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La bibliothèque de psychologie de Psycho-Ressources |
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. Alors, votre inconscient est-il sur votre canapé ? 1
- CHEZ MARGAUX |
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. « Nous sommes chez des gens très attachés aux souvenirs, comme en témoignent ces meubles qui pourraient provenir d’une maison de famille. La décoration n’est pas ostentatoire, mais simple et de bon goût, recherchée, pensée. On sent que l’appartement a été conçu de façon à laisser une place à chacun : cette grande table de salle à manger et ce lampadaire à trois lampes mettent chacun dans la lumière. Il y a certainement des enfants en bas âge, et tout est fait pour qu’ils se sentent bien, car je ne vois ni meubles ni matériaux précieux susceptibles d’être abîmés. Cette famille aime les racines et la profondeur. La tradition familiale est très importante, on sent la continuité. Ils sont notamment attachés à la terre. La grande cuisine ouverte, qui est comme le ventre de la mère, prouve que les repas ont une place prépondérante, et ce banc autour de la table montre le sentiment social, de communauté interhumaine. Cette sensation est rehaussée par le fait qu’il n’y a pas de rideaux aux fenêtres. Nous sommes chez des gens ouverts sur le monde extérieur, et pudiques à la fois, d’où le peu de photos personnelles dans la grande pièce, à la vue de tous. » Et Margaux est… ...
éditrice, et son mari designer. Au
sein de leur famille recomposée, ils ont six enfants, dont deux de moins de 3
ans. Leur porte est effectivement toujours ouverte. |
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- CHEZ PAUL |
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« Etonnant ! Voilà quelqu’un qui a conservé une part d’enfance importante, avec cette collection d’objets du cirque. La grande télé me fait penser que nous sommes chez un homme, car les hommes aiment à garder un lien fort avec le dehors, qui est plus leur domaine. Un homme qui aime collectionner… C’est-à-dire retenir, et non pas donner. Tout le monde est un peu collectionneur, mais à des degrés divers. Une collection obsessionnelle est mauvais signe, mais ici ce n’est pas le cas : il y a des vierges, des santons, des jouets d’enfant. Pour moi, le remplissage compense une angoisse de la solitude. Le désordre est une compagnie. Voilà donc quelqu’un qui aime littéralement s’entourer. Mais comme il ne sait pas vraiment donner, il compense avec ces objets religieux, ce lien mystique avec les autres. Religion vient de “relier”. Il n’y a d’ailleurs aucune photo ni représentation d’êtres humains dans cette pièce, hormis les gens du cirque. Seul le monde de l’enfance subsiste ici. Son salon ressemble à un décor de théâtre, il se met encore en scène dans sa propre vie. Son désir n’est pas encore apaisé. » ...
metteur en scène ! Il vit seul, mais toujours entouré d’amis. Il a peur du vide comme de la solitude, et accumule sans cesse. Il lui est impossible de jeter quoi que ce soit. |
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3
- CHEZ LAURE |
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« Les tapis immaculés, le côté cosy font penser que tout le monde ne vient pas ici. Il faut y être vraiment invité. Nous sommes donc chez quelqu’un en quête d’une grande intériorité. Il y a peu de meubles recherchés, nous sommes chez quelqu’un de franc, d’honnête avec luimême. Cette recherche de l’épure, de la symétrie et de l’essentiel — la télé est quasi absente — nous donne l’impression d’être dans une maison refuge, cocon. D’ailleurs, la maison est toujours un cocon, féminin, elle est le lieu de protection, là où l’amour se dit et se fait. Ici, on se sent effectivement en sécurité, notamment avec cette symétrie, cet ordre des choses respecté. Mais ce n’est pas un ordre coercitif, du domaine du combat. C’est un ordre serein. L’éclairage est doux, comme si on avait conscience que tout ne doit pas être étalé au grand jour. » ... directrice de production. Divorcée, elle vit avec ses deux enfants. Laure est extrêmement casanière, son appartement est pour elle un cocon, une protection. |
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4
- CHEZ LUCIA |
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. « Voilà un appartement ouvert sur la vie, le monde, lumineux. Le passé est peu présent, on est dans la vie, et dans une vie festive, colorée. Le beau ici présent n’est pas le résultat d’un snobisme — je prends ce meuble parce qu’il est à la mode et que je n’ai pas vraiment confiance en mon choix propre — mais d’un goût. D’une délicatesse. On y trouve le désir de faire de soi un être à part, de vivre sa vie. D’ailleurs, si les enfants sont présents — la bicyclette en témoigne —, ils ont leur place à eux, mais qui n’est pas centrale, et les adultes savent aussi s’amuser “en adultes”, avec cette bibliothèque originale. On sait ce que l’on veut, qui l’on est, on n’est pas dans la démonstration ou l’esbroufe. On est dans le ludique, sans être dans l’infantile. L’enfance a été digérée. » Et Lucia est… ... femme au foyer, et l’épouse d’un chanteur argentin. Ensemble, ils ont trois enfants. Elle aime changer sans cesse son appartement, pour que ce lieu soit toujours festif et fonctionnel à la fois. |
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- CHEZ ANTOINE |
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. « Consommer comme cet homme a l’air de le faire, jusqu’à l’épuisement, est à mon sens un comportement obsessionnel. Posséder rassure. Ici, le besoin de se rassurer est phénoménal. De plus, tout est technique : DVD, ordinateur, écrans… l’humain passe en dernier. Il faut savoir que l’on habite une maison autant que celle-ci nous habite. Or, cette maison ne permet pas d’échange, de sociabilité, elle écrase avec son surplus d’objets. Elle est aussi le témoignage d’un masculin fantasmé : énorme télé, ordinateur hyperpuissant… sans parler de la collection de superhéros. Ici, la vie s’est arrêtée, on en est déconnecté. Les fenêtres sont fermées. Et, à force de vivre dans un capharnaüm d’objets, on en devient un soi-même, on “s’objectise” sans s’en rendre compte. On est comme dans la chambre mortuaire d’un pharaon : les objets sont le signe du pouvoir… mais la personne a quitté la vie. » Et Antoine est… ... graphiste. Célibataire invétéré, il raffole de séries américaines et de films en général, et passe sa vie sur Internet, plongé dans son univers cinématographique. |
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Patrick Estrade,
Psychologue, Psychothérapeute, Nice, France |
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