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. «On ignore tant le drame humain qu’on est au point de réduire la psychose à un handicap biologique!» W. Apollon. La psychose amène une difficulté touchant au fondement de l'existence humaine. La psychose est un des plus grands troubles de la communication et pouvoir soigner par la parole, représente l'aspect essentiel pour aller vers un mieux-être. Comme la guerre ou la paix, comme l'Autorité ou le Sens, comme l'amour ou la mort , la psychose nous confronte à l'incontournable fragilité des fondements de l'humain, là où nos sociétés modernes tentent d'évacuer le tragique, triturant les assises du croyable, montant en épingle l'individualisme à la place d'une esthétique. Le retour à la psychanalyse ramène le traitement des psychoses aux enjeux qui articulent les psychoses mises en scène aux mythes et aux interdits fondateurs du sens et du lien social dans une société donnée. Pour Willy Apollon, la psychose est une structure d'esprit qui n'empêche pas une vie normale. C'est une difficulté de communication. Le « psychotique » est partagé entre le désir de communiquer ses sentiments et l'impossibilité de le faire. C'est un état de souffrance intérieure. La particularité de la crise schizoïde, c'est qu'elle fait peur à celui qui la subit et aussi à son entourage. Il y a un choc terrible, incompréhensible, inexplicable, qui laisse stupeur et frayeur. Depuis 20 ans maintenant, Willy Apollon et son équipe du 388, Centre psychanalytique de traitement pour jeunes adultes psychotiques, apportent la preuve qu'on peut traiter autrement avec de meilleurs résultats que par le traitement classique avec les psychotropes à long terme.
Il n'y a pas de rechutes, pas de ré-hospitalisation. Toute la pathologie réside à la conséquence de cette crise. Pourtant la crise n'est pas l'état permanent du sujet. Il s'agira de comprendre quel processus a amené à cet état de crise. Il s'agit de savoir reconnaître les symptômes précurseurs de la crise afin de l'éviter. Le « psychosé » est aux prises avec quelque chose qui touche à la communauté, à la civilisation ou à l’univers lui-même. La psychose réside essentiellement dans la perte du lien social causée par la forclusion du Nom du Père. La distinction de la psychose est alors à penser comme temps spécifique où le sujet est dans l’incapacité à créer un lien social, un rapport à l’Autre qui soit encore convenable, c’est à dire négociable dans la socialité commune. Tout enjeu éthique est alors mis en balance dans cette lutte sociale où les valeurs matérielles priment sur les valeurs symboliques. Au risque de paraître provoquant, dit W. Apollon, j'ajouterais même ceci à quoi me conduit une expérience de 25 années d'études, de recherches et de pratiques diverses, dans ce champ spécifique de la psychose : "Il n'y a que trois ou quatre voies possibles pour la psychose : La pratique artistique, La religion ou la science, La psychanalyse, Le choix du délire." Les blessures secrètes qui sont le travail de la mort dans la vie, trous qui signent le manque à être du sujet, le psychotique quête une autre langue, et un autre savoir pour les penser.
Il s’agira de permettre, par la souffrance et l’échec, de découvrir des potentiels qui aideront à se construire et à investir un projet. Le « psychosé » sera donc appréhendé comme un
être en devenir. Les troubles de la santé mentale sont perçus comme des périodes de détresses émotionnelles sévères, qui ont une signification que nous devons nous efforcer de comprendre. |
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Ce texte est la
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