u00e0, pour le personnage, Herg\u00e9, j\u2019ai jou\u00e9 sur les initiales de l\u2019auteur, R.G\u2026 et c\u2019est vrai que, sans le vouloir, j\u2019ai retrouv\u00e9 le patronyme du p\u00e8re de Tintin ! (rires)<\/p>\n<p><strong>Sans le vouloir\u2026 on disait tout \u00e0 l\u2019heure qu\u2019il n\u2019y a pas de hasard ! Alors, est-ce que \u00e7a fait partie des choses qui ont un sens m\u00eame si tu ne l\u2019as pas voulu au d\u00e9part ? Est-ce que \u00ab \u00e7a \u00bb parle ? En tout cas, avec Tintin, Herg\u00e9 a lui aussi enfant\u00e9 un fils de papier\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Oui\u2026 Mais le Herg\u00e9 de L\u2019Homme qui voulait enfanter va plus loin, de par sa tumeur, il enfante un substitut d\u2019enfant, ou ce qu\u2019il pensait \u00eatre un enfant. Et puis il y a Aubin\u2026 Aubin, c\u2019est l\u2019enfant que je n\u2019ai pas eu, le fils que je n\u2019ai pas eu avec Killian, que je voulais avoir avec lui, et qu\u2019il a eu dans une relation h\u00e9t\u00e9ro. Donc c\u2019est triangulaire : le p\u00e8re, la m\u00e8re, l\u2019amant.<\/p>\n<p><strong>Raoul Garnier, R.G, Jean-Raoul\u2026 quelle serait l\u2019identit\u00e9 dans laquelle tu te reconna\u00eetrais le plus ?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai toujours cherch\u00e9 \u00e0 associer le p\u00e8re et la m\u00e8re. Sur ma carte d\u2019identit\u00e9, mon nom d\u2019usage est DECOSSE, il s\u2019agit du nom de ma m\u00e8re. Dans l\u2019id\u00e9al, j\u2019aimerais porter le double pr\u00e9nom et le double nom : Jean-Raoul Garnier-Decosse. C\u2019est malheureusement trop long.<\/p>\n<p><strong>Autobiographie, autofiction, fiction romanesque, quelle place respective donnerais-tu \u00e0 ces trois sortes d\u2019\u00e9criture dans ta trilogie ? Tu as bien situ\u00e9 Le choix du fils comme une autobiographie, le terme d\u2019autofiction a commenc\u00e9 \u00e0 appara\u00eetre \u00e0 propos de L\u2019Amant du silence, est-ce qu\u2019il te convient, et enfin peut-on parler de roman\u00a0 \u00e0 propos de L\u2019Homme qui voulait enfanter ? A d\u2019autres moments, tu disais que c\u2019\u00e9tait paradoxalement sans doute le plus autobiographique des trois, parce que le plus proche de ta subjectivit\u00e9\u2026<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est vrai que dans Le Choix du fils, c\u2019est ma vie, c\u2019est une autobiographie. Mais je pr\u00e9f\u00e8re \u00ab roman autobiographique \u00bb pour L\u2019Amant du silence ; \u00ab autofiction \u00bb est peut-\u00eatre juste pour d\u00e9crire la forme, mais pas le fond, qui est vrai ; alors que \u00ab roman autobiographique \u00bb rend mieux compte de la pr\u00e9sence d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 v\u00e9cue au-del\u00e0 d\u2019un certain arrangement de forme, d\u2019 un certain emballage\u2026 Quant \u00e0 L\u2019Homme qui voulait enfanter, il ne faudrait pas que le mot roman gomme la r\u00e9alit\u00e9 de ce d\u00e9sir d\u2019enfant, de ce d\u00e9sir d\u2019\u00eatre la m\u00e8re, la r\u00e9alit\u00e9 de cette admiration de la femme.<\/p>\n<p><strong>Oui, mais par exemple, Madame Bovary est un roman; pour autant, Flaubert dit \u00ab Madame Bovary, c\u2019est moi \u00bb. Donc est-ce que L\u2019Homme qui voulait enfanter est un roman ?<\/strong><\/p>\n<p>En partie, parce que ma relation avec Killian, ce n\u2019est pas un roman ! L\u2019Homme qui voulait enfanter, c\u2019est vraiment moi aujourd\u2019hui, homo vieillissant, homo sans descendance, homo s\u00e9par\u00e9 de sa m\u00e8re mais qui l\u2019a toujours admir\u00e9e, qui veut \u00eatre une femme, pas en terme de transgenre, mais \u00eatre une femme de par ce qu\u2019elle vit au niveau de la maternit\u00e9 que les hommes lui jalousent, \u00e7a, c\u2019est moi ! En fait, L\u2019Amant du silence et L\u2019Homme qui voulait enfanter sont deux productions diff\u00e9rentes mais qui entrent toutes les deux dans la cat\u00e9gorie du roman autobiographique. Si j\u2019ai pu dire que le dernier \u00e9tait le plus autobiographique des trois, c\u2019est parce qu\u2019il d\u00e9crit ce que je suis devenu aujourd\u2019hui, il est plein de moi, plein de v\u00e9rit\u00e9\u2026 C\u2019est vrai que c\u2019est une histoire folle, mais un peu comme quelqu\u2019un peut tomber fou parce qu\u2019il n\u2019a pas d\u2019enfant\u2026<\/p>\n<p><strong>Au risque de te demander d\u2019entrer de mani\u00e8re tr\u00e8s intime dans tes processus de cr\u00e9ation, les diff\u00e9rents personnages sont-ils des facettes de toi ? Quelle est leur part d\u2019existence charnelle ?<\/strong><\/p>\n<p>Je crois que ce sont des facettes de moi, ou des aspirations\u2026 Killian, Isis, Jean-Luc\u2026 ce sont des facettes de moi dans la r\u00e9alit\u00e9\u2026 ou fantasm\u00e9es\u2026 Et c\u2019est peut-\u00eatre ce fantasme qui peut faire roman, \u00e9ventuellement\u2026 Ils sont aussi un peu ce que j\u2019ai voulu en faire, cela ne veut pas dire qu\u2019ils se comportent obligatoirement comme \u00e7a\u2026<\/p>\n<p><strong>Alors cette trilogie serait comparable aux trois pi\u00e8ces d\u2019un puzzle dont tu te composerais ?<\/strong><\/p>\n<p>Trois pi\u00e8ces cr\u00e9\u00e9es au fur et \u00e0 mesure, au d\u00e9part, il n\u2019y a pas de puzzle\u2026<\/p>\n<p><strong>Est-ce qu\u2019il y a d\u2019autres pi\u00e8ces qui nous sont encore inconnues y compris de toi-m\u00eame ?<\/strong><\/p>\n<p>Je ne peux pas dire\u2026 les trois m\u2019apparaissent maintenant bien boucl\u00e9es\u2026 peut-\u00eatre qu\u2019il y en d\u2019autres, qu\u2019elles sont \u00e0 \u00e9crire, mais je les ignore pour le moment. Est-ce que j\u2019ai encore envie d\u2019\u00e9crire ? Quand on \u00e9crit, il y a toujours le pass\u00e9 qui remonte, et on n\u2019en finit pas.<\/p>\n<p><strong>Quel r\u00f4le joue la mort dans le processus de cr\u00e9ation pour toi, ou dans le d\u00e9sir d\u2019\u00e9crire ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans Le Choix du fils, c\u2019est ma m\u00e8re qui meurt. Dans L\u2019Amant du silence, c\u2019est moi qui \u00ab faille \u00bb, qui a le souhait de mourir, parce qu\u2019on ne sait pas tr\u00e8s bien si Jean-Raoul s\u2019est suicid\u00e9 ; symboliquement, je crois que c\u2019est de cela qu\u2019il est question. Et dans L\u2019Homme qui voulait enfanter Herg\u00e9 \u00e9chappe, mais il aurait fallu peu de choses pour que sous ma plume il meure, en tout cas le flirt avec la mort est abord\u00e9 avec sa tumeur et avec ce qu\u2019il pense \u00eatre un avortement, on lui prend son enfant ; ce troisi\u00e8me livre, c\u2019est quand m\u00eame plus la mort de l\u2019enfant, sous une forme ou sous une autre, c\u2019est l\u2019enfant qui meurt, et moi, je m\u2019en r\u00e9chappe.<\/p>\n<p><strong>Comme si la mort avait engendr\u00e9 la vie\u2026 mort de ton p\u00e8re, de ta m\u00e8re, infarctus, infarctus, d\u00e9-vivre : est-ce que finalement ce ne sont pas ces traces de la mort qui t\u2019ont fait \u00e9crire ?<\/strong><\/p>\n<p>Certainement, je pense qu\u2019autrement, j\u2019aurais \u00e9crit des nouvelles, mais \u00e7a n\u2019aurait jamais \u00e9t\u00e9 \u00ab je \u00bb ; j\u2019avais \u00e0 me d\u00e9livrer de mon identit\u00e9 et \u00e0 la livrer, c\u2019est la mort de ma m\u00e8re qui m\u2019a permis de le faire ; ensuite, est venu le temps de la r\u00e9paration par rapport \u00e0 Isis, et finalement le temps de la parturition, de ce d\u00e9sir d\u2019avoir un enfant, mais \u00e0 s\u2019en rendre malade et \u00e0 en mourir. Je crois qu\u2019il y a l\u00e0 une certaine mise en forme de ma mort, elle est vraiment au c\u0153ur de ces deux derniers livres ; en fin de compte, c\u2019est un homme qui me tire de l\u00e0-dedans, Killian qui m\u2019accompagne\u00a0 &#8211; relay\u00e9 ult\u00e9rieurement par Jean-Luc &#8211;\u00a0 c\u2019est pas comme si je r\u00e9cup\u00e9rais mon p\u00e8re, mais c\u2019est un homme qui me donne vie. Toutes ces morts ont engendr\u00e9 une certaine vie, mais sans exaltation, sans esp\u00e9rance ; je vis au jour le jour\u2026 je suis encha\u00een\u00e9 par la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re\u2026. Et le sans homme !<\/p>\n<p><strong>N\u2019as-tu pas d\u2019autres projets d\u2019\u00e9criture pour demain ? Y a-t-il d\u2019autres formes litt\u00e9raires qui t\u2019attireraient ?<\/strong><\/p>\n<p>Non, il me semble avoir fait le tour de ce que j\u2019avais \u00e0 dire, il y a une sorte d\u2019ach\u00e8vement. En tout cas, je ne me sens pas attir\u00e9 par d\u2019autres formes litt\u00e9raires, on, ou alors il faudrait vraiment que je me d\u00e9centre de moi et que j\u2019aie termin\u00e9 mon cheminement ; peut-\u00eatre pourrais-je aller vers le roman, mais \u00e0 travers les personnages, ce serait toujours moi, c\u2019est vrai, comme disait Flaubert : \u00ab Madame Bovary, c\u2019est moi \u00bb !<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9criture est-elle une activit\u00e9 agr\u00e9able ?<\/strong><\/p>\n<p>\u00c7a ne jaillit pas comme un volcan, j\u2019\u00e9cris surtout le soir, parfois deux ou trois lignes seulement, parce qu\u2019il faut que je change le mot, parce que c\u2019est pas \u00e7a\u2026 c\u2019est tr\u00e8s difficile de communiquer, cette recherche par l\u2019\u00e9criture, c\u2019\u00e9tait presque apprendre \u00e0 parler. \u00c7a d\u00e9pend des passages, ce qu\u2019on a \u00e0 \u00e9crire c\u2019est quelque fois douloureux ; mais oui, j\u2019aime bien \u00e9crire, parce que comme je suis quelqu\u2019un qui ne s\u2019exprime pas tr\u00e8s bien \u00e0 l\u2019oral, \u00e7a me permet d\u2019aller pr\u00e9ciser le terme. C\u2019est agr\u00e9able dans la mesure o\u00f9 \u00e7a me parle, mais c\u2019est quand m\u00eame une activit\u00e9 qui \u00ab bouffe \u00bb, qui bouffe le temps ; l\u2019\u00e9criture, c\u2019est de tous les instants, dans le sens o\u00f9 quand on a pu jeter sur le papier, c\u2019est le fruit d\u2019une r\u00e9flexion de plusieurs jours, et apr\u00e8s, on modifie encore parce que c\u2019est pas \u00e7a\u2026 et puis je trouve que ce qui est terrible dans l\u2019\u00e9criture, c\u2019est que quand on envoie le livre \u00e0 l\u2019\u00e9diteur, c\u2019est un d\u00e9chirement, c\u2019est comme une d\u00e9pression du post-partum ; pendant de tr\u00e8s nombreux mois, toute activit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 centr\u00e9e sur cette r\u00e9alisation-l\u00e0, et tout d\u2019un coup, on en est d\u00e9poss\u00e9d\u00e9\u2026 et on ne sait pas ce que les gens vont en penser, le livre \u00e9chappe un peu comme un enfant.<\/p>\n<p><strong>Est-ce que finalement le lecteur ne serait pas un peu le p\u00e8re des ouvrages dont tu es la m\u00e8re ? On dit bien quelquefois que \u00ab c\u2019est le lecteur qui fait le livre \u00bb\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Oui, oui, mais cela ne veut pas dire que la pens\u00e9e de l\u2019auteur et du lecteur se rencontrent toujours, et \u00e7a me chagrine. Le regard d\u2019autrui me permet d\u2019exister, mais en tant qu\u2019auteur, pas en tant que \u00ab moi-je \u00bb\u2026 des gens peuvent \u00eatre g\u00ean\u00e9s par rapport \u00e0 certaines sc\u00e8nes, par exemple dans L\u2019Amant du silence\u2026 le regard d\u2019autrui n\u2019est pas forc\u00e9ment constructeur, il peut s\u2019arr\u00eater \u00e0 la pornographie et refuser la transcendance de l\u2019amour d\u00e8s lors qu\u2019il est question d\u2019homosexualit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Nous nous d\u00e9finissons par ce que nous avons \u00e9t\u00e9 mais aussi par ce que nous aimons, c\u2019est-\u00e0-dire par ce vers quoi nous tendons. Veux-tu pour terminer me dire ce que tu aimes, as-tu d\u2019autres projets en dehors de l\u2019\u00e9criture ?<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/cover-med-homme-enfanter.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-6022\" title=\"cover-med-homme-enfanter\" src=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/cover-med-homme-enfanter.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"282\" \/><\/a>Il y a un mal-\u00eatre que je trimballe, que j\u2019exprime soit directement, soit indirectement ; je n\u2019ai pas forc\u00e9ment envie de vivre, enfin, je vis pour moi, mais sans projet particulier ; avec ces trois bouquins, j\u2019ai clos quelque chose. Je n\u2019ai pas de passion particuli\u00e8re pour quoi que ce soit. Je n\u2019attends plus, je n\u2019esp\u00e8re plus, mais il me reste le moment pr\u00e9sent. Je prends la vie comme elle vient, je ne sais pas si c\u2019est de la sagesse\u2026<br \/>\nPeut-\u00eatre m\u2019inscrirai-je \u00e0 Th\u00e9ovie, une formation biblique et th\u00e9ologique \u00e0 distance de L\u2019Eglise Protestante unie de France. Une mani\u00e8re de pr\u00e9parer mon passage et ma rencontre avec Le PERE \u00ab sublim\u00e9.\u00bb Oui, envisager \u00ab l\u2019apr\u00e8s-moi \u00bb sera, est &#8211; je le sens &#8211; mon ultime projet : l\u2019aboutissement de ma qu\u00eate.<br \/>\nMerci\u00a0 Elisabeth pour cette d\u00e9couverte !<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;Homme qui voulait enfanter.<\/strong><br \/>\n<em>Raoul Garnier. \u00c9ditions L&rsquo;Harmattan. France<\/em><\/p>\n<p><em><\/em>Pr\u00e9sentation de l&rsquo;ouvrage:<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/homme-qui-voulait-enfanter\/\">https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/homme-qui-voulait-enfanter\/<\/a><\/p>\n<a href='http:\/\/twitter.com\/share' class='twitter-share-button' data-text='L&#039;homme qui voulait enfanter: Rencontre avec l&#039;auteur. ' data-url='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/?p=6016' data-counturl='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/rencontre-raoul-garnier\/' data-count='horizontal' data-via='LesPSY'>Tweet<\/a>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Homme qui voulait enfanter. Raoul Garnier. \u00c9ditions L&rsquo;Harmattan. France Pr\u00e9sentation de l&rsquo;ouvrage: &#8211; https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/homme-qui-voulait-enfanter\/ \u00a0 EN GUISE DE POSTFACE Par Elisabeth Gontier *\u00a0 Quand Raoul Garnier, ami de longue date, m\u2019a demand\u00e9 s\u2019il m\u2019\u00e9tait possible de r\u00e9diger la postface de &hellip; <a href=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/rencontre-raoul-garnier\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[18,13,7,6],"tags":[456,2005,2385,265,878,646,311,75],"class_list":["post-6016","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites-psychologie","category-articles-thematiques","category-livres","category-publications","tag-auteur","tag-autobiographie","tag-enfanter","tag-homosexualite","tag-interview","tag-livre","tag-roman","tag-temoignage"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6016","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6016"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6016\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6019,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6016\/revisions\/6019"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6016"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6016"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6016"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}