{"id":4211,"date":"2013-08-02T16:42:55","date_gmt":"2013-08-02T20:42:55","guid":{"rendered":"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/?p=4211"},"modified":"2017-05-09T15:52:04","modified_gmt":"2017-05-09T19:52:04","slug":"cadre-et-processus-therapeutiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/cadre-et-processus-therapeutiques\/","title":{"rendered":"Le cadre et les r\u00e8gles dans les processus th\u00e9rapeutiques et de coaching"},"content":{"rendered":"<p><em>Le cadre et les r\u00e8gles dans les processus th\u00e9rapeutiques et de coaching<\/em><\/p>\n<p>Suite \u00e0 l\u2019analyse de nombreux cas cliniques au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es (Paris et \u00eele de La R\u00e9union) par Erick Dietrich en collaboration avec Ang\u00e9lique Veillard.<\/p>\n<p>\u00ab <em>La seule trag\u00e9die, c\u2019est de ne pouvoir se concevoir soi-m\u00eame comme tragique. J\u2019ai toujours vu clairement ma coexistence avec le monde. Je n\u2019ai jamais ressenti clairement mon besoin de coexister avec lui ; c\u2019est en quoi je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 un \u00eatre normal. Agir, c\u2019est conna\u00eetre le repos. Tous les probl\u00e8mes sont insolubles. Par essence, l\u2019existence d\u2019un probl\u00e8me suppose l\u2019inexistence d\u2019une solution. Chercher un fait signifie qu\u2019il n\u2019existe pas de fait. Penser, c\u2019est ne pas savoir exister<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Dans ce texte, nous utiliserons les termes suivants :<\/p>\n<p><strong>Le professionnel<\/strong> : pour d\u00e9signer le th\u00e9rapeute et\/ou le coach et\/ou tout professionnel impliqu\u00e9 dans une n\u00e9gociation et\/ou une strat\u00e9gie de la communication ou manag\u00e9riale.<br \/>\n<strong>L\u2019Autre :<\/strong> d\u00e9signe la personne en souffrance qui vient demander de l\u2019aide.<br \/>\n<strong>Le transfert :<\/strong> ce que vit, ressent et \u00e9met sur quelque mode que ce soit l\u2019Autre.<br \/>\n<strong>Le contre-transfert<\/strong> : ce que vit, ressent et \u00e9met sur quelque mode que ce soit le professionnel face au transfert.<\/p>\n<p>Pour un professionnel, ce n\u2019est pas que la formation et\/ou le nombre d\u2019ann\u00e9es d\u2019exercice qui comptent, ni les dipl\u00f4mes qu\u2019il pourrait avoir et\/ou la reconnaissance renvoyant \u00e0 des positions narcissiques de toute-puissance et de pens\u00e9e magique. Pour entrer dans le dialogue avec l\u2019Autre, le professionnel doit pouvoir d\u00e9poser sa toute-puissance et prendre sa soi-disant bienveillance avec lui pour pouvoir \u00eatre dans la pr\u00e9sence de cet autre-l\u00e0, qui vient exprimer l&rsquo;inexprimable de sa souffrance, \u00e9voquer son sympt\u00f4me, son trouble, ses peurs et ses doutes sur la vie. Le plus important est la qualit\u00e9 de son travail d\u2019implication personnelle, de son travail continu en supervision et surtout de son ouverture philosophique, humaniste et spirituelle sur le monde et sa qualit\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u00e0, dans le dialogue avec l\u2019autre, dans une \u00e9coute pour aider la personne en demande de cheminement.<\/p>\n<p>Quand un professionnel re\u00e7oit une personne pour la premi\u00e8re fois, qui fait une d\u00e9marche lourde de sens et importante pour lui, cette personne a besoin de cet autre-l\u00e0 pour pouvoir se sentir accueillie dans son discours (avec ses dires et non-dits) et quant \u00e0 la raison de sa pr\u00e9sence l\u00e0, \u00e0 cet instant et dans ce lieu si angoissant. Le professionnel pos\u00e9 l\u00e0 dans une attitude de pens\u00e9e ouverte, \u00e0 \u00e9couter, savoir entendre l\u2019inattendu, l\u2019impr\u00e9visible, l\u2019inexprimable, le possible comme l\u2019impossible, peut s\u2019int\u00e9resser aux mots, aux maux, aux v\u00e9cus et aux perceptions en ne collant rien de lui dessus. La personne peut, comme dans le d\u00e9lire de Mozart (Amadeus) percevoir en ce lieu \u00e9trange le professionnel sous la forme d&rsquo;une figure fantasmagorique v\u00eatue d&rsquo;une grande cape noire et d&rsquo;un masque \u00e0 deux visages. Le professionnel porte ces deux visages, le c\u00f4t\u00e9 bon, le c\u00f4t\u00e9 effrayant.<br \/>\nIl faut se m\u00e9fier des r\u00e8gles pos\u00e9es dans certains cadres par les professionnels qui tentent d\u2019\u00e9viter de se retrouver confront\u00e9s \u00e0 quelque chose de d\u00e9rangeant pour eux dans leur contre-transfert. Nous constatons chez beaucoup de professionnels des parts d\u2019immaturit\u00e9, des zones d\u2019ombre, des peurs et des fantasmes limitants qui persistent.\u00a0 Contre quoi se prot\u00e8gent-ils ?<br \/>\nUne crise profonde \u00e9branle depuis des dizaines d\u2019ann\u00e9es le monde de la th\u00e9rapie, du coaching et du d\u00e9veloppement personnel, une crise des valeurs et d\u2019une civilisation de la m\u00e9diocrit\u00e9 qui se fige dans l\u2019inertie. En voulant instaurer une pens\u00e9e unique, la pens\u00e9e moderne se retrouve sans anthropologie et en perte de sens. Notre soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, sorte d\u2019\u00c9tat-providence, d\u2019\u00c9tat s\u00e9curitaire, d\u2019\u00c9tat rendant l\u2019individu d\u00e9pendant, invente de nouvelles lois qui ne veulent rien dire, qui n&rsquo;ont pas forc\u00e9ment de sens. Les professionnels n&rsquo;ayant aucun suivi th\u00e9rapeutique personnel et\/ou de supervision sont souvent des \u00ab robots d\u00e9saffectis\u00e9s \u00e9tant trop souvent pass\u00e9s par le formatage universitaire \u00bb qui n\u2019essaient pas et ne peuvent pas entendre ce que dit cet Autre assis l\u00e0, face \u00e0 eux, parlant de ses souffrances dans un lieu inconnu v\u00e9cu comme singulier.<\/p>\n<p>Que ce soit dans la th\u00e9rapie, le coaching, la communication, les interactions, il y a toujours relation transf\u00e9rentielle car l\u2019inconscient est une structure r\u00e9active et dynamique, lieu de pulsions et de conflits internes. L\u2019appareil psychique (inconscient) est compos\u00e9 de plusieurs syst\u00e8mes et fonctionne selon deux logiques oppos\u00e9es : le processus primaire (principe de plaisir-libido) et le processus secondaire (principe de r\u00e9alit\u00e9). Le processus primaire r\u00e9pond aux exigences du principe de plaisir, il r\u00e9agit plus rapidement et avec force. Le mot \u00ab primaire \u00bb d\u00e9signe \u00e0 la fois son ant\u00e9riorit\u00e9 et sa supr\u00e9matie sur le processus secondaire. Le processus primaire va donc utiliser le r\u00e9agencement, le r\u00eave, le fantasme, le d\u00e9lire et\/ou la confusion ainsi que les lapsus, les actes manqu\u00e9s et l\u2019utilisation du langage \u00e0 l\u2019autre ainsi que le passage \u00e0 l\u2019acte pour atteindre une forme de satisfaction. L\u2019inconscient utilise aussi l\u2019absence de contradiction, l\u2019atemporalit\u00e9, un r\u00e9agencement de la r\u00e9alit\u00e9 et il a des effets sur le corps (comportementaux, sympt\u00f4mes hyst\u00e9riques de conversion, maladie psychosomatique, hypochondrie).<\/p>\n<p>L\u2019inconscient utilise aussi un ensemble de m\u00e9canismes d\u00e9fensifs, dont certains comme les formations r\u00e9actionnelles, les compulsions de r\u00e9p\u00e9titions et le masochisme repr\u00e9sentent une mise en \u00e9chec des diff\u00e9rents outils utilis\u00e9s. Les m\u00e9canismes de d\u00e9fense se mettent en place quand \u00e9mergent une angoisse et\/ou une pulsion importante : les d\u00e9fenses archa\u00efques (schizo\u00efde, parano\u00efde\/parano\u00efaque, narcissique &amp; le masochisme) puis post-archa\u00efques (les d\u00e9fenses n\u00e9vrotiques : hyst\u00e9riques, obsessionnelles et\/ou phobiques). Le syst\u00e8me transf\u00e9rentiel appartient \u00e0 l\u2019inconscient et doit particuli\u00e8rement \u00eatre mis \u00e0 jour. Ainsi, nous verrons que l\u2019utilisation du cadre est un des outils les plus importants pour mettre \u00e0 jour une partie des processus primaires et secondaires. Le cadre favorise l\u2019\u00e9mergence des transferts, des m\u00e9canismes d\u00e9fensifs, des r\u00e9p\u00e9titions des conflits infantiles, des m\u00e9canismes d\u2019\u00e9chec (\u2026). Dans le cadre est pos\u00e9 l\u2019interdit du passage \u00e0 l\u2019acte : tout peut se dire mais tout ne peut pas se faire et il y est fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la loi\u00a0 symbolique (interdit de l\u2019inceste, interdit du meurtre, interdit du cannibalisme).<\/p>\n<p>Dans la relation transf\u00e9rentielle archa\u00efque, il se forme une sorte de symbiose entre la personne et le professionnel (comme dans les liens de couple et\/ou institutionnels) \u00e0 partir d\u2019un Moi fragment\u00e9 et\/ou de fragments de la r\u00e9alit\u00e9, o\u00f9 vont se re-jouer les jeux et les enjeux des liens archa\u00efques. La relation transf\u00e9rentielle est souvent fr\u00e9n\u00e9tiquement montr\u00e9e \u00e0 voir dans un manifeste masquant un latent qui se cache. Quand tout va vers le d\u00e9bordement, rien ne semble y aller. Le professionnel ne doit pas laisser les choses se figer mais aider la personne \u00e0 s\u2019autoriser le Rien et le Tout, le d\u00e9bordement enfin d\u00e9voil\u00e9. Ainsi, ne pas emp\u00eacher le travail de l\u2019intelligence et de la compr\u00e9hension, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019interpr\u00e9tation. Il convient pour le professionnel de trouver une posture d\u2019\u00eatre qui ne trahisse pas son sens d\u2019\u00eatre. Tel est certainement un des r\u00f4les que jouent la philosophie et l\u2019humanisme dans la pratique : ne pas se laisser emporter par le courant vaniteux ou inf\u00e9od\u00e9 pour, au moment m\u00eame o\u00f9 l\u2019\u00catre se voile, se prot\u00e8ge, o\u00f9 le sens s\u2019\u00e9chappe sans cesse pour y revenir, aider la personne \u00e0 appr\u00e9hender la chose elle-m\u00eame. Les professionnels devraient comprendre que ce n\u2019est pas seulement le fait de dominer, de ma\u00eetriser et de se former (\u00e0 outrance) pour se rassurer avec des \u00ab r\u00e9sultats \u00bb ma\u00eetrisables qui sera b\u00e9n\u00e9fique pour l\u2019Autre, mais c\u2019est aussi savoir \u00eatre dans des interrogations et entrer dans un dialogue permanent avec la personne qui chemine.<\/p>\n<p>La loi, ce ne sont pas que des r\u00e8gles qui peuvent \u00eatre mises dans le cadre en fonction des outils utilis\u00e9s (coaching, th\u00e9rapies\u2026). \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur de ce cadre, on peut installer d\u2019autres cadres. Cela va permettre \u00e0 la personne de faire des liens et de trouver comment faire du nouveau avec son histoire gr\u00e2ce \u00e0 une confrontation au cadre. Le cadre n\u2019est pas l\u00e0 pour prot\u00e9ger le professionnel mais pour aider la personne \u00e0 se d\u00e9couvrir. Un cadre mis en place au profit du professionnel aurait donc une tendance \u00e0 enfermer la personne dans ses m\u00e9canismes d\u00e9fensifs et ainsi de refouler et\/ou n\u00e9vrotiser encore plus.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019une personne parle, et ici entendez bien que le discours appartient \u00e0 la personne qui l\u2019\u00e9nonce, son discours est donc \u00e0 analyser et \u00e0 comprendre dans la distance en analysant les microcomportements, les \u00e9motions, les sentiments, les sensations et les affects qui l\u2019accompagnent. Ainsi, il convient de ne jamais prendre le discours pour ce qu\u2019il est ou veut nous faire passer, mais de se mettre \u00e0 distance et de se dire : pourquoi cette personne parle, que dit-elle vraiment ? L\u2019homme a besoin de mettre en mots pour donner sens \u00e0 ce qu\u2019il vit ou pense vivre, c\u2019est la fonction symbolique.<br \/>\nAinsi, le cadre est une forme d\u2019outil second (im)pos\u00e9 \u00e0 la personne, repr\u00e9sentation substitutive mise en place par ce professionnel tiers qui permet de faire \u00e9merger, l\u2019impossible possible, ce qui est refoul\u00e9 et repr\u00e9sentant un danger pour les croyances de la personne et ses constructions comportementales, les m\u00e9canismes de d\u00e9fense. Ce processus se fait dans une lenteur \u00ab magique \u00bb, une forme de m\u00e9taphore impr\u00e9cise qui va \u00e9clore au regard de la personne. Le cadre permet de tenter de faire prendre conscience \u00e0 la personne que sa zone de confort n\u2019est pas celle qu\u2019elle pensait lui convenir, et que, d\u00e9passant ses peurs limitantes et ses croyances, elle peut sortir de cette zone pour aller vers un ailleurs o\u00f9 tout peut ad-venir. Le cadre est aussi l\u00e0 pour permettre parfois de laisser \u00e9voluer l\u2019Autre dans un hors-cadre qui se situe dans le cadre, une forme de d\u00e9cadrage, comme les poup\u00e9es russes, un cadre dans un cadre, restant dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 condition que le professionnel sache se situer clairement et rester dans une position empathique et d\u00e9ontologique. Pour ce faire il ne doit pas \u00eatre plong\u00e9 dans sa toute-puissance ou la pens\u00e9e magique. Toute relation est transfert et contre-transfert. Un cadre g\u00e9n\u00e9ral qui est pos\u00e9 dans l\u2019exercice et la strat\u00e9gie permet de travailler avec \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019autres cadres qui permettent d\u2019inscrire des jeux, des actions symboliques et\/ou imaginaires qui permettent le travail de l\u2019Autre. Les r\u00e8gles vont permettre de soumettre la personne \u00e0 une sc\u00e8ne psychique dans laquelle il peut se voir agir et ainsi s\u2019analyser. En aucun cas, ces r\u00e8gles ne doivent se transformer en une v\u00e9rit\u00e9 dominatrice impos\u00e9e par le professionnel et qui placerait la personne en permanence dans l\u2019attaque ou l\u2019agression du cadre, renvoyant ainsi le professionnel \u00e0 l\u2019analyse uniquement du transfert (donc une forme unilat\u00e9rale de travail intol\u00e9rable) sans que le professionnel d\u00e9voile son contre-transfert de fa\u00e7on \u00e0 ce que le travail puisse alors ad-venir dans la dialectique m\u00eame de la s\u00e9ance. En osant utiliser son contre-transfert, le professionnel qui sait \u00ab proposer \u00bb un cadre va permettre \u00e0 la personne de s\u2019emparer d\u2019une r\u00e8gle pour en faire un espace psychodramatique de r\u00e9p\u00e9tition de sa probl\u00e9matique et de r\u00e9surgence de ses m\u00e9canismes d\u00e9fensifs et de ses compulsions de r\u00e9p\u00e9tition ; les r\u00e8gles et le cadre sont ainsi mis en place au profit de la personne. Il pourrait appara\u00eetre d\u00e9lirant de voir\u00a0 des professionnels dans une certaine forme de passage \u00e0 l\u2019acte n\u2019arrivant pas \u00e0 faire travailler la personne quant au cadre et aux r\u00e8gles. Le cadre ne doit pas \u00eatre une limite pour la personne comme \u00e9tant pos\u00e9 pour le profit du professionnel qui comme Ulysse, pour \u00e9viter le chant des sir\u00e8nes, s\u2019enfermerait dans sa toute-puissante th\u00e9orie, connaissance et\/ou technique risquant alors de transgresser les lois en passant en position incestueuse, d\u00e9voratrice et\/ou abandonnique, voire violente. Tel est le risque pour un professionnel qui n\u2019aurait pas fait un travail sur lui-m\u00eame suffisant et qui ne serait pas en supervision donc dans la reproduction de son v\u00e9cu du cadre au sein de son contre-transfert. Le cadre renvoie toujours \u00e0 la triangulaire : la personne, le professionnel et la r\u00e9actualisation des transferts pour aider la personne \u00e0 tenter de faire le lien dans ce jeu des sc\u00e8nes psychiques et de bien prendre conscience que pour la personne qui va d\u00e9couvrir qu\u2019entre la parole, l\u2019agir et l\u2019\u00eatre qui se d\u00e9voile et qui se d\u00e9couvre, il y a un espace o\u00f9 les dimensions psychiques et les contre-transferts du professionnel s\u2019inscrivent. Ainsi, le cadre c\u2019est l\u2019objet avec ses bords, qui va servir \u00e0 l\u2019Autre \u00e0 travailler en s\u00e9curit\u00e9 dans des limites. Si ce cadre est d\u00e9bord\u00e9, le professionnel l\u2019est aussi et l\u2019Autre ne peut plus \u00eatre dans la s\u00e9curit\u00e9 de son travail. Les limites d\u2019une prise en charge sont celles du professionnel et ces limites influencent les am\u00e9nagements du cadre.<br \/>\nAinsi, que ce soit dans le cadre d\u2019une th\u00e9rapie, d\u2019un coaching ou dans le couple et\/ou le monde du travail, toute loi-cadre comprenant des r\u00e8gles va activer tout ce que nous venons de voir ci-dessus avec des revendications port\u00e9es par les acteurs mis en cause. Ce qui am\u00e8ne \u00e0 se poser la question d\u2019une loi-cadre, c\u2019est la volont\u00e9 par les diff\u00e9rents acteurs de vouloir se faire reconna\u00eetre dans leurs besoins d\u2019\u00eatre aim\u00e9s, d\u2019\u00eatre reconnus et d\u2019\u00eatre d\u00e9sir\u00e9s et de faire reconna\u00eetre l\u2019\u00e9conomie psychique et syst\u00e9mique comme un mode d\u2019expression. Ce qui nous int\u00e9resse en tant que formateurs, c\u2019est de vous aider \u00e0 comprendre l\u2019importance de la relation transf\u00e9rentielle et qu\u2019il est n\u00e9cessaire que le professionnel sache g\u00e9rer et utiliser ses contre-transferts dans le cadre ou analyser ce qu\u2019il peut voir et entendre.<\/p>\n<p>Ainsi le professionnel et toute personne qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019\u00eatre humain et aux relations humaines, s\u2019il n&rsquo;a pas travaill\u00e9 ses propres carences affectives surtout archa\u00efques, s\u2019il n\u2019a pas travaill\u00e9 la r\u00e9solution du complexe d\u2019\u0152dipe, s\u2019il n\u2019a pas une formation cons\u00e9quente, ne peut apporter une r\u00e9ponse correcte, \u00e0 la demande d&rsquo;aide et de compr\u00e9hension de l&rsquo;individu souffrant.<\/p>\n<p>Donc si ce professionnel-l\u00e0, dans un lieu de confrontation \u00e0 l\u2019Autre, n&rsquo;a pas os\u00e9 aborder sa propre folie, risque de conforter cet Autre-l\u00e0 dans la similitude ou la compl\u00e9mentarit\u00e9 des folies en miroir et de toutes les compulsions de r\u00e9p\u00e9tition qui pourraient se produire.<\/p>\n<p>Un professionnel doit pouvoir savoir se remettre vite en question, c\u2019est la raison pour laquelle nous insistons sur les Supervisions et les Intervisions des professionnels.<\/p>\n<p>\u00ab<em><strong> Le transfert c\u2019est de l\u2019amour qui s\u2019adresse au savoir.<\/strong><\/em> \u00bb (Lacan)<\/p>\n<p>Le travail sur la relation transf\u00e9rentielle est le vecteur d\u2019un espace de sens et de reconstruction dans l\u2019espace d\u2019interfantasmatisation et d\u2019intersymbolisation entre deux personnes.<br \/>\nLe cours sur les relations transf\u00e9rentielles et\/ou le transfert et le contre-transfert ne peut pas faire l\u2019objet d\u2019un article mais se doit d\u2019\u00eatre \u00ab transmis \u00bb lors d\u2019un s\u00e9minaire car la pratique, la clinique et l\u2019implication personnelle sont essentielles pour en saisir le sens dans le laisser se dire ou s\u2019exprimer l\u00e0 o\u00f9 le corps ou la parole habite le lieu de l\u2019indicible.<\/p>\n<p>La relation transf\u00e9rentielle invite l\u2019Autre avec son univers affectif, \u00e9motionnel, imaginaire, subjectif et projectif dans une relation de dialogue habit\u00e9e entre le corps\u00a0 et la parole. Le professionnel en tant qu\u2019\u00eatre humain dans sa dimension de pr\u00e9sence au monde et \u00e0 l\u2019Autre se doit de se pencher et d\u2019introspecter sa propre conscience pour appr\u00e9hender la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure au travers de sa r\u00e9alit\u00e9 int\u00e9rieure dont il a connaissance. Il est un moment, dans l\u2019acception d\u2019oser changer, o\u00f9 le professionnel va pouvoir entrer dans la subtilit\u00e9 de la relation transf\u00e9rentielle \u00e0 travers le langage et le corps. Dans cet espace toute la dramaturgie de l\u2019Autre va tenter de se d\u00e9voiler, exigeant non seulement d\u2019\u00eatre \u00e9cout\u00e9e, reconnue et surtout rencontr\u00e9e, mais surtout d\u2019\u00eatre soutenue par le professionnel. Pour cela, gr\u00e2ce au cadre et \u00e0 une technique humaniste, le professionnel, en laissant \u00e9merger et en acceptant son contre-transfert pour le transformer plut\u00f4t que d\u2019en r\u00e9p\u00e9ter les m\u00e9canismes d\u00e9fensifs, va le mettre au service du transfert de l\u2019Autre. Nous pouvons ainsi r\u00e9fl\u00e9chir sur \u00ab l\u2019espace intime de la relation transf\u00e9rentielle \u00bb utilis\u00e9e comme outil dans la th\u00e9rapie et\/ou le coaching en termes d\u2019efficacit\u00e9.<br \/>\nLe transfert est un ph\u00e9nom\u00e8ne qui se produit dans toutes les relations (th\u00e9rapeutique, coaching, couple, amicale\u2026)\u00a0 avec tous les supports projectifs qui font partie de l\u2019entourage de la personne. C\u2019est la projection d\u2019images de repr\u00e9sentations symboliques et\/ou imaginaires qui r\u00e9sident dans l\u2019inconscient.<\/p>\n<p>Dans le cadre professionnel, si le transfert n\u00e9gatif latent n\u2019\u00e9merge pas, l\u00e0 o\u00f9 le r\u00e9f\u00e9rent professionnel habite ses lieux de peurs et d\u2019immaturit\u00e9, alors, la transformation du transfert ne pourra pas se faire et la r\u00e9solution du complexe d\u2019\u0152dipe non plus.<\/p>\n<p>Le transfert, dont le processus est r\u00e9p\u00e9titif (dans la cure, dans le couple, dans l\u2019entreprise\u2026), d\u00e9signe le processus psychologique par lequel des comportements et des pens\u00e9es inconscients et infantiles viennent s\u2019actualiser dans une relation pr\u00e9sente. Il d\u00e9voile donc une duplicit\u00e9 : erreur sur la personne et erreur sur le temps. Le transfert \u00e9merge dans la relation \u00e0 l\u2019Autre, in fine, c\u2019est une forme de mise en acte de la r\u00e9alit\u00e9 inconsciente d\u00e9pla\u00e7ant les affects d\u2019une surface projective \u00e0 l\u2019autre, r\u00e9p\u00e9tant ainsi le pass\u00e9 dans divers signifiants. Dans le couple, l\u2019institution, l\u2019entreprise, le transfert n\u2019est que le r\u00e9sultat de la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019un \u00e9chec dans les choix.<br \/>\nLors du s\u00e9minaire, nous abordons les diff\u00e9rents types de transferts : d\u00e9placement, sublimation, projections, introjections, identification, transfert et renouvellement rem\u00e9moratifs et d\u2019\u00e9laboration.<br \/>\nOr, travailler avec le transfert, ne doit pas consister, \u00e0 notre sens, \u00e0 r\u00e9duire la relation au transfert. En effet, \u00e0 la composante transf\u00e9rentielle r\u00e9p\u00e9titive, la rencontre peut ajouter une dimension possible d\u2019innovation et de renouvellement.<\/p>\n<p><strong>Le contre-transfert<br \/>\n<\/strong><br \/>\nLe contre-transfert est la r\u00e9action in\u00e9luctable face au transfert de l\u2019Autre. Le professionnel est la seule personne apte \u00e0 g\u00e9rer la dynamique appel\u00e9e transfert\/contre-transfert, d\u2019o\u00f9 l\u2019importance de la maturit\u00e9 du professionnel.<\/p>\n<p><strong>Au cours du s\u00e9minaire, nous aborderons les points suivants :<\/strong><\/p>\n<p><strong>* Le catalyseur du transfert :<\/strong> le transfert ne d\u00e9pend pas toujours uniquement de l\u2019Autre. L\u2019environnement, le mode d\u2019\u00eatre et\/ou la strat\u00e9gie du professionnel peuvent activer le transfert. Le professionnel doit avoir conscience qu\u2019il influence toujours la situation de transfert, hors de tout processus d\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p><strong>* Les contre-transferts :<\/strong><br \/>\n&#8211; sentiments humains, empathie ;<br \/>\n&#8211; r\u00e9sonnance ;<br \/>\n&#8211; r\u00e9activation et contagion affective ;<br \/>\n&#8211; capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9voluer dans le cadre de r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019Autre ;<br \/>\n&#8211; percevoir l\u2019Autre de l\u2019int\u00e9rieur ;<br \/>\n&#8211; de l\u2019int\u00e9r\u00eat de s\u2019impliquer dans la rencontre et de la r\u00e9ciprocit\u00e9 ;<br \/>\n&#8211; \u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute de l\u2019Autre existant et de sa dimension humaine ;<br \/>\n&#8211; ne pas juger ou demeurer enferm\u00e9 ou inf\u00e9od\u00e9 dans ses croyances et ses peurs.<\/p>\n<p>Erick Dietrich, M\u00e9decin, Sexologue, \u00e9crivain<br \/>\nPsychosomatoanalyste, Victimologue<br \/>\nMembre de la F\u00e9d\u00e9ration Fran\u00e7aise des Psychosomatoth\u00e9rapeutes<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/erick-dietrich.html\">https:\/\/www.psycho-ressources.com\/erick-dietrich.html<\/a><\/p>\n<a href='http:\/\/twitter.com\/share' class='twitter-share-button' data-text='Le cadre et les r\u00e8gles dans les processus th\u00e9rapeutiques et de coaching' data-url='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/?p=4211' data-counturl='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/cadre-et-processus-therapeutiques\/' data-count='horizontal' data-via='LesPSY'>Tweet<\/a>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le cadre et les r\u00e8gles dans les processus th\u00e9rapeutiques et de coaching Suite \u00e0 l\u2019analyse de nombreux cas cliniques au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es (Paris et \u00eele de La R\u00e9union) par Erick Dietrich en collaboration avec Ang\u00e9lique Veillard. \u00ab &hellip; <a href=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/cadre-et-processus-therapeutiques\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[18,13,16],"tags":[1608,1210,648,1802,42,1803,84,54,1209],"class_list":["post-4211","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites-psychologie","category-articles-thematiques","category-psychotherapie","tag-cadre","tag-contre-transfert","tag-processus","tag-psychotherapeutique","tag-psychotherapie-2","tag-regles","tag-relation","tag-therapie","tag-transfert"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4211","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4211"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4211\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8637,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4211\/revisions\/8637"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4211"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4211"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4211"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}