La bibliothèque de psychologie de Psycho-Ressources

.

L’effet thérapeutique d’une
approche non duelle

Par Gilles Pommet, Psychothérapeute
Montréal, Québec, Canada
| Voir ma page Psycho-Ressources |

.
L’effet thérapeutique d’une approche non duelle

La quête spirituelle et la psychothérapie sont d’un ordre différent, mais pas nécessairement incompatibles. Une démarche psychothérapeutique efficace peut certainement seconder une quête spirituelle afin qu’elle soit mieux incarnée. Par contre, l’inverse ne s’applique pas autant. En effet, il est plutôt inhabituel qu’une quête spirituelle puisse venir en aide à une psychothérapie. Toutefois, il existe toujours des exceptions. Et c’est le cas de l’enseignement de la non-dualité (advaïta) selon Ramesh Balsekar, généralement classé dans la spiritualité. 

L’approche non duelle de cet homme n’a pas la prétention de remplacer une démarche psychothérapeutique valable. Néanmoins, elle peut assurément lui prêter main-forte. Et elle le réussit bien, puisqu’elle génère des répercussions directes dans le quotidien. M. Balsekar, ancien disciple du célèbre sage moderne Nisargadatta Maharaj, enseigne la non-dualité depuis plus de 25 années. Son enseignement est simple, clair, concret et pratique. Voici en quelques mots l’un de ses éléments essentiels. 

Le libre arbitre, tel que nous le connaissons, suppose que nous sommes libres de décider et d’agir comme nous le voulons devant les situations qui se présentent à nous. Et c’est ce qui, en toute apparence, semble prévaloir. Pourtant, si l’on prend le temps de s’arrêter et d’examiner sa vie, de façon objective, on constate que bon nombre des événements qui ont suivi nos décisions et nos actions, sinon la majorité, échappaient entièrement à notre contrôle. Pour ces raisons, nous voilà obligés de reconnaître que libre arbitre ne rime pas nécessairement avec contrôle du résultat. 

Si nous n’avons aucun contrôle sur l’incidence de nos actes, cela ne signifie pas pour autant que l’on doive se soustraire à ses responsabilités et obligations. Il s’ensuit tout simplement que nous continuons d’agir en personnes responsables, tout en gardant à l’esprit que les résultats de nos actions sont hors de notre portée. 

Cela dit, nous avons incontestablement le libre choix d’agir et de décider ce que nous considérons comme étant le mieux à faire devant telle ou telle situation. Par contre, comme déjà soulevé, nous ne pouvons revendiquer une soi-disant compétence sur le dénouement de nos actes et décisions. Mais comment expliquer que nous agissons de telle façon devant une circonstance en particulier, plutôt que d’une manière totalement différente ? À cela, nous pouvons énoncer sans trop risquer de nous tromper que nos actions et nos décisions sont en fonction de nos gènes et de notre conditionnement. Si tel est effectivement le cas, avons-nous choisi nos gènes ? Non. Avons-nous choisi notre conditionnement ? Non plus. Dans ces conditions, si nos décisions et nos actions sont tributaires de nos gênes et de notre conditionnement, pour lesquels nous n’avons eu aucun contrôle, le libre arbitre existe-t-il vraiment?

En toute apparence de cause, nous ne pouvons faire autrement que de reconnaître l’existence du libre arbitre. Et heureusement, sinon sans lui, la vie de tous les jours telle que nous la connaissons, avec ses hauts et ses bas et tout le côté dramatique que nous aimons bien lui prêter, ne pourrait exister. Sauf que, d’une part, nous n’avons aucun pouvoir sur le résultat de nos actions et de nos décisions. En conséquence, le libre arbitre est sans valeur sur le plan pratique. D’autre part, nos actions et nos décisions sont entièrement sous l’influence de nos gènes et de notre conditionnement, ce sur quoi nous n’avons également eu aucun contrôle. Ainsi, même sur le plan théorique, le libre arbitre est sans valeur. 

En considération de ce que nous venons de présenter, il est important de préciser cependant que le conditionnement n’est pas quelque chose de fixe. Ce dernier s’est principalement formé selon l’éducation reçue, la culture dans laquelle nous avons grandi, toutes les expériences vécues depuis notre naissance et même, d’après certains, de notre vie intra-utérine. Et il continue à se façonner de jour en jour. 

Par ailleurs, nous savons que l’un des objectifs en thérapie vise d’abord à conscientiser le conditionnement présent. Ensuite, en faisant appel à différents outils (selon l’approche utilisée), le travail de conscientisation se poursuit dans un but d’atténuer l’influence nuisible de ce conditionnement qui ne cesse d’intervenir, à notre insu, dans notre vie actuelle, nuisant ainsi à nos relations intimes et interpersonnelles.

Alors, si la psychothérapie peut servir d’outil à notre épanouissement, qu’en est-il vraiment de cette approche non duelle en terme de pouvoir produire des bienfaits dans notre vie de tous les jours ? Comme souligné au début de cet article, cette approche ne prétend pas être un substitut à une psychothérapie. Cependant, la connaissance pratique qui s’en dégage nous éclaire sur le fait qu’en réalité nous ne sommes pas les maîtres de notre destin, même si le contraire semble prédominer et en est largement diffusé. Dans ce cas, si nous n’exerçons aucune véritable mainmise sur l’issue de nos gestes, pourquoi éprouver de la culpabilité, de la honte ou même des remords ? À ce propos, cela n’exclut pas que nous puissions ressentir du regret, mémoriser l’expérience et agir autrement dans le futur. Mais en aucun cas ne devons-nous nous reprocher quoi que ce soit personnellement. Voilà donc un gros fardeau inutile en moins. N’est-ce pas là un effet concret et non négligeable dans le quotidien ?

Ce n’est là qu’un aperçu de cet enseignement unique et révolutionnaire. Il contient évidemment plusieurs autres éléments qui, une fois réunis, bien saisis et intégrés, peuvent déclencher l’ouverture d’une toute nouvelle perspective. Concrètement, lorsque cet enseignement est bien compris, cela donne lieu non seulement à moins de culpabilité, mais aussi à plus de légèreté, davantage de paix intérieure et une attitude beaucoup plus souple envers les événements qui composent notre quotidien. 

En conclusion, cette approche non duelle entraîne bel et bien des effets thérapeutiques tangibles. Elle peut donc être utilisée de concert avec toute démarche psychothérapeutique. 

Si la vie ne devient pas plus facile, elle peut en revanche devenir plus simple... 

INVITATION : Dans le cadre de la parution du livre Seule la Conscience existe, Gilles Pommet va offrir une série de conférences à Montréal et dans les environs entre le 30 novembre et le 6 décembre. Un atelier suivra le 8 décembre. Une occasion unique pour découvrir et approfondir cette approche. Pour tous ceux et celles intéressés à connaître les dates et les endroits des conférences, ainsi que de l’atelier, veuillez consulter son site Web à la page suivante : www.gillespommet.com/pommet10.htm. 

Gilles Pommet
Psychothérapeute 
Voir ma page Psycho-Ressources
.
.

Ce texte est la propriété de Gilles Pommet. Toute reproduction sans l'autorisation de l'auteur est interdite
Conception et mise à jour  A. Rioux, Psycho-Ressources.com, Tous droits réservés, © Copyright 2007.