{"id":3864,"date":"2013-03-30T10:50:45","date_gmt":"2013-03-30T14:50:45","guid":{"rendered":"https:\/\/aws.psycho-ressources.com\/blog\/?p=3864"},"modified":"2017-05-05T21:16:55","modified_gmt":"2017-05-06T01:16:55","slug":"neuro-quantique-somatoanalyse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/neuro-quantique-somatoanalyse\/","title":{"rendered":"Rencontre: Neuro Quantique et Psychosomatoanalyse"},"content":{"rendered":"<p>Pourquoi cette conf\u00e9rence \u00e0 deux, Olivier Masselot et l\u2019entreprise Neuro-Quantique, et moi-m\u00eame, avec la Psychosomatoanalyse. Nous, th\u00e9rapeutes, depuis toujours, avons essay\u00e9 de diminuer la longueur des processus de th\u00e9rapie analytique et de trouver des outils pour la rendre plus efficace. Une th\u00e9rapie est un p\u00e8lerinage dans le pass\u00e9 pour tenter de comprendre son pr\u00e9sent et aller vers un \u00ab \u00e0-venir \u00bb que la personne est capable de se choisir librement. Une th\u00e9rapie analytique permet d\u2019analyser le pass\u00e9 et cela reste insuffisant nous le savons. Une th\u00e9rapie ne doit pas \u00eatre la seule v\u00e9rit\u00e9. Une th\u00e9rapie doit \u00eatre utile. Ce qui caract\u00e9rise et rassemble toutes les th\u00e9rapies, c&rsquo;est leur caract\u00e8re m\u00e9taphorique et leur pouvoir structurant face \u00e0 notre r\u00e9alit\u00e9 individuelle, ainsi la th\u00e9rapie peut aider les patients \u00e0 devenir plus grands et \u00e0 cr\u00e9er des exp\u00e9riences sublimes, l\u00e0 o\u00f9 ils ne voyaient que des exp\u00e9riences d\u00e9plaisantes ou traumatisantes. Elle peut les aider \u00e0 accepter leur folie et \u00e0 la transcender gr\u00e2ce \u00e0 une rencontre privil\u00e9gi\u00e9e qui favorise une mise en pr\u00e9sence de deux individus et qui ouvre un espace de dialogue, un espace o\u00f9 le patient pourra mettre du sens. Des outils (NeuroSciences, Neuro-Quantis, PNL, Hypnose, TCC, etc.) pour permettre le changement dans le pr\u00e9sent sont n\u00e9cessaires. J\u2019interviens apr\u00e8s Olivier Masselot qui pr\u00e9sente des outils \u00ab du changement \u00bb avec Neuro-Quantis qui permettent de choisir autre chose de plus plaisant pour que l\u2019homme favorise la r\u00e9alisation individuelle de son \u00eatre en tentant de re-devenir ma\u00eetre de sa r\u00e9alit\u00e9. Ainsi, gr\u00e2ce \u00e0 ces outils de changements, l\u2019homme va pouvoir retrouver son pouvoir cr\u00e9ateur \u00e0 partir d&rsquo;un principe cognitif simple \u00e0 mettre en \u0153uvre et \u00e0 int\u00e9grer : savoir prendre conscience de la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure et de ce qui est \u00ab vraiment \u00bb pour diriger ses d\u00e9sirs vers le but d\u00e9sir\u00e9. Selon Olivier Masselot \u00ab Le monde est notre miroir, en tant que r\u00e9sultat de notre choix et de notre intention \u00bb. D\u00e8s lors, la question est simple : que choisissons-nous comme objectif de cr\u00e9ation et de vie pour nous, dans notre r\u00e9alit\u00e9 et dans ce qui pourrait aussi \u00eatre d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 commune, et ce sans utiliser la pens\u00e9e magique ou les restes de toute-puissance infantile qui m\u00e8neraient ce projet dans des tentatives de prise de pouvoir et des conduites d\u2019\u00e9chec et non pas dans \u00ab la puissance de l\u2019\u00eatre capable de faire des choix et de les mettre en actes \u00bb ?<\/p>\n<p>Les th\u00e9rapies et outils structur\u00e9s se heurtent aux m\u00e9canismes d\u00e9fensifs, aux compulsions de r\u00e9p\u00e9tition, au masochisme et aux d\u00e9fenses narcissiques, qui font que les personnes pr\u00e9f\u00e8rent rester dans leurs zones de confort et leurs b\u00e9n\u00e9fices secondaires, s\u2019enferrant ainsi dans leurs peurs limitantes, leurs croyances, leur position de victime et leurs conduites d\u2019\u00e9chec. La th\u00e9rapie et les outils se confrontent\u00a0 \u00e0 des noyaux psychotiques qui ont un Moi morcel\u00e9 et\/ou un Moi face \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 morcel\u00e9e.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, je propose une r\u00e9flexion davantage ax\u00e9e sur les processus th\u00e9rapeutiques et l\u2019ensemble de processus de changements qui s\u2019\u00e9laborent \u00e0 partir d\u2019une pr\u00e9sentation mystifi\u00e9e du pass\u00e9 personnel et\/ou de l\u2019histoire ainsi que des interdits, de la r\u00e9pression et de la censure. Le \u00ab\u00a0patient\u00a0\u00bb ne prend pas le risque d&rsquo;affronter son pr\u00e9sent, inscrivant ainsi la th\u00e9rapie dans une forme de r\u00e9sistance qui l\u2019enlise et l\u2019enkyste dans le pass\u00e9, pass\u00e9 qui est, l\u00e0 m\u00eame, \u00e0 d\u00e9passer. \u00c0 ce titre, la d\u00e9finition que donne Heidegger du concept d\u2019historialit\u00e9 illustre parfaitement ce raisonnement : \u00ab L&rsquo;Histoire est une projection dans le pass\u00e9, de l&rsquo;avenir que s&rsquo;est choisi l&rsquo;homme. \u00bb<\/p>\n<p>Faire une \u00ab th\u00e9rapie \u00bb c\u2019est \u00eatre en route, c\u2019est cheminer. Les questions sont plus fondamentales que les r\u00e9ponses. La th\u00e9rapie ne s\u2019inscrit pas dans l\u2019enjeu d\u2019un vouloir gu\u00e9rir ou d\u2019une obligation de changement, encore moins dans une ex\u00e9g\u00e8se du pass\u00e9, mais dans un d\u00e9sir d\u2019ouverture au monde, dans un art de vivre, dans un advenir qui engage l\u2019existence. Faire une \u00ab th\u00e9rapie \u00bb n\u2019est pas une entreprise arch\u00e9ologique se situant seulement dans l\u2019ordre de la connaissance du pass\u00e9, mais dans l\u2019am\u00e9nagement du \u00ab pr\u00e9sent \u00bb, de \u00ab soi \u00bb et de l\u2019\u00eatre : c\u2019est un mouvement chaotique qui nous fait plus \u00eatre, en nous rendant meilleurs vis-\u00e0-vis de nous-m\u00eames et donc des autres, dans un \u00e9tat interm\u00e9diaire o\u00f9 il n\u2019y a ni sagesse, ni non-sagesse, ni bien, ni mal. Ce cheminement nous place entre le domaine de l\u2019habituel et de la remise en question ; entre le domaine de la conscience et du discernement, dans : \u00ab saisir et permettre l\u2019adaptation entre un pass\u00e9 insatisfaisant, voire mystifi\u00e9, un pr\u00e9sent inad\u00e9quat et un futur \u00e0 construction incertaine \u00bb car bas\u00e9e sur des divagations historiques. La th\u00e9rapie am\u00e8ne \u00e0 un arrachement \u00e0 la vie quotidienne : elle est une conversion, un changement total de vision, de style de vie, de comportement. L\u2019histoire, c\u2019est tout d\u2019abord le r\u00e9cit de ce qui a eu lieu dans le pass\u00e9 et tente de d\u00e9signer alors les \u00e9v\u00e9nements ou les actes, leurs interd\u00e9pendances, leurs encha\u00eenements, etc.<br \/>\nLe domaine d\u2019exploration pour le patient se situe dans une dimension existentielle de la vie contre l\u2019histoire. Pour Nietzsche, \u00ab l\u2019histoire n\u2019a de valeur qu\u2019en tant qu\u2019elle sert la vie, car l\u2019exc\u00e8s d\u2019histoire est dangereux \u00bb, ce qui appara\u00eet en th\u00e9rapie quand l\u2019exc\u00e8s de souffrance ou de vengeance attribu\u00e9 \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement pass\u00e9 d\u00e9borde l\u2019\u00e9v\u00e9nement en lui-m\u00eame pour se mettre au service de la pulsion de mort. Ce pass\u00e9 ainsi re-construit menace de rendre la pulsion de vie impuissante, soit que celle-ci soit \u00e9cras\u00e9e par une histoire monumentale, soit qu\u2019elle soit mortifi\u00e9e (compulsion de r\u00e9p\u00e9tition), soit encore qu\u2019elle d\u00e9truise les projets de vie \u00e0 partir d\u2019une histoire pass\u00e9e jugeante, moralisatrice et culpabilisatrice. L&rsquo;homme mystifie et \u00e9crit son pass\u00e9 personnel et l\u2019histoire en les manipulant, ce qui in fine va induire des \u00ab\u00a0erreurs\u00a0\u00bb qui fa\u00e7onneront un futur d\u00e9j\u00e0 inscrit dans l&rsquo;ineptie. L\u2019histoire et le pass\u00e9 deviennent des projections d\u2019un futur que l\u2019homme se construit pour \u00e9viter de confronter ses capacit\u00e9s de changement \u00e0 son pr\u00e9sent qu\u2019il enkyste dans sa zone de confort et de s\u00e9curit\u00e9. En ce qui concerne nos patients, chacun est responsable de sa prise de risque \u00e0 changer dans son pr\u00e9sent l\u2019histoire d\u2019un pass\u00e9 mystifi\u00e9. Les th\u00e9rapeutes sont l\u00e0, non pas dans la fermeture de l\u2019entreprise analytique mais pour aider nos patients, existentiellement et philosophiquement, et ce, avec tous les outils que nous pouvons partager avec nos coll\u00e8gues, \u00e0 appr\u00e9hender leurs pens\u00e9es dans ce qu\u2019elles ont d\u2019inimaginable, \u00e0 oser esp\u00e9rer l\u2019inesp\u00e9rable et \u00e0 affronter leur pass\u00e9 pour le d\u00e9passer. Il revient aux th\u00e9rapeutes et analystes en tout genre, trop souvent enferm\u00e9s dans leurs peurs et leur toute-puissance, d\u2019oser travailler ailleurs et autrement, d\u2019oser une r\u00e9flexion sur le pass\u00e9 et la temporalit\u00e9, l\u00e0 o\u00f9 est le monde de la psychose, dans l\u2019histoire m\u00eame de la gen\u00e8se des psychoperversions.<\/p>\n<p>Nietzsche disait : \u00ab Les hommes ne sont pas encore des animaux \u00e9tablis \u00bb. Dans tout processus de changement en occident, il y a deux types de patients : les patients qui essayent de mettre la th\u00e9rapie au service de leurs m\u00e9canismes d\u00e9fensifs, de leurs formations r\u00e9actionnelles et de leurs compulsions de r\u00e9p\u00e9tition, et les patients qui essayent \u00ab d\u2019\u00eatre en th\u00e9rapie \u00bb et ainsi \u00ab oser prendre le risque de changer \u00bb, \u00ab oser plonger profond\u00e9ment en Soi pour accepter que le changement puisse venir de l\u2019int\u00e9rieur de Soi \u00bb, tout en s\u2019inscrivant dans la s\u00e9rendipit\u00e9.(1)<\/p>\n<p>Essayons de r\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019ensemble des processus de changement qui se heurtent \u00e0 une pr\u00e9sentation mystifi\u00e9e du pass\u00e9 personnel et\/ou de l\u2019histoire, ici, je dirais non pas d\u2019une histoire en tant que rem\u00e9moration des faits qui sont \u00e9tablis et rem\u00e9mor\u00e9s en un souvenir qui a eu lieu et qui ouvre \u00e0 la signification et \u00e0 la connaissance d\u2019un \u00e9v\u00e9nement, mais de l\u2019histoire revisit\u00e9e comme \u00e9v\u00e9nement. Il convient donc de r\u00e9fl\u00e9chir sur ce que l\u2019individu fait de cet \u00e9v\u00e9nement \u00ab d\u2019un pass\u00e9 re-compos\u00e9 \u00bb. L\u2019individu pourrait faire de l\u2019histoire et de ce qui en est advenu, une tentative d\u00e9fensive en r\u00e9sistant pour introduire dans le pr\u00e9sent des \u00e9v\u00e9nements d\u2019un pass\u00e9 reviviscent destin\u00e9s \u00e0 construire un futur mortif\u00e8re. Ainsi, ce qui se passe l\u00e0, dans le pr\u00e9sent, est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9termin\u00e9 par une lecture d\u2019un pass\u00e9 transform\u00e9 par un futur projet\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un pr\u00e9sent inacceptable pour la personne et qui vient d\u00e9truire la notion d\u2019int\u00e9riorit\u00e9.<\/p>\n<p>La personne ne peut pas habiter un lieu o\u00f9 elle pourrait se poser pour advenir \u00e9tant toujours dans le fantasme de ce qu\u2019elle pense qu\u2019elle veut devenir face \u00e0 un pass\u00e9 qu\u2019elle veut r\u00e9inventer. Les m\u00e9lancoliques, et certains d\u00e9pressifs, dans l\u2019articulation d\u00e9lirante qu\u2019ils donnent \u00e0 leur histoire, font que le pass\u00e9 revient sans cesse comme un \u00e0-venir, avec ainsi chez les psychotiques un pass\u00e9 qui est reconstruit \u00e0 partir de l\u2019avenir projet\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un pr\u00e9sent articul\u00e9 sur le pass\u00e9 qui est v\u00e9cu comme tyrannique et frustrant. Nous pouvons voir les souvenirs se montrer \u00e0 l\u2019autre \u00e0 travers la plainte, se transformer sans cesse en fonction de l\u2019environnement, du moment pr\u00e9sent \u00e0 partir duquel ils sont \u00e9voqu\u00e9s et de l\u2019\u00e9poque \u00e0 laquelle ils font appel.<\/p>\n<p>Ces psychotiques se fixent ou se figent dans une histoire pass\u00e9e o\u00f9 la V\u00e9rit\u00e9 serait du c\u00f4t\u00e9, non pas de la raison et du Logos patiemment m\u00e9dit\u00e9, mais du trop. Du trop t\u00f4t ou du trop tard, du trop de d\u00e9sir ou du trop peu, dans le tout ou rien. Ils se rendent transitoirement captifs d&rsquo;un impossible possible et d&rsquo;une d\u00e9sillusion. Les troubles de l\u2019humeur ont trait essentiellement \u00e0 une mani\u00e8re de vivre le temps et de s\u2019expliquer avec lui. La d\u00e9compensation psychotique survient lorsque la temporalisation se fait mal, lorsqu\u2019interviennent dans la vie de l\u2019homme des ph\u00e9nom\u00e8nes de dysrythmie, d\u2019enlisement dans le pass\u00e9, de ralentissement du flux de l\u2019\u00c9ros. Il ne suffira plus de dire que \u00ab le pass\u00e9 ne passe pas \u00bb, mais, plus dramatiquement encore, qu&rsquo;il est fig\u00e9. Les outils ne peuvent pas agir, la th\u00e9rapie encourt un risque d\u2019enlisement, c\u2019est l\u2019ouverture et l\u2019\u00eatre m\u00eame du th\u00e9rapeute dans ce qu\u2019il est dans la rencontre qui peut aider le patient. Les outils seront op\u00e9rants apr\u00e8s cette rencontre, quand le changement sera en voie d\u2019acceptation. Prendre le risque du changement, c\u2019est comprendre la m\u00e9taphore de la chouette de Minerve qui d\u00e9ploie ses ailes avec le cr\u00e9puscule.(2)<\/p>\n<p>La n\u00e9vrose laisse les outils agir de mani\u00e8re illusoire pendant un temps. Les n\u00e9vros\u00e9s produisent des sympt\u00f4mes qui sont m\u00e9moire de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement traumatique en m\u00eame temps qu&rsquo;ils cadencent la vie du sujet. Le n\u00e9vros\u00e9 ne d\u00e9nie pas la r\u00e9alit\u00e9, il ne veut rien savoir d\u2019elle, cr\u00e9ant ainsi dans une utilisation symbolique du monde imaginaire et fantasmatique des sympt\u00f4mes de conversions, des obsessions et des phobies. Chez le n\u00e9vros\u00e9, le moi, confront\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, r\u00e9prime la pulsion : le pouvoir du r\u00e9el.<\/p>\n<p>La psychoperversion inscrite dans une histoire fig\u00e9e d\u00e9clenche des d\u00e9lires et des compulsions de r\u00e9p\u00e9tition rendant les outils et la th\u00e9rapie inop\u00e9rants. Le d\u00e9lire, s\u2019il est d\u00e9sign\u00e9 comme tel, ou le fantasme, tente de faire \u0153uvre de reconstruction du pass\u00e9 et oscille entre la tentative de trouver un sens historique aux \u00e9v\u00e9nements infantiles et la tentative d\u2019op\u00e9rer une construction identitaire en rapport avec des \u00e9v\u00e9nements du pass\u00e9 projet\u00e9s depuis le pr\u00e9sent, une oscillation angoissante entre le chaos et l\u2019infini. Aujourd\u2019hui je parle de psychoperversion, car dans les traumatismes archa\u00efques, le m\u00e9canisme d\u00e9fensif de type schizo\u00efde (le moi, au service de la pulsion, se coupe et d\u00e9nie une partie de la r\u00e9alit\u00e9 : toute-puissance du \u00e7a) utilise la coupure et le r\u00e9agencement vers le monde int\u00e9rieur (alternance psychotique) ou la coupure et une tentative de transformer le monde ext\u00e9rieur (alternance perverse). Ainsi, la mystification de l\u2019histoire entra\u00eene le psychotique dans la lecture d\u2019\u00e9v\u00e9nements projet\u00e9s \u00e0 partir de son pr\u00e9sent avec une impossibilit\u00e9 de s\u2019inscrire dans la pr\u00e9sence. Dans les phases d\u00e9pressives, la temporalit\u00e9 se r\u00e9duit en une forme de plainte nostalgique en r\u00e9tention avec un ralentissement temporel, et lors de la phase maniaque, le psychotique perd le souvenir et l\u2019appui dans le pass\u00e9 pour une pulsion qui se projette hors de toute temporalit\u00e9 et limites ; le pr\u00e9sent n\u2019est pas inscrit, il est juste l\u00e0 \u00e0 traverser pour que la pulsion se vive dans l\u2019exclusion des \u00e9v\u00e9nements du pass\u00e9 avec une acc\u00e9l\u00e9ration de la temporalit\u00e9. Le schizophr\u00e8ne s\u2019efforce dans son d\u00e9lire d\u2019aller \u00e0 la rencontre de l\u2019\u00e9v\u00e9nement pour tenter de comprendre et de modifier l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Chez le pervers, l\u2019\u00e9v\u00e9nement va l\u2019amener \u00e0 r\u00e9agencer le temps et l\u2019histoire, une histoire mythique. Le v\u00e9cu du psychotique va le situer dans un \u00ab hors de l\u2019histoire et des \u00e9v\u00e9nements \u00bb, le v\u00e9cu du pervers va le situer dans la reviviscence des \u00e9v\u00e9nements historiques qu\u2019il r\u00e9agence dans une r\u00e9alit\u00e9 destin\u00e9e \u00e0 la jouissance de l\u2019autre et \u00e0 une forme de temporalit\u00e9 du d\u00e9sir.<\/p>\n<p>Le trait dominant de la psychose est donc la perte de l\u2019histoire et du lien \u00e0 soi-m\u00eame et \u00e0 l\u2019autre. Le pr\u00e9sent hypermn\u00e9sique envahit un pass\u00e9 o\u00f9 l\u2019histoire n\u2019a pas eu le temps de s\u2019\u00e9laborer, alors que le futur est d\u00e9bord\u00e9 par des projets irrationnels. Le moi morcel\u00e9 se retrouve en relation avec des fragments de r\u00e9alit\u00e9 (du pr\u00e9sent et de l\u2019histoire du pass\u00e9) dans une tentative de d\u00e9nier la r\u00e9alit\u00e9 et de la remplacer.<\/p>\n<p>Les outils ne doivent pas \u00eatre dans le champ de l\u2019insaisissable. Penser le changement aujourd\u2019hui impose de mettre nos moyens et nos connaissances en commun, sans les exclure, un changement \u00e0 partir de l\u2019exp\u00e9rience, de la connaissance et loin des peurs.<\/p>\n<p>Les th\u00e9rapies et diff\u00e9rentes approches destin\u00e9es \u00e0 permettre le changement ont trop longtemps \u00e9t\u00e9 vues comme :<\/p>\n<ul>\n<li>soit une m\u00e9thode qui impose au conscient des actings hors du champ du libre arbitre et se heurtant aux syst\u00e8mes d\u00e9fensifs,<\/li>\n<li>soit des approches qui p\u00e9n\u00e8trent l\u2019inconscient faisant surgir de l\u00e0 o\u00f9 ils incubaient des souvenirs traumatiques \u00e0 panser plut\u00f4t que de les penser autrement, cela permettant \u00e0 l\u2019individu de survivre dans un \u00e9quilibre aussi peu modifi\u00e9 que possible.<\/li>\n<\/ul>\n<p>N\u2019oublions pas que le syst\u00e8me socioculturel se pose l\u00e0 aussi, comme limitateur du changement, car pour le syst\u00e8me, il est toujours pr\u00e9f\u00e9rable de garder les individus dans une forme d\u2019immaturit\u00e9 soutenue par un illusoire \u00c9tat providence qui les met sous d\u00e9pendance. Le social et l\u2019individu occidental se compl\u00e8tent dans l\u2019immobilisme et la peur du changement, ce qui ne facilite pas la possibilit\u00e9 de \u00ab mutation \u00bb, dans une soci\u00e9t\u00e9 en perte de ses valeurs, de ses rites et de ses symboles qui permettaient aux jeunes le mouvement.<\/p>\n<p>La principale pression \u00e0 laquelle sont soumis les hommes et les femmes de cette soci\u00e9t\u00e9 est aussi la prescription de conformit\u00e9 aux crit\u00e8res et aux normes.\u00a0 La ligne de d\u00e9marcation entre le respect de la norme et la d\u00e9viance devient la cible des \u00ab r\u00e9fractaires au changement \u00bb qui se\u00a0 rigidifient dans le manque de perspectives et de projets r\u00e9sultant de leur immobilisme et leurs peurs. Comme le disait Charles Franklin Kettering : \u00ab Le monde d\u00e9teste le changement, c\u2019est pourtant la seule chose qui lui a permis de progresser \u00bb.<\/p>\n<p>De nos jours, l\u2019art du changement pourrait consister de plus en plus en un refus de se laisser g\u00e9rer par le soci\u00e9tal et son propre pass\u00e9. Il revient aux th\u00e9rapeutes et autres acteurs du changement d\u2019aider ceux qui le veulent \u00e0 devenir acteurs de leur propre changement. En effet, nous oublions trop souvent que les patients viennent dans une forme \u00ab d\u2019obligation de soins \u00bb avec un tiers demandeur qui peut \u00eatre : le couple, le conjoint(e), l\u2019entreprise, des sympt\u00f4mes\u2026 Mais rarement pour eux dans le \u00ab j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de changer quelque chose dans ma vie \u00bb.<\/p>\n<p>En cela, l\u2019association entre th\u00e9rapie et par exemple neuro-quantis ouvre de nouvelles perspectives. Ces nouvelles perspectives annoncent \u00e9galement la fin de la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019autrefois, des th\u00e9rapies rassurantes dans des lieux bien calfeutr\u00e9s avec des th\u00e9rapeutes n\u2019osant pas s\u2019engager sur la voie du changement car trop souvent inf\u00e9od\u00e9s au syst\u00e8me.<\/p>\n<p>Personne ne force les chasseurs \u00e0 chasser pour se nourrir ! Nous sommes l\u00e0, pour aider, celles et ceux qui veulent changer, nous pouvons leur offrir les outils de leurs possibilit\u00e9s \u00e0 changer en sortant de la toute-puissance et la croyance que la m\u00e9thode d\u2019un tel est meilleure que celle d\u2019un autre, qu\u2019un dipl\u00f4m\u00e9 est le garant de plus de qualit\u00e9. Les professionnels, se pensant d\u00e9tenteurs d\u2019un savoir \u00ab unique \u00bb, risquent de basculer dans l\u2019incomp\u00e9tence et les marchands de r\u00eaves. Dans la course actuelle \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9, l\u2019art de faire mieux que les autres r\u00e9side dans le refus d\u2019accepter un savoir \u00e9tabli, de suivre des pr\u00e9c\u00e9dents, c\u2019est reconna\u00eetre la sagesse d\u2019une exp\u00e9rience accumul\u00e9e et surtout apprendre \u00e0 partager, \u00e0 s\u2019ouvrir avant tout \u00e0 Soi et au Monde et avoir accept\u00e9 un travail sur soi-m\u00eame, ses doutes, ses questionnements.<\/p>\n<p>Cette conf\u00e9rence \u00e0 deux renforce pour moi la philosophie selon laquelle nous devons envisager la vie telle que nous la voulons et non telle qu\u2019elle pourrait \u00eatre plut\u00f4t que comme elle fut. Il y a deux types de th\u00e9rapeutes et\/ou de coachs, ceux qui sont enferm\u00e9s et enfermants et ceux qui sont ouverts et ouvrants. L\u2019immobilisme m\u00e8ne au d\u00e9sastre.<br \/>\nDans un monde qui est davantage gouvern\u00e9 par des normes, seuls celles et ceux qui oseront s\u2019en d\u00e9faire pourront alors oser le changement.<br \/>\nDans le monde qui s\u2019ouvre aujourd\u2019hui, prendre le risque de changer devient une valeur fondamentale, elle ne peut pas \u00eatre impos\u00e9e.<\/p>\n<p><em><strong>Erick Dietrich, M\u00e9decin, Sexologue, \u00c9crivain<br \/>\nPsychosomatoanalyste, Victimologue, Paris, France<\/strong><\/em><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/www.psycho-ressources.com\/erick-dietrich.html\">https:\/\/www.psycho-ressources.com\/erick-dietrich.html<\/a><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br \/>\nNote:<br \/>\n1. Vient du terme anglo-saxon serendipity, dont l\u2019\u00e9quivalent fran\u00e7ais (s\u00e9rendipit\u00e9) ne figure pas encore dans nos dictionnaires. Il d\u00e9signe l\u2019action qui consiste \u00e0 trouver quelque chose qui n\u2019\u00e9tait pas initialement pr\u00e9vu par la recherche.<br \/>\n2. C\u2019est-\u00e0-dire peu avant que le soleil ne se l\u00e8ve sur une journ\u00e9e diff\u00e9rente !<\/p>\n<p>* * *<\/p>\n<a href='http:\/\/twitter.com\/share' class='twitter-share-button' data-text='Rencontre: Neuro Quantique et Psychosomatoanalyse' data-url='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/?p=3864' data-counturl='https:\/\/www.psycho-ressources.com\/blog\/neuro-quantique-somatoanalyse\/' data-count='horizontal' data-via='LesPSY'>Tweet<\/a>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pourquoi cette conf\u00e9rence \u00e0 deux, Olivier Masselot et l\u2019entreprise Neuro-Quantique, et moi-m\u00eame, avec la Psychosomatoanalyse. 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