{"id":4249,"date":"2013-08-21T22:18:54","date_gmt":"2013-08-22T02:18:54","guid":{"rendered":"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/?p=4249"},"modified":"2022-04-21T14:53:18","modified_gmt":"2022-04-21T18:53:18","slug":"la-violence-faite-aux-hommes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/la-violence-faite-aux-hommes\/","title":{"rendered":"La violence faite aux hommes"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/image-homme-battu.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-4250\" title=\"image-homme-battu\" src=\"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/image-homme-battu.jpg\" alt=\"\" width=\"293\" height=\"360\" \/><\/a>Aborder le th\u00e8me de la violence f\u00e9minine exerc\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre des hommes est un sujet extr\u00eamement d\u00e9licat qui soul\u00e8ve de fortes r\u00e9actions \u00e9motives influenc\u00e9es par le pr\u00e9jug\u00e9 de \u00ab l\u2019homme violent et la femme victime \u00bb et du tabou de \u00ab la femme violente et de l\u2019homme victime \u00bb. Tous ceux et celles qui ont os\u00e9 abord\u00e9 ce th\u00e8me se sont fait accus\u00e9s de minimiser la violence faite aux femmes, d\u2019\u00eatre anti-f\u00e9ministe, d\u2019\u00eatre masculiniste et m\u00eame misogyne. Comme si le fait de parler d\u2019un sexe voulait n\u00e9cessairement dire que l\u2019on est contre l\u2019autre sexe, que l\u2019on alimente la guerre des sexes et qu\u2019on g\u00e9n\u00e9ralise \u00e0 l\u2019ensemble des femmes la violence de quelques femmes.<\/p>\n<p>Je pr\u00e9cise donc d\u00e8s le d\u00e9part que, pour moi, une seule femme battue est une femme battue de trop. Il n\u2019y a aucune justification possible au fait qu\u2019une femme soit battue dans un contexte conjugal, comme il n\u2019y a aucune justification \u00e0 ce qu\u2019un homme soit battu. Et pourtant, c\u2019est la r\u00e9alit\u00e9. L\u2019homme battu physiquement est un impensable social (1)\u00a0 : c\u2019est pourquoi nous avons tous de la difficult\u00e9 a accept\u00e9 cette r\u00e9alit\u00e9 pourtant de plus en plus document\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Imaginez les sc\u00e8nes suivantes (2):<\/strong><br \/>\n1. Vous \u00eates dans un endroit public et vous voyez une femme gifler un homme. Quelle sera votre premi\u00e8re pens\u00e9e ?<br \/>\n2. Toujours en public, vous apercevez un homme et une femme en train de se battre ? Qui d\u00e9fendrez-vous, si vous vous interposez ?<br \/>\n3. Vous appelez la police parce que vous entendez des hurlements dans l\u2019appartement d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9. Qui croyez-vous que les policiers vont menotter et conduire en prison ?<br \/>\n4. Prenez le risque de dire autour de vous que votre amie ou votre femme vous bat et observez les r\u00e9actions.<br \/>\n5. Dites autour de vous qu\u2019il y a autant de femmes violentes que d\u2019hommes violents.<br \/>\n6. Comment croyez-vous que les intervenants d\u2019un CLSC vont r\u00e9agir si un homme leur d\u00e9clare qu\u2019il est battu par sa femme depuis des ann\u00e9es ?<br \/>\n7. Demandez autour de vous si les gens connaissent des hommes battus.<\/p>\n<p>R\u00e9pondez spontan\u00e9ment et honn\u00eatement \u00e0 ces questions, osez faire les exp\u00e9riences sugg\u00e9r\u00e9es et vous saurez ce qu\u2019est un pr\u00e9jug\u00e9 et un tabou.<\/p>\n<p>Maintenant, rappelez-vous par qui, papa ou maman, vous avez vous-m\u00eame \u00e9t\u00e9 battu, si tel est le cas. Vous-m\u00eame, que vous soyez homme ou femme, avez-vous d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 gifl\u00e9, pouss\u00e9, \u00e9gratign\u00e9, pinc\u00e9, rou\u00e9 de coups de poing ou de pied\u2026 par une amie ou par une conjointe ? Vous a-t-on d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 des objets par la t\u00eate ? Regardez autour de vous et \u00e9coutez.<\/p>\n<p><strong>La d\u00e9finition de la violence conjugale<\/strong><\/p>\n<p>La violence conjugale est une tentative intentionnelle d\u2019un partenaire \u00e0 ma\u00eetriser l&rsquo;autre partenaire ou \u00e0 l&rsquo;intimider. Le couple peut \u00eatre mari\u00e9 ou ne pas l&rsquo;\u00eatre, et les partenaires peuvent \u00eatre du m\u00eame sexe. Une personne peut \u00eatre victime de plus d&rsquo;une forme de violence.<\/p>\n<p>La travailleuse sociale suisse Sophie Torrent, dans son livre L\u2019homme battu, rapporte cinq types de violence :<\/p>\n<p><strong>1. La violence physique<\/strong> : Il s\u2019agit d\u2019une atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 corporelle. Elle comprend l\u2019ensemble des atteintes physiques au corps de l\u2019autre.<br \/>\n<strong>2. La violence sexuelle :<\/strong> Elle comprend l\u2019atteinte ou la tentative d\u2019atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 sexuelle. Elle correspond au fait d\u2019imposer son d\u00e9sir sexuel au partenaire, d\u2019influencer par la violence la relation sexuelle.<br \/>\n<strong>3. La violence psychologique :<\/strong> Il s\u2019agit de l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 psychique, toute action qui porte atteinte ou essaie de porter atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 psychique ou mentale de l\u2019autre (son estime de soi, sa confiance en soi et son identit\u00e9 personnelle).<br \/>\n<strong>4. La violence verbale :<\/strong> Elle comprend le contenu des paroles et le mode de communication, parfois r\u00e9v\u00e9lateur de violence, qui consiste \u00e0 humilier l\u2019autre par des messages de m\u00e9pris, d\u2019intimidation ou de menaces d\u2019agression physique.<br \/>\n<strong>5. La violence \u00e9conomique :<\/strong> Elle se traduit par le contr\u00f4le \u00e9conomique ou professionnel de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Dans cet article, je ne parle que de la violence physique, laquelle comprend les gestes suivants : le fait de frapper, de donner des coups de poing, de battre, de pousser, de pincer, de donner des coups de pied, d&rsquo;infliger des br\u00fblures, de tirer du fusil, de poignarder, de couper quelqu&rsquo;un ou de le tuer. Du point de vue de la loi, la violence physique est consid\u00e9r\u00e9e comme une voie de fait. Une personne commet une voie de fait lorsqu&rsquo;elle utilise la force intentionnelle ou qu&rsquo;elle tente d&rsquo;utiliser la force contre une personne et contre son gr\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Des statistiques surprenantes<\/strong><\/p>\n<p>Pour la majorit\u00e9 des gens, parler d\u2019hommes battus est incroyable, inconcevable ou, pire, risible. Lorsque, autour de moi, je rapporte les statistiques officielles concernant la violence faite aux hommes, on a peine \u00e0 me croire. Le sujet est tabou. Les m\u00e9dias n\u2019en parlent pas, sauf \u00e0 de tr\u00e8s rares exceptions. Tous mes coll\u00e8gues psychologues \u00e0 qui j\u2019ai demand\u00e9 des r\u00e9f\u00e9rences sur le sujet n\u2019en connaissaient pas et la majorit\u00e9 ne savait pas qu\u2019il en existait.<\/p>\n<p>Bas\u00e9 sur les rapports de police ou les statistiques d\u2019agences en service social, il y aurait de 12 \u00e0 15 femmes battues pour un homme victime de violence conjugale. Ces rapports ne d\u00e9crivent pas la r\u00e9alit\u00e9, car ils ne compilent que les cas qui ont fait l\u2019objet de plaintes et non pas tous les cas de violence conjugale. Ces rapports ne d\u00e9crivent pas la r\u00e9alit\u00e9 parce que les hommes vont rarement d\u00e9clarer \u00e0 la police ou \u00e0 un travailleur social qu\u2019ils viennent de se faire battre par leur femme. Ils ont peur du ridicule, avec raison.<\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on compare, par contre, les statistiques officielles concernant les meurtres entre \u00e9poux (qui eux sont tous compil\u00e9s), l\u2019on sait depuis plus de 50 ans que la diff\u00e9rence est minime. Des \u00e9tudes r\u00e9centes d\u00e9montrent un ratio de 1.3 femmes assassin\u00e9es par son conjoint contre 1.0 homme. En fait, toutes les \u00e9tudes statistiques repr\u00e9sentatives de la population prouvent que la violence conjugale des femmes envers leur conjoint est en hausse, alors que celle des hommes envers leur conjointe est en baisse. Et cela est particuli\u00e8rement vrai pour la violence s\u00e9v\u00e8re, m\u00eame si les m\u00e9dias publicisent davantage les meurtres commis par les hommes. Un mari assassinant sa femme fera la Une, surtout si, en plus, il tue ses enfants, alors que l\u2019inverse est inscrit dans les faits divers.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e de la violence f\u00e9minine \u00e0 l\u2019endroit des hommes est difficile \u00e0 accepter parce qu\u2019elle va \u00e0 l\u2019encontre du st\u00e9r\u00e9otype. Comment une \u00ab faible femme \u00bb pourrait-elle \u00eatre l\u2019initiatrice de comportements violents envers son conjoint, fort et plein de muscles ? Entretenir le mythe de la \u00ab faible femme victime de l\u2019homme violent \u00bb manifeste non seulement, \u00e0 mon avis, une attitude m\u00e9prisante envers les femmes, mais c\u2019est aussi faire fi des r\u00e9alit\u00e9s suivantes\u00a0 :<\/p>\n<p>1. Le rapport de Daly &amp; Wilson, en 1988, bas\u00e9 sur les statistiques canadiennes, d\u00e9montre que 54 % des meurtres des enfants sont perp\u00e9tr\u00e9s par les m\u00e8res. D\u2019autres statistiques anglaises et am\u00e9ricaines arrivent aux m\u00eames conclusions. De plus, les gar\u00e7ons sont tu\u00e9s une fois et demie plus souvent que les filles, soit trois gar\u00e7ons pour deux filles. L\u2019autre personne la plus susceptible de tuer un enfant est le nouvel amant de la m\u00e8re. C\u2019est avec son p\u00e8re naturel que l\u2019enfant est le plus en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>2. Les mauvais traitements inflig\u00e9s aux enfants sont le fait des m\u00e8res dans 57 \u00e0 61 % des cas selon le Statistical Abstract of the United States. On peut admettre que les m\u00e8res soient plus susceptibles d\u2019\u00eatre l\u2019initiatrice de mauvais traitements aux enfants parce que plus souvent en contact avec eux que leurs conjoints, mais on ne peut certainement pas parler de l\u00e9gitime d\u00e9fense.<\/p>\n<p>3. Que dire de la violence des couples lesbiens ? La psychologue Vallerie Coleman, dans sa th\u00e8se de doctorat, d\u00e9montre que 46 % des femmes membres de couples lesbiens ont v\u00e9cu des incidents violents \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition. Ce pourcentage est beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 si on le compare \u00e0 la violence des couples h\u00e9t\u00e9rosexuels. La violence des couples lesbiens est un sujet \u00e9videmment tr\u00e8s tabou puisqu\u2019il ne correspond pas \u00e0 l\u2019image de la \u00ab douce femme \u00bb.<\/p>\n<p>4. Des \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es sur la violence pr\u00e9-maritale d\u00e9montrent, l\u00e0 aussi, que les femmes ont plus souvent agress\u00e9 leur partenaire que l\u2019inverse. Les diff\u00e9rences sont de l\u2019ordre de 5 \u00e0 10 %, selon les \u00e9tudes.<\/p>\n<p>5. Les hommes \u00e2g\u00e9s sont aussi plus souvent victimes de violence conjugale que la femme \u00e2g\u00e9e.<\/p>\n<p>6. Lorsque interrog\u00e9es, 39 % des femmes mari\u00e9es ou en union libre admettent avoir menac\u00e9 ou maltrait\u00e9 physiquement leur conjoint, contre 26 % des hommes qui reconnaissent la m\u00eame chose.<\/p>\n<p>7. Des anthropologues (Malinoski, Mead) ont d\u00e9montr\u00e9 au cours de leurs observations la violence des femmes : des M\u00e9lan\u00e9siens sont viol\u00e9s par des groupes de femmes ; les Iroquoises arrachaient le c\u0153ur et le foie des ennemis attach\u00e9s au poteau ; des religieuses ont tortur\u00e9 les enfants de Duplessis ; des Tha\u00eflandaises forcent leurs filles \u00e0 se prostituer sous menace de tortures ; des m\u00e8res ferment les yeux, nient ou assistent \u00e0 l\u2019inceste de leurs fillettes ; l\u2019excision du clitoris est effectu\u00e9e par des femmes, transmettant ainsi cette tradition barbare ; des Pakistanaises approuvent leurs fils qui br\u00fblent leurs femmes \u00e0 l\u2019acide, quand ce ne sont pas elles qui ex\u00e9cutent cet acte barbare ; dans plusieurs cultures asiatiques, les femmes sont soumises \u00e0 leur belle-m\u00e8re, pas \u00e0 leur mari\u2026 Des hommes ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s par des femmes pour s\u2019\u00eatre oppos\u00e9s \u00e0 ces coutumes.<\/p>\n<p>8. L\u2019histoire de la criminalit\u00e9 comporte aussi de nombreuses tueuses en s\u00e9rie (3), quoique beaucoup moins nombreuses.<\/p>\n<p>9. Quoique les enl\u00e8vements d\u2019enfants par leur p\u00e8re soient davantage m\u00e9diatis\u00e9s, la r\u00e9alit\u00e9 est que, pour la d\u00e9cennie 1992 \u00e0 2001, 66 % des enfants enlev\u00e9s et amen\u00e9s en terre \u00e9trang\u00e8re le furent par leur m\u00e8re.<\/p>\n<p>Il existe actuellement plus de deux cents recherches scientifiques bas\u00e9es sur des \u00e9chantillons repr\u00e9sentatifs d\u00e9montrant que les deux sexes initient \u00e9galement la violence conjugale. Ces recherches sont mises de c\u00f4t\u00e9 parce que \u00ab politiquement embarrassantes \u00bb ou \u00ab non politically correct \u00bb.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, les strat\u00e8ges f\u00e9ministes r\u00e9futeront ces statistiques. Elles s\u2019en prennent m\u00eame parfois aux chercheurs qui ont r\u00e9alis\u00e9 ces \u00e9tudes. Suzanne K Steinmetz, M. A. Stauss et R. J Gelles qui arrivent \u00e0 la conclusion que \u00ab le crime le moins souvent rapport\u00e9 n\u2019est pas celui de la femme battue, mais plut\u00f4t celui de l\u2019homme battu \u00bb ont re\u00e7u des menaces verbales et des appels t\u00e9l\u00e9phoniques, menaces parfois adress\u00e9es \u00e0 leurs enfants. Un appel \u00e0 la bombe les emp\u00eacha un jour de donner une conf\u00e9rence sur le sujet. Quel paradoxe : des mouvements f\u00e9ministes anti-violence utilisant la violence pour faire passer leur message, au m\u00eame titre que les mouvements pro-vie vont assassiner des m\u00e9decins avorteurs.<\/p>\n<p><strong>La schismogen\u00e8se compl\u00e9mentaire<\/strong><\/p>\n<p>Pour de plus en plus d\u2019intervenants, la violence est la cons\u00e9quence d\u2019une dynamique relationnelle interactive due \u00e0 l\u2019incapacit\u00e9 des deux partenaires \u00e0 d\u00e9velopper une intimit\u00e9 empreinte de respect et d\u2019appr\u00e9ciation des diff\u00e9rences existant entre l\u2019homme et la femme. Comment expliquer, autrement, que la violence a tendance \u00e0 se r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un m\u00eame couple ? Comment expliquer qu\u2019une femme battue par un conjoint se retrouve avec un deuxi\u00e8me conjoint, parfois m\u00eame un troisi\u00e8me, qui exercera lui aussi de la violence ? En accusant tous les hommes d\u2019\u00eatre des violents (ou des violeurs) en puissance ? Ou en supposant une co-responsabilit\u00e9 des deux conjoints dans la construction d\u2019une situation qui m\u00e8ne immanquablement et inexorablement \u00e0 l\u2019explosion \u00e9motive et physique ?<\/p>\n<p>Est-ce si difficile d\u2019admettre qu\u2019en dehors des situations (2 \u00e0 3 %) o\u00f9 l\u2019agresseur(e) puisse \u00eatre mentalement et profond\u00e9ment perturb\u00e9(e), il y a toujours deux victimes dans les cas de violence conjugale (sans compter les enfants t\u00e9moins de cette violence) et deux co-cr\u00e9ateurs de cette escalade vers l\u2019explosion physique, peu importe le sexe de celui ou celle qui passe finalement \u00e0 l\u2019acte. Le refus ou la n\u00e9gation de cette double responsabilit\u00e9 constitue, \u00e0 mon avis, un obstacle \u00e0 la pr\u00e9vention de la violence conjugale.<\/p>\n<p>Gregory Bateson, dans La nature et la pens\u00e9e, a nomm\u00e9 \u00ab schismogen\u00e8se compl\u00e9mentaire \u00bb la r\u00e9action en cha\u00eene par laquelle la r\u00e9ponse de l\u2019un des partenaires \u00e0 la provocation de l\u2019autre entra\u00eene des comportements r\u00e9ciproques toujours plus divergents. Cette escalade se produit parce que les hommes et les femmes ont des sensibilit\u00e9s diff\u00e9rentes et des attentes et des croyances diff\u00e9rentes face au couple.<\/p>\n<p>Tant et aussi longtemps que les femmes ne prendront pas leur part de responsabilit\u00e9 dans la gen\u00e8se de la violence conjugale, elles resteront impuissantes, d\u00e9pendantes des changements de leur partenaire et soumises \u00e0 leur bonne volont\u00e9. Est-ce vraiment cela que les femmes d\u00e9sirent ? J\u2019ose croire que non. J\u2019ose croire que les femmes peuvent prendre conscience qu\u2019elles ont des besoins, des priorit\u00e9s et des ressources qui leur sont propres et qu\u2019elles prendront la responsabilit\u00e9 des strat\u00e9gies \u00e0 utiliser pour satisfaire ces besoins, faire valoir leurs priorit\u00e9s sans \u00ab sataniser \u00bb celles de l\u2019homme, et exploiter positivement leurs ressources au profit d\u2019elles-m\u00eames, du couple, de leurs enfants et de la vie en g\u00e9n\u00e9ral. Ne pourrait-on pas exploiter l\u2019expertise des centres d\u2019accueil pour femmes au profit des hommes battus et l\u2019expertise des groupes d\u2019entraide pour hommes violents au profit des femmes violentes ?<\/p>\n<p>Les f\u00e9ministes r\u00e9agissent fortement \u00e0 la responsabilisation de la femme dans le cycle de la violence, criant au lavage de cerveau cherchant \u00e0 culpabiliser la femme et lui faire croire que c\u2019est elle qui provoque la violence dont elle est victime. Non seulement cette r\u00e9action est parano\u00efde, mais, en refusant la part de responsabilit\u00e9 des femmes, cette attitude les convainc qu\u2019elles n\u2019ont aucun pouvoir sur la situation \u00e0 la source de la violence. Les hommes ne peuvent \u00eatre accus\u00e9s de garder les femmes dans la d\u00e9pendance si elles-m\u00eames ne se reconnaissent pas comme des \u00eatres autonomes, responsables de leurs conditions de vie et dignes de respect et d\u2019estime.<\/p>\n<p>Un certain discours f\u00e9ministe explique que la violence conjugale est la cons\u00e9quence d\u2019une domination patriarcale et qu\u2019il faut d\u00e9fendre les femmes, qui se responsabilisent dans la gen\u00e8se de la violence, contre elles-m\u00eames. Comme les f\u00e9ministes en g\u00e9n\u00e9ral acceptent cette analyse des rapports homme \u2013 femme bas\u00e9s sur un rapport de domination, elles n\u2019ont qu\u2019une seule issue : secouer leurs cha\u00eenes et encha\u00eener \u00e0 leur tour leurs soi-disant dictateurs. Ce qui ne m\u00e8ne nulle part, sauf \u00e0 la confrontation, comme dans la violence conjugale.<\/p>\n<p><strong>Mise en garde<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019objectif de cet article n\u2019est pas de partir un d\u00e9bat \u00e0 savoir lequel de l\u2019homme ou de la femme est le plus violent, mais plut\u00f4t de susciter une r\u00e9elle prise de conscience de toute la r\u00e9alit\u00e9 de la violence domestique afin, qu\u2019ensembles, hommes et femmes puissent arriver \u00e0 l\u2019\u00e9radiquer. Pour ce faire, il importe de conna\u00eetre les r\u00e9elles dimensions de cette violence plut\u00f4t que de rechercher un coupable \u00e0 punir ou une soi-disant victime \u00e0 d\u00e9fendre. Il importe d\u2019ouvrir les deux yeux sur la r\u00e9alit\u00e9 de la violence conjugale, pas seulement un.<\/p>\n<p>Saviez-vous que le mot agresseur est d\u00e9fini comme un adjectif et un nom masculins dans la plupart de nos dictionnaires, sauf dans Antidote.<\/p>\n<p><strong>NOTE<\/strong><br \/>\n&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br \/>\n1. Cette expression d\u2019impensable social vient de Sophie Torrent, auteure de L\u2019homme battu. Un tabou au c\u0153ur du tabou, publi\u00e9 chez Option Sant\u00e9 (Qu\u00e9bec) en 2002.<\/p>\n<p>2. Vous trouverez les r\u00e9f\u00e9rences des donn\u00e9es de ce texte \u00e0 travers les diff\u00e9rents documents compil\u00e9s \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.optionsante.com\/pdf\/LA_VIOLENCE_CONJUGALE.pdf\">http:\/\/www.optionsante.com\/pdf\/LA_VIOLENCE_CONJUGALE.pdf<\/a>, consult\u00e9 le 29 juillet 2013.<\/p>\n<p>3. Pour en savoir davantage : <a href=\"http:\/\/www.tueursenserie.org\/spip.php?article45\">http:\/\/www.tueursenserie.org\/spip.php?article45<\/a> et <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cat\u00e9gorie:Tueuse_en_s\u00e9rie\">http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cat\u00e9gorie:Tueuse_en_s\u00e9rie<\/a>, consult\u00e9s le 29 juillet 2013.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p><strong>Pour en savoir davantage:<br \/>\n<\/strong>Dallaire, Yvon, La violence faite aux hommes.<br \/>\nUne r\u00e9alit\u00e9 taboue et complexe, \u00c9d. Option Sant\u00e9, Qu\u00e9bec, 2002, 64 p.<\/p>\n<p>Torrent, Sophie, L\u2019homme battu. Un tabou au c\u0153ur du tabou, \u00c9d. Option Sant\u00e9, Qu\u00e9bec, 2002, 166 p.<\/p>\n<p><strong><em>Par Yvon Dallaire<br \/>\n<\/em><\/strong>&#8211; <a href=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/yvon-dallaire.html\">https:\/\/www.psycho-ressources.com\/yvon-dallaire.html<\/a><\/p>\n<a href='http:\/\/twitter.com\/share' class='twitter-share-button' data-text='La violence faite aux hommes' data-url='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/?p=4249' data-counturl='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/la-violence-faite-aux-hommes\/' data-count='horizontal' data-via='LesPSY'>Tweet<\/a>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aborder le th\u00e8me de la violence f\u00e9minine exerc\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre des hommes est un sujet extr\u00eamement d\u00e9licat qui soul\u00e8ve de fortes r\u00e9actions \u00e9motives influenc\u00e9es par le pr\u00e9jug\u00e9 de \u00ab l\u2019homme violent et la femme victime \u00bb et du tabou de &hellip; <a href=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/la-violence-faite-aux-hommes\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[18,13,15],"tags":[50,52,1815,1816,1817,858,1552,1676,264,36,1448],"class_list":["post-4249","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites-psychologie","category-articles-thematiques","category-problematiques-variees","tag-abus","tag-agression","tag-battu","tag-economique","tag-frapper","tag-homme","tag-physique","tag-prejuges","tag-sexuelle","tag-violence","tag-violent"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4249","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4249"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4249\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10729,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4249\/revisions\/10729"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4249"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4249"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4249"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}