{"id":4645,"date":"2013-12-29T11:21:42","date_gmt":"2013-12-29T16:21:42","guid":{"rendered":"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/?p=4645"},"modified":"2017-05-09T16:10:27","modified_gmt":"2017-05-09T20:10:27","slug":"pourquoi-une-therapie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/pourquoi-une-therapie\/","title":{"rendered":"Une Th\u00e9rapie : Pourquoi ?"},"content":{"rendered":"<p><strong><span style=\"color: #800000;\">Une Th\u00e9rapie : Pourquoi ?<\/span><\/strong><br \/>\nPar Ang\u00e9lique Dietrich<br \/>\n(<em>Un texte d\u2019un livre \u00e0 para\u00eetre \u00e9crit en collaboration avec Erick Dietrich.)<\/em><\/p>\n<p>On ne saurait commencer\u00a0sans nous interroger sur les raisons qui nous ont pouss\u00e9 \u00e0 \u00e9crire un \u00e9ni\u00e8me livre qui va traiter de th\u00e9rapie, de psy, de sexologie, de troubles de l\u2019identit\u00e9, d\u2019hyst\u00e9rie, de n\u00e9vrose, d\u2019OEdipe, et d\u2019autres sujets du m\u00eame acabit.<\/p>\n<p>La diversit\u00e9 des approches th\u00e9rapeutiques et la fr\u00e9quence des perturbations des relations affectives, sociales et sexuelles conf\u00e8rent \u00e0 cette th\u00e9matique une place importante. La psychiatrie s\u2019est lentement d\u00e9tach\u00e9e de la d\u00e9monologie depuis le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res. Ainsi, les damn\u00e9s ont c\u00e9d\u00e9 la place aux gens sains et aux fous. L\u2019implantation des asiles, isol\u00e9s du centre des villes, montre combien ceux qui vivent \u201cl\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9\u201d sont per\u00e7us comme dangereux. La soci\u00e9t\u00e9 autorise une faible marge de diff\u00e9rence. Ceux qui s\u2019adaptent mal au groupe rencontrent en effet l\u2019incompr\u00e9hension g\u00e9n\u00e9rale qui repose sur l\u2019id\u00e9e que le fou est \u00e0 l\u2019homme banal ce que le r\u00e9volutionnaire est au r\u00e9gime, \u00e0 savoir une faille dans nos syst\u00e8mes de certitudes. La crainte survient tout autant devant des surgissements tels que l\u2019amour, la gr\u00e2ce, la cr\u00e9ation, v\u00e9cus comme \u201cd\u00e9lirants\u201d par l\u2019homme banal, le \u201cnormovros\u00e9\u201d ou le n\u00e9vros\u00e9. Aujourd\u2019hui, nous voyons de plus en plus le syst\u00e8me politique et socioculturel transformer l\u2019homme en une forme d\u2019individu m\u00e9diocre facilement influen\u00e7able et manipulable.<\/p>\n<p>Quel sens donnez-vous au mot \u201cfou\u201d ? Pour la plupart d\u2019entre vous, ce terme a une valeur p\u00e9jorative. Or, il va vous falloir accepter l\u2019inacceptable, car dans une vision plus globalisante, tout le monde est fou. Le terme d\u00e9signe une personne en souffrance psychologique et somatique qui n\u2019a pas encore accept\u00e9 et compris sa souffrance, son mal de vivre. Il y a ceux qui ne veulent pas le voir ou le savoir, et ceux qui l\u2019acceptent et apprennent ainsi \u00e0 g\u00e9rer, voire \u00e0 d\u00e9passer les blessures de leur \u00e2me. Ce livre a pour vocation de vous aider \u00e0 comprendre votre folie, le sens et le pourquoi des divers courants th\u00e9rapeutiques et surtout de comprendre que c\u2019est la soci\u00e9t\u00e9 qui est malade.<\/p>\n<p>Les approches th\u00e9rapeutiques et toutes les approches dites \u00ab m\u00e9decine naturelle, PNL, hypnose, chamanisme, etc. \u00bb sont encore consid\u00e9r\u00e9es comme un lieu d&rsquo;obscurantisme, que certains courants auxquels cela d\u00e9range anath\u00e9matisent et diabolisent f\u00e9rocement. Les incertitudes de la science ayant tent\u00e9 de remplacer les certitudes et les dogmes du jud\u00e9o-christianisme, la tentation est encore forte pour beaucoup de se r\u00e9fugier derri\u00e8re la morale et le puritanisme. En une d\u00e9cennie, le chemin parcouru est immense mais long est le chemin qu\u2019il reste \u00e0 parcourir. On assiste rapidement, quand les th\u00e9rapies d\u00e9rangent \u00e0 la fois un petit monde \u00ab Psy \u00bb inf\u00e9od\u00e9 au syst\u00e8me et le syst\u00e8me socioculturel lui-m\u00eame, \u00e0 un d\u00e9ferlement de pudibonderie, de puritanisme et de sectarisme\u2026 Il y a l\u00e0 une grande hypocrisie qui d\u00e9bouche sur une forme de nouvel ordre moral et de pens\u00e9e unique.<\/p>\n<p>La question que nous avons soulev\u00e9e reste provisoirement en suspens, mais notre connaissance en la mati\u00e8re nous permettra d\u2019apporter quelques \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse au fil des pages. \u00c0 travers nos diff\u00e9rents voyages professionnels, ou autres, \u00e0 travers notre regard de th\u00e9rapeutes et aussi d\u2019humains \u2013 car un th\u00e9rapeute reste un humain comme vous monsieur, comme vous madame qui d\u00e9couvrez ce livre, qui le tenez entre vos mains, et qui vous posez s\u00fbrement des questions sur ce que nous allons aborder ici.<\/p>\n<p>En tant que th\u00e9rapeutes, nous sommes amen\u00e9s \u00e0 nous remettre en question, \u00e0 regarder par le trou de la serrure pour aller sonder au plus profond de notre client\u00e8le ce qui se passe pour la personne assise l\u00e0, face \u00e0 nous, ou allong\u00e9e selon les techniques de travail, selon l\u2019instant aussi et la personne.<br \/>\nEn tant qu\u2019humanistes et th\u00e9rapeutes, nous portons ou nous essayons de porter un regard nouveau sur ce monde dans lequel nous vivons, dans lequel vos enfants, petits-enfants grandissent, ce monde en souffrance, notre regard sur le regard du monde.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 des voyages en Asie (Tha\u00eflande, Inde, Duba\u00ef, Madagascar, Ile de la R\u00e9union, D\u00e9sert), nous avons d\u00e9couvert des cultures diff\u00e9rentes, et c\u2019est cette vision de la vie autre que celle trop europ\u00e9anis\u00e9e que nous nous proposons de vous faire partager.<\/p>\n<p>De retour d\u2019une \u00eele au bout du monde, de nos voyages dans d\u2019autres contr\u00e9es, ayant pris conscience que nous avions chang\u00e9 de monde, nous avons pu comprendre que les croyances influencent fondamentalement notre vision du monde et de la vie, modifiant notre fa\u00e7on d\u2019habiter l\u2019espace et le temps.<\/p>\n<p>Pour Freud, les interdits et l&rsquo;interdit de l&rsquo;inceste soumettent l\u2019enfant \u00e0 la loi, il passe de la nature \u00e0 la culture ; c\u2019est l\u2019int\u00e9riorisation et l\u2019apprentissage des interdits parentaux et sociaux. Selon LEVI-STRAUSS, la prohibition de l\u2019inceste serait \u00e0 la fois naturelle et culturelle : \u00ab Elle est la culture qui \u00e9merge de la nature. Elle joint l&rsquo;universalit\u00e9 (nature) et la r\u00e8gle (culture) (1) \u00bb. Elle repr\u00e9sente l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;un ordre nouveau, permettant ainsi l&rsquo;\u00e9mergence de la culture.<br \/>\nDans cette \u00eele, dans le partage avec les locaux \u2013 comme dit le Japonais shinto\u00efste \u2013, nous avons ressenti une profonde unit\u00e9 entre tous les hommes, la nature et toutes les entit\u00e9s invisibles. Cette unit\u00e9 s\u2019\u00e9prouve comme harmonie, principe fondateur de tous les principes. Nous avons d\u00e9couvert le monde de la psychose (la nature) apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le monde de la n\u00e9vrose (la culture). Comme Nietzsche disait : \u00ab Les hommes ne sont pas encore des animaux \u00e9tablis \u00bb, pour nous, ils ont \u00e9chou\u00e9 dans le passage de la nature \u00e0 la culture, ramenant la culture \u00e0 une forme d\u2019humanit\u00e9. L&rsquo;homme a \u00ab cultiv\u00e9 et humanis\u00e9 la nature \u00bb (Marx), l\u2019assujettissant \u00e0 sa toute-puissance et \u00e0 son d\u00e9sir de pouvoir. L\u2019homme prend possession de la nature comme d\u2019un espace \u00e0 exploiter et \u00e0 ma\u00eetriser. Pour Aristote, la nature est \u00e0 l\u2019origine de son propre mouvement, ce qui fut remis en cause par le monoth\u00e9isme chr\u00e9tien qui veut que la nature soit d\u2019essence divine. Nous pensons donc la nature \u00e0 partir de notre culture, une sorte de m\u00e9canique dont Dieu est l&rsquo;horloger comme dit Voltaire. La culture serait l&rsquo;acte par lequel l&rsquo;homme se pose comme distinct de la nature.<\/p>\n<p>Ainsi, pour nous, regarder la nature, c\u2019est voir ce que Hegel nomme l\u2019esprit objectif, donc voir les choses telles qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 envahies par l\u2019esprit humain. Par le langage et l\u2019apprentissage, la culture risque de nous faire quitter, voire m\u00eame oublier la nature pour nous enfermer dans la civilisation. Pour l&rsquo;homme, l&rsquo;\u00e9tat de nature \u00ab est un \u00e9tat qui n&rsquo;existe plus, qui n&rsquo;a peut-\u00eatre point exist\u00e9, qui probablement n&rsquo;existera jamais. \u00bb (Jean-Jacques Rousseau)<br \/>\nLa nature que nous avons ainsi discern\u00e9e dans sa simplicit\u00e9, ses imperfections, sa vuln\u00e9rabilit\u00e9, sa fugacit\u00e9, sa familiarit\u00e9, sa qui\u00e9tude, cet espace et ce temps \u00e0 vivre pleinement, nous a ouvert \u00e0 l\u2019impermanence et au caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re du monde.<\/p>\n<p>Nous avons plong\u00e9 en nous en acceptant d\u2019observer, de sentir et d\u2019entendre, en d\u00e9couvrant l\u2019ordre de la nature, comme un psychotique qui s\u2019\u00e9meut de ce qu\u2019il d\u00e9couvre\u2026 juste les reflets du soleil couchant sur l\u2019oc\u00e9an, le vent dans les palmiers, les bruits de la nature\u2026 Nous ne voulons plus de cette dichotomie de base qui oppose la culture \u00e0 la nature.<\/p>\n<p>Nous avons ressenti dans notre cheminement une nouvelle sensibilit\u00e9, la justesse du monde qui nous entoure, la liaison entre le mouvement et le vide. Ce sens typiquement japonais de la justesse des choses, des espaces et des limites int\u00e8gre les notions fondamentales du n\u00e9ant. Nous nous sommes interrog\u00e9s sur le comment se lib\u00e9rer de la dualit\u00e9 entre nature et culture pour acc\u00e9der \u00e0 l\u2019harmonie et \u00e0 une forme de quintessence du sacr\u00e9, loin du vulgaire et de la m\u00e9diocrit\u00e9 que la culture a engendr\u00e9.<\/p>\n<p>Nous avons senti le temps s\u2019\u00e9couler, notre appartenance \u00e0 l\u2019univers, \u00e0 la terre, nous avons ressenti l\u2019importance de vivre l\u00e0, ce qui se passe. Nous avons senti notre regard sur la nature changer, une nature que nous accueillons telle qu\u2019elle s\u2019offre \u00e0 nous, source de vie et guide spirituel, et refusons que la nature devienne pour l&rsquo;homme moderne ce \u00e0 quoi il aspire \u00ab <em>se rendre comme ma\u00eetre et possesseur \u00bb<\/em> (Descartes, Discours de la m\u00e9thode).<\/p>\n<p>\u00c0 travers cet \u00e9crit, nous allons bien \u00e9videmment reprendre des bases de la psychologie, de la philosophie, de la vie, et y porter un regard nouveau, un regard parfois d\u00e9rangeant pour nos confr\u00e8res et pour vous lecteurs, ainsi que pour vous qui avez le courage de venir vous installer dans le cabinet d\u2019un th\u00e9rapeute, quel que soit le type de th\u00e9rapie que vous choisissez. Y a-t-il une vraie r\u00e9ponse \u00e0 vos questions, la question n\u2019est-elle pas simplement enfouie en vous ? Nous ne sommes que des accompagnateurs, des guides pour vous permettre d\u2019aller l\u00e0 o\u00f9 vous ne pouvez aller seul, sans cette main tendue, qui vous permette d\u2019oser aller, dans l\u2019interdit, dans l\u2019impensable v\u00e9rit\u00e9 qui pars\u00e8me votre histoire.<\/p>\n<p>Un th\u00e9rapeute n\u2019est ni un ami, ni un confident, ni un fr\u00e8re ou une soeur, ni un p\u00e8re ni une m\u00e8re, il est un peu tout cela \u00e0 la fois. Nous allons plus loin \u00e9voquer le transfert mais aussi le contre-transfert, ce qu\u2019il est important pour le th\u00e9rapeute aussi d\u2019oser dire, ce qu\u2019il sent en lui lorsqu\u2019il y a face \u00e0 lui une histoire, un \u00eatre dans une grande souffrance, l\u2019importance de ne pas fuir, de savoir accueillir, entendre et comprendre cette histoire.<\/p>\n<p>Un th\u00e9rapeute est avant tout un humain (homme ou femme), il a une vie, comme vous. Il a des soucis comme vous. Il n\u2019est pas tout-puissant.<\/p>\n<p>Nous nous sommes interrog\u00e9s tous les deux, apr\u00e8s des ann\u00e9es de travail th\u00e9rapeutique en individuel et en groupe, et surtout apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et aussi apr\u00e8s avoir vu lors de r\u00e9actions de nos confr\u00e8res et coll\u00e8gues, pourquoi certains th\u00e9rapeutes restaient encore inf\u00e9od\u00e9s \u00e0 un syst\u00e8me qui maintient les individus dans l\u2019infantilisme et l\u2019abrutissement. Depuis des ann\u00e9es, une r\u00e9pression morale et psychique s\u2019est sournoisement install\u00e9e, cautionn\u00e9e par des th\u00e9rapeutes calfeutr\u00e9s dans leurs habitudes et leurs peurs, dans leur toute-puissance et leur savoir. Au nom des bonnes moeurs, de la morale, du protectionnisme d\u2019\u00c9tat ou du politiquement correct, nos libert\u00e9s de pens\u00e9e, de parole et d\u2019opinion sont de plus en plus asservies. L\u2019\u00c9tat-providence met en place un syst\u00e8me de pens\u00e9e unique tout en utilisant la soci\u00e9t\u00e9 de consommation pour garder le peuple (et les acteurs de la sant\u00e9) dans la d\u00e9pendance et l\u2019immaturit\u00e9. Le syst\u00e8me socioculturel utilise la peur, de mani\u00e8re savamment orchestr\u00e9e, \u00e0 faibles doses, avec des boucs \u00e9missaires, car \u00e0 trop grandes doses cela deviendrait dangeureux et risquerait d\u2019\u00e9veiller les consciences. Dans l\u2019absolu, les th\u00e9rapeutes qui d\u00e9fendent la libert\u00e9 doivent tout mettre en oeuvre pour que chaque individu acc\u00e8de \u00e0 sa v\u00e9rit\u00e9 et \u00e0 sa capacit\u00e9 de juger et raisonner, dans la seule limite du respect de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Des peurs sous toutes leurs formes sont utilis\u00e9es contre le peuple gr\u00e2ce \u00e0 la manipulation m\u00e9diatique ; or, la peur appelle la peur et le cercle vicieux que cela engendre permet de maintenir l\u2019individu dans un syst\u00e8me carc\u00e9ral de pens\u00e9e et ainsi, de maintenir la pens\u00e9e unique. Nous voyons de plus en plus des personnes arrivant avec un sympt\u00f4me quel qu\u2019il soit et sous quelque forme que ce soit, li\u00e9 \u00e0 une influence du pass\u00e9, mais aussi de la violence du milieu socioculturel.<\/p>\n<p>Les gens viennent avec une seule id\u00e9e en t\u00eate : vouloir obtenir une r\u00e9ponse \u00e0 leur probl\u00e9matique dans l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9. Ils ne savent pas \u00eatre dans l\u2019attente.<br \/>\n<em>\u00ab Je veux maintenant et pas demain, donnez-moi la recette magique pour sauver mon couple, pour sauver ma bo\u00eete \u00bb, \u00ab Mais vous, voulez-vous \u00eatre sauv\u00e9 ? \u00bb<\/em> L\u2019avoir absolu, sans passer dans l\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>Pourquoi ? Pour qui ? \u00c0 quoi cela sert-il ?<br \/>\n<em>\u00ab Je ne comprends pas, pendant trente ans on \u00e9tait heureux et maintenant, maintenant, elle ne me d\u00e9sire plus\u2026 donnez-moi la r\u00e9ponse \u00e0 cette question\u2026 \u00bb<\/em> La r\u00e9ponse va \u00eatre simple : et si pendant trente ans vous aviez v\u00e9cu dans un leurre, et qu\u2019aujourd\u2019hui vous voyez le leurre face \u00e0 vous car, gr\u00e2ce \u00e0 internet, aux informations diverses, aux diff\u00e9rentes technologies, on assiste \u00e0 une fr\u00e9n\u00e9sie pessimiste, qui n\u2019est qu\u2019un ramassis de sornettes pour abrutir l\u2019humain et le laisser dans la pens\u00e9e que rien ne va plus&#8230; Faites vos jeux !<\/p>\n<p>Ils veulent avoir et ne sont pas dans l\u2019\u00eatre. Ils veulent que le th\u00e9rapeute sorte une baguette magique et r\u00e8gle le probl\u00e8me d\u2019un simple \u00ab abracadabra \u00bb. Ils sont dans la pens\u00e9e magique qu\u2019en une s\u00e9ance il est possible de r\u00e9soudre le probl\u00e8me qu\u2019il prom\u00e8ne tr\u00e8s souvent avec eux, et qui n\u2019est pas n\u00e9 de la veille ou le matin en se r\u00e9veillant, mais un probl\u00e8me profond que nous en tant que th\u00e9rapeutes ne pouvons \u00ab balayer \u00bb en une fraction de seconde. L\u2019impatience est le d\u00e9faut de nos patients, ils ne savent pas comprendre que leur travail de th\u00e9rapie est long, ce chemin th\u00e9rapeutique se fait durant plusieurs ann\u00e9es, tr\u00e8s souvent le travail ne commence \u00e0 porter ses fruits qu\u2019\u00e0 la deuxi\u00e8me, voire au d\u00e9but de la troisi\u00e8me ann\u00e9e de travail. Il peut se faire sur cinq ans et m\u00eame bien plus, mais aujourd\u2019hui dans la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 il est facile d\u2019avoir, il faut que le th\u00e9rapeute soit dans cette m\u00eame optique (un cr\u00e9dit \u00e0 la consommation s\u2019obtient souvent en 5-10 minutes, ou en quelques clics). Or, un travail th\u00e9rapeutique doit se r\u00e9aliser sur du long terme.<\/p>\n<p>Nous sommes en mesure d\u2019accompagner des personnes pr\u00eates \u00e0 s\u2019acheminer vers un changement. Mais ce changement fait peur, comme la mort fait peur, elle terrifie et de ce fait l\u2019homme ne veut plus mourir, il veut \u00eatre \u00e9ternel \u2013 merci \u00e0 certains Dracula ou autres vampires de vouloir inculquer des pens\u00e9es de vies \u00e9ternelles. La mort est naturelle, elle fait partie de la vie. Nous naissons pour mourir, nous naissons pour vivre, nous naissons pour quelque chose, mais s\u00fbrement pas pour le plaisir de faire plaisir \u00e0 nos parents. Il ne s\u2019agit pas de nourrir le fantasme des parents. \u00c0 quoi cela peut-il bien servir de faire des enfants, si ce n\u2019est d\u2019y trouver une forme de nourriture pour soi, une forme de s\u00e9curit\u00e9 pour soi, de s\u2019affranchir de la peur de mourir, de pouvoir laisser quelque chose. Or, on ne fait pas un enfant comme on ach\u00e8te un jeune chiot, la vie d\u2019un enfant ne dure pas en moyenne seize ans, mais bien plus. Un enfant demande de l\u2019attention, l\u2019enfant doit apprendre aussi \u00e0 devenir un adulte, avoir confiance en lui, savoir accepter la frustration, savoir aimer, vivre.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, dans notre soci\u00e9t\u00e9 de consommation, nous consommons nos enfants, nous les achetons, et nous osons parfois nous indigner \u00ab Oh c\u2019est honteux, dans tel ou tel pays les parents vendent leur enfant \u00bb. Mais que fait notre soci\u00e9t\u00e9, elle les ach\u00e8te. Exactement comme l\u2019on montre une carotte \u00e0 un \u00e2ne pour qu\u2019il avance, il suffit de montrer ce qui brille \u00e0 un enfant pour qu\u2019il le veuille. Alors vouloir, avoir, obtenir, voil\u00e0 le devenir des enfants. Mais dans ce cas, on peut se poser la question de savoir o\u00f9 se trouvent leur ind\u00e9pendance, leur possibilit\u00e9 de choix, leur libre arbitre.<\/p>\n<p>Il y a des bases \u00e0 inculquer \u00e0 ses enfants, si ces bases sont coh\u00e9rentes, elles seront respect\u00e9es et comprises par l\u2019enfant, surtout en grandissant, mais quand l\u2019enfant, l\u2019adolescent et le jeune adulte sentent que les parents sont d\u00e9faillants, ils vont jouer avec, ils vont tester comme testent les petits enfants entre trois et six ans, et nous pouvons voir que finalement ce sont les enfants qui remportent sur l\u2019adulte. Une m\u00e8re qui laisse tout faire, et finalement va discr\u00e9diter le p\u00e8re, \u00e0 quoi cela lui sert-il ? \u00c0 se servir de ses enfants, pour r\u00e9gler ses propres conflits avec ses parents, ces conflits qu\u2019elle n\u2019a pu r\u00e9gler et qui se g\u00e8rent au sein du couple, car nous ne rejouons que nos rapports parentaux dans nos couples, au sein de nos entreprises, dans nos cercles d\u2019amis, nous ne sommes que transferts et projections. Parfois, vous pouvez tester quelqu\u2019un que vous ne connaissez pas, que vous croisez juste parce que cette personne vous renvoie \u00e0 votre m\u00e8re, \u00e0 votre grand-m\u00e8re ou un p\u00e8re ou une tante\u2026 Que vous a fait cette personne, rien, mais que vous a fait la cellule familiale, tout. Elle d\u00e9truit, elle vous r\u00e9duit, comme le fait si subtilement la soci\u00e9t\u00e9 qui vous ram\u00e8ne \u00e0 l\u2019enfant. Notre pays (la France) infantilise son peuple. Nous voulons \u00e9voluer, mais nous n\u2019\u00e9voluons pas, nous sommes rest\u00e9s tr\u00e8s primaires.<\/p>\n<p>Nous sommes une soci\u00e9t\u00e9 anxiog\u00e8ne o\u00f9 l\u2019on cultive la peur, o\u00f9 tout est danger. Nous voyons les gens conditionn\u00e9s par la peur, par des appr\u00e9hensions et des croyances entretenues par le syst\u00e8me socioculturel et politique qui vous laissent dans une forme de m\u00e9diocrit\u00e9 et d\u2019immaturit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une forme d\u2019\u00e9tat qui se montre providence, qui utilise la consommation, la peur et les interdits pour manipuler.<\/p>\n<p>Nous ne sommes pas directement confront\u00e9s \u00e0 une situation de guerre au sein de notre pays. Nous avons la sensation de ma\u00eetriser nos pens\u00e9es, nos jugements et nos actions puisque nous vivons en d\u00e9mocratie, et pourtant ce n\u2019est pas le cas ! N\u2019y a-t-il pas urgence \u00e0 r\u00e9former un syst\u00e8me o\u00f9 ce qui est bon pour l\u2019homme mais mauvais pour les gros groupes industriels et les groupes de pression est pass\u00e9 sous silence, \u00e0 oser dire que la th\u00e9rapie n\u2019est pas un outil magique, que c\u2019est un outil qui d\u00e9range car risquant d\u2019aider les individus \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir par eux-m\u00eames, \u00e0 oser dire aux th\u00e9rapeutes qu\u2019ils sortent de leurs peurs, \u00e0 oser dire que les th\u00e9rapies magiques ne rapportent qu\u2019aux marchands de r\u00eaves ? Nous voulons oser un livre qui d\u00e9range et fasse r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n<p>Est-il acceptable de parler de th\u00e9rapies de mani\u00e8re strictement scientifique et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e sans prendre part au d\u00e9bat qui concerne ses buts et ses objets ? On remarquera que la notion de normalit\u00e9 revient souvent, faisant alors r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des normes socioculturelles et \u00e0 des crit\u00e8res contestables de normalit\u00e9 \u201cstatistique\u201d. L&rsquo;\u00e9ducation, la morale&#8230; semblent vouloir assujettir l\u2019individu \u00e0 une norme \u201cb\u00e9n\u00e9fique\u201d pr\u00e9tendue majoritaire et le soumettre \u00e0 des r\u00e8gles de \u201cbon fonctionnement\u201d. Toute tentative de personnalisation peut prendre figure d&rsquo;anti-norme. Sans r\u00e9pression excessive, l\u2019intelligence individuelle devient possible.<\/p>\n<p>Sachant que le choix d&rsquo;une profession ne se fait pas au hasard, nous pouvons imaginer ce qui se passe dans la t\u00eate et dans le corps d&rsquo;un th\u00e9rapeute insuffisamment form\u00e9 et n&rsquo;ayant pas fait de travail analytique sur lui-m\u00eame, surtout s\u2019il peut se r\u00e9fugier derri\u00e8re des dipl\u00f4mes universitaires lui permettant de se mettre en position de toute-puissance. Rassur\u00e9 par une formation universitaire, souvent insuffisante dans le domaine de la th\u00e9rapie, tributaire de sa probl\u00e9matique, inf\u00e9od\u00e9 au syst\u00e8me et ayant peur de ses fantasmes, le th\u00e9rapeute mettra en place des options th\u00e9rapeutiques organis\u00e9es autour de ce qu&rsquo;il pense plut\u00f4t que de ce qui est bon pour son patient.<\/p>\n<p>Si l\u2019on veut \u201cgu\u00e9rir\u201d \u2013 ce qui est un leurre, aucun th\u00e9rapeute n\u2019a le pouvoir de gu\u00e9rir \u2013, seul le patient, dans l\u2019intimit\u00e9 du dialogue avec un th\u00e9rapeute, peut aider et guider, d\u00e9cider les changements qui seront bons pour lui. Ainsi, il faut s&rsquo;attaquer aux causes, aux vraies causes, celles qui ont entra\u00een\u00e9 les sympt\u00f4mes, celles qui sont dans le monde ext\u00e9rieur. Il revient donc au th\u00e9rapeute d\u2019aider le patient \u00e0 faire la part entre les sympt\u00f4mes et le psychologique, d&rsquo;\u00e9valuer le rapport entre les deux et la partie pr\u00e9pond\u00e9rante, de reconsid\u00e9rer la d\u00e9marche dans son sens (sens infantile : permission, toute-puissance, pens\u00e9e magique\u2026 ; sens adulte : d\u00e9sir de confrontation, un miroir\u2026). Le sympt\u00f4me est souvent une protection qui fait moins souffrir que ne le ferait l&rsquo;angoisse sans le sympt\u00f4me ; il est donc le moins mauvais compromis possible dans les conditions o\u00f9 se trouve le patient.<\/p>\n<p>Face au socialement et au politiquement correct, les th\u00e9rapies sont subversives.<br \/>\nL\u2019individu et surtout les enfants, dans un monde o\u00f9 les possibilit\u00e9s de changement des mentalit\u00e9s tra\u00eenent, dans un monde o\u00f9 l\u2019homme devient objet des peurs, des croyances, de la consommation, du para\u00eetre contre l\u2019\u00catre, dans un monde qui l\u2019enferme dans la pens\u00e9e unique, dans un monde manipul\u00e9 par les m\u00e9dias, les pouvoirs politiques et les trusts industriels (agroalimentaires, pharmaceutiques, etc.), dans un monde qui enferme l\u2019individu dans le mat\u00e9riel r\u00e9primant de plus en plus le plaisir et la spiritualit\u00e9, il est n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019homme de retrouver son individualit\u00e9 et de redonner un sens \u00e0 sa vie, de modifier ses comportements pour acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e9panouissement et de pouvoir acc\u00e9der \u00e0 la compr\u00e9hension de son existence pour sortir de l\u2019abrutissement et de la m\u00e9diocrit\u00e9 dans lequel le syst\u00e8me socioculturel le contient. Tels devraient \u00eatre les projets du processus th\u00e9rapeutique qui, de par ses projets m\u00eames am\u00e8nerait certains esprits chagrins et bourgeois \u00e0 confondre th\u00e9rapies et sectes. Ce dernier terme tr\u00e8s \u00e0 la mode permet de cr\u00e9er, comme \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019on torturait et br\u00fblait les h\u00e9r\u00e9tiques et les sorci\u00e8res, d\u2019entretenir la peur en trouvant des boucs \u00e9missaires.<\/p>\n<p>Le th\u00e9rapeute, qu\u2019il parle ou non, risque de faire surgir une chose monstrueuse qui remettrait en cause les bases essentielles d\u2019un syst\u00e8me socioculturel et \u00e9ducatif dans lequel nous vivons et qui a mis des ann\u00e9es \u00e0 modeler l\u2019individu. Ainsi donc, un th\u00e9rapeute \u201csubversif\u201d, viendrait tout \u00e0 coup aider un patient \u00e0 remettre en cause le syst\u00e8me, la famille, la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il vit, \u00e0 laquelle il doit tout. Le th\u00e9rapeute am\u00e8nerait donc son patient \u00e0 la r\u00e9volution dans le seul objectif : lui permettre de quitter une forme d\u2019infantilisme.<\/p>\n<p>Le th\u00e9rapeute est-il un observateur ou un acteur social ? A-t-il un r\u00f4le politique ? Le th\u00e9rapeute doit-il avoir une conscience sociopolitique ? Comment peut-il autoriser ses patients \u00e0 acc\u00e9der au plaisir et \u00e0 d\u00e9passer la culpabilit\u00e9 pour conqu\u00e9rir une v\u00e9ritable libert\u00e9 ; comment les d\u00e9barrasser du poids des interdits et des tabous ; comment les sortir d\u2019un masochisme \u00e9ducatif et culturel socialement entretenu ?<\/p>\n<p>Nous voyons se mettre en place une nouvelle forme de soci\u00e9t\u00e9 de consommation qui masque les besoins profonds li\u00e9s aux carences infantiles et ainsi \u00e9loigne de la corporalit\u00e9 (corpus feeling to be). Les th\u00e9rapies pourraient aider les individus \u00e0 enfin faire surgir l&rsquo;\u00catre qui est en eux et qui trouverait un sens \u00e0 ce qu&rsquo;il est. Mais cet \u00catre serait-il politiquement acceptable ?<\/p>\n<p>Le champ \u00e9pist\u00e9mologique que parcourent les sciences humaines nous montre que nulle philosophie, nulle option politique ou morale, nulle science quelle qu\u2019elle soit, nulle observation du corps et de la psych\u00e9 humaine, nul d\u00e9cryptage de la sensation, de l\u2019imagination ou des passions n\u2019a jamais p\u00fb analyser l\u2019homme, car ce dernier ne peut pas exister en tant qu\u2019objet d\u2019exp\u00e9rimentation. Les sciences ne sont apparues que lorsque les rationalistes, press\u00e9s par des int\u00e9r\u00eats scientifiques et politiques, ont d\u00e9cid\u00e9 de faire passer l\u2019homme au rang des objets scientifiques. En partant de cette id\u00e9e de M. Foucault dans Les Mots et les Choses, il nous appara\u00eet clairement que la th\u00e9rapie doit s\u2019adresser \u00e0 l\u2019homme, non pas dans sa dimension d\u2019objet d\u2019exp\u00e9rimentation, mais dans sa dimension d\u2019\u00catre qui vit, qui a des besoins et des fonctions dans un monde qu\u2019il ne fait qu\u2019habiter. In fine, nous parlons l\u00e0 d\u2019un homme parlant et capable de se construire divers espaces d\u2019expression symbolique et imaginaire, d\u2019un homme qui accepte de grandir. Ainsi la th\u00e9rapie ne peut pas avoir comme projet la gu\u00e9rison et encore moins comme objet l\u2019homme social. Nous pouvons donc concevoir que la th\u00e9rapie ne s\u2019\u00e9labore pas uniquement \u00e0 partir de strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques, d\u2019outils th\u00e9rapeutiques et de concepts scientifiques. Elle est en perp\u00e9tuelle confrontation avec d\u2019un c\u00f4t\u00e9 l\u2019image et le projet de l\u2019\u00catre et de l\u2019autre avec la r\u00e9alit\u00e9 illusoire et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re d\u2019un th\u00e9rapeute et de sa pratique. La th\u00e9rapie devient un lieu d\u2019\u00e9change avec un th\u00e9rapeute qui n\u2019est qu\u2019un \u00eatre humain et non plus le cadre de pouvoir d\u2019un th\u00e9rapeute qui se voudrait tout-puissant. \u00ab Il faudra lutter contre l\u2019historialit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience, contre l\u2019historicit\u00e9 m\u00eame du rationnel \u00bb (L\u2019activit\u00e9 rationaliste de la physique contemporaine, G. Bachelard).<br \/>\nLes th\u00e9rapies qui ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es par l\u2019homme, en constituant un syst\u00e8me sociopolitique et constitu\u00e9 lui-m\u00eame par un mod\u00e8le socioculturel et socio\u00e9ducatif, ne doivent pas devenir l\u2019arme m\u00eame du mod\u00e8le \u00e0 prot\u00e9ger. D&rsquo;ailleurs, au cours de toutes les \u00e9poques, les soci\u00e9t\u00e9s et leurs repr\u00e9sentants ont voulu faire taire les th\u00e9rapeutes car ils ont quelque part la parole qui quelque part d\u00e9range quelque chose dans le syst\u00e8me social admis par les uns ou par les autres. Que cherchons-nous ? une forme de v\u00e9rit\u00e9 ou bien la complicit\u00e9 avec un syst\u00e8me social destructeur pour l&rsquo;enfant et l\u2019individu.<\/p>\n<p>Les th\u00e9rapeutes doivent avoir une fonction d&rsquo;\u00e9ducation, de pr\u00e9vention, de protection de l&rsquo;enfance et de la personne humaine dans tout ce qu&rsquo;elle a de plus important : sa dignit\u00e9, sa libert\u00e9 et la primaut\u00e9 du respect de la personne humaine. Or il appara\u00eet, sur le plan politique, l&rsquo;obligation pour les pouvoirs publics de maintenir la r\u00e9pression surtout sexuelle et intellectuelle, car celle-ci semble n\u00e9cessaire pour le maintien de l&rsquo;ordre social et \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Freud a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9 car il expliquait que de nombreuses maladies psychologiques et somatiques \u00e9taient le r\u00e9sultat de l&rsquo;oppression sociale. Notons aussi que Reich a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 pour ses id\u00e9es d&rsquo;avant-garde et de nombreux m\u00e9decins, psychiatres, th\u00e9rapeutes, etc., ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s pour avoir os\u00e9 remettre en cause le syst\u00e8me et les r\u00e8gles du syst\u00e8me.<\/p>\n<p>Dans cette nouvelle peste \u00e9motionnelle, les \u00ab\u00a0d\u00e9fenseurs d&rsquo;un nouvel ordre moral et d\u2019une pens\u00e9e unique\u00a0\u00bb ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019aider les institutions et les gouvernements \u00e0 lobotomiser le peuple pour le rendre manipulable. Ceux qui exigent une \u00ab\u00a0race pure de femmes et d&rsquo;hommes\u00a0\u00bb, ont trouv\u00e9 de nouvelles victimes. Triste vision des choses. Les th\u00e9rapeutes devront r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une approche th\u00e9rapeutique diff\u00e9rente tout en pr\u00e9servant leur adaptabilit\u00e9 au contexte social.<\/p>\n<p>Revenons \u00e0 des consid\u00e9rations plus scientifiques mais n\u00e9anmoins certainement r\u00e9volutionnaires. Aucun th\u00e9rapeute ne peut pr\u00e9tendre d\u00e9tenir la V\u00e9rit\u00e9 Th\u00e9rapeutique : tout savoir de son patient et si ce qu\u2019il exprime sur un mode verbal, corporel ou \u00e9motionnel est juste. Une th\u00e9rapie n\u2019est qu\u2019un lieu au sein duquel le patient, avec des mots et des m\u00e9taphores, va se construire une autre r\u00e9alit\u00e9, dans laquelle ce qu&rsquo;il vit va prendre sens.<\/p>\n<p>Une th\u00e9rapie ne doit pas \u00eatre la seule v\u00e9rit\u00e9 et chance de gu\u00e9rison, pas plus qu\u2019une th\u00e9orie scientifique doit \u00eatre \u00ab\u00a0vraie\u00a0\u00bb. Une th\u00e9rapie doit \u00eatre utile. Ce qui caract\u00e9rise et rassemble toutes les th\u00e9rapies, c&rsquo;est leur caract\u00e8re m\u00e9taphorique et leur pouvoir structurant de notre r\u00e9alit\u00e9 individuelle.<br \/>\nVoil\u00e0 en deux mots notre conception d&rsquo;une th\u00e9rapie : aider les patients \u00e0 devenir plus grands et \u00e0 cr\u00e9er des exp\u00e9riences sublimes, l\u00e0 o\u00f9 ils ne voyaient que des exp\u00e9riences d\u00e9plaisantes ou traumatisantes, les aider \u00e0 accepter leur folie et les aider \u00e0 la transcender gr\u00e2ce \u00e0 un lieu o\u00f9 le th\u00e9rapeute offrira un espace d\u2019accueil, d\u2019\u00e9thique et d\u2019\u00e9coute qui favorisera une mise en pr\u00e9sence de deux individus et qui ouvrira un espace de rencontre et de dialogue, un espace o\u00f9 le client pourra mettre du sens..<\/p>\n<p>\u00ab<em> Ne plus consid\u00e9rer une pens\u00e9e ou une id\u00e9e comme une v\u00e9rit\u00e9 apodictique mais la d\u00e9construire, l\u2019\u00e9prouver et l\u2019int\u00e9rioriser \u00e0 l\u2019aune du moi op\u00e9rant pour d\u00e9voiler dans cette recherche transcendantale ce qui me restait cach\u00e9 dans mon humanit\u00e9.<\/em> \u00bb (Ado Huygens).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/photo-angelique-veillard-sm.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-4647\" title=\"photo-angelique-veillard-sm\" src=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/photo-angelique-veillard-sm.jpg\" alt=\"\" width=\"255\" height=\"244\" \/><\/a>Ainsi toute th\u00e9rapie dans laquelle le th\u00e9rapeute s\u2019implique est dangereuse pour la soci\u00e9t\u00e9 puisqu\u2019elle donne au patient la possibilit\u00e9 de devenir adulte, de juger et de ne plus accepter, de faire des choix qui lui conviennent, des choix qui ne sont pas toujours socialement ou politiquement admis.<br \/>\nPar cons\u00e9quent, un th\u00e9rapeute ne doit pas imposer ses r\u00e9f\u00e9rences, ses mod\u00e8les et ses croyances. Le seul garant, permettant de penser qu\u2019il est ou sera un bon guide est sa propre th\u00e9rapie, la qualit\u00e9 de sa formation et un cadre permanent de supervision et d\u2019implication personnelle dans lequel il puisse en permanence \u00eatre dans sa folie et la transcender.<\/p>\n<p>(1) Structure \u00e9l\u00e9mentaire de la parent\u00e9, P.U.F., 1949.<\/p>\n<p><em><strong>Ang\u00e9lique Dietrich<\/strong><\/em><br \/>\nPsychosomatoanalyste, Sexologue, \u00e9crivain, Coach, Auteur. Membre de la F\u00e9d\u00e9ration Fran\u00e7aise des Psychosomatoth\u00e9rapeutes et de l\u2019Ordre National des Sexologues, Directrice du Centre Mosa\u00efque Paris.<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/sexologue\/paris\/angelique-dietrich.html\">https:\/\/www.psycho-ressources.com\/sexologue\/paris\/angelique-dietrich.html <\/a><\/p>\n<a href='http:\/\/twitter.com\/share' class='twitter-share-button' data-text='Une Th\u00e9rapie : Pourquoi ?' data-url='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/?p=4645' data-counturl='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/pourquoi-une-therapie\/' data-count='horizontal' data-via='LesPSY'>Tweet<\/a>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une Th\u00e9rapie : Pourquoi ? Par Ang\u00e9lique Dietrich (Un texte d\u2019un livre \u00e0 para\u00eetre \u00e9crit en collaboration avec Erick Dietrich.) On ne saurait commencer\u00a0sans nous interroger sur les raisons qui nous ont pouss\u00e9 \u00e0 \u00e9crire un \u00e9ni\u00e8me livre qui va &hellip; <a href=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/pourquoi-une-therapie\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-4645","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites-psychologie"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4645","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4645"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4645\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8683,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4645\/revisions\/8683"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4645"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4645"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4645"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}