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La maison sur le divan
Tous ce que nos habitations révèlent de nous

(présentation de livre)
Patrick Estrade
Psychologue, Psychothérapeute
Nice, France
Voir ma page Psycho-Ressources
Éditions Robert-Laffont (Collection Réponses)

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La maison sur le divan
Tous ce que nos habitations révèlent de nous

LE LIVRE

Notre esprit est peuplé du souvenir des habitations qui nous ont abrités depuis le début de notre vie. Grands ou petits, humbles ou fastueux, ces murs ont été les témoins de nos succès comme de nos malheurs. 

En examinant nos manières d’habiter ces lieux, le psychologue Patrick Estrade nous aide à décrypter la façon dont se traduisent du point de vue psychologique et somatique des moments cruciaux tels que: déménager, acheter, construire, hériter, vendre ou perdre un appartement. Comment se fait le passage à une autre maison en cas de séparation ? Quels enjeux posent les familles recomposées, quels problèmes en résultent pour soi et pour les enfants… Patrick Estrade met au jour avec précision les mécanismes inconscients qui sont à l’œuvre dans notre rapport à ce qu’il appelle notre « ventre de la mère ».

Véritable thérapeutique de la maison, ce livre est l’occasion « de nous interroger sur nos fondamentaux », de voir « ce qui coince » et, le cas échéant, de faire le ménage des murs qui nous encombrent, de guérir de ceux qui nous rendent encore malades pour enfin vivre avec un « intérieur qui nous corresponde ».


Psychologue et psychothérapeute, Patrick Estrade a été formé à l’Institut de psychologie analytique de Berlin. Il est l’auteur de nombreux ouvrages à succès parmi lesquels Comment je me suis débarrassé de moi-même (Robert Laffont, 2004) et Ces souvenirs qui nous gouvernent (Robert Laffont, 2006), traduit dans le monde entier.

SOMMAIRE

Préface 
L’enfant et les étoiles de mer 
Quatre murs et un milliard de questions 
Une thérapeutique de la maison 
Un carnet et un stylo 

Première partie 
LE BESOIN D’UN FOYER 
I La place de l’affectif 
II La maison et ses limites 
III La maison ouverte 

Deuxième partie 
CONSTRUIRE, AGENCER, PERSONNALISER 
I Construire sa « baraque » 
II La maison identification 

Troisième partie 
S’EN ALLER, QUITTER, CHANGER D’AIR, BASCULER ET CHUTER 
I Partir 
II Mobilité, déplacement, mutations, affectations
III Prendre l’air 
IV S’en aller voir ailleurs (Évasion) 
V Basculer et chuter 

Quatrième partie 
QUAND LES MURS NE TOURNENT PAS ROND 
I La maison vitrine intérieure des comportements parentaux 
II Familles recomposées – garde alternée 
III Conflits de caractère entre le moi et la maison 
IV Effraction 
IV Le voisinage et ses nuisances 

Cinquième partie 
RÉALITÉS ET FANTASMES DE LA MAISON, POÉSIE AUSSI 
I La maison dans ses rapports avec l’humain 
II Maison et superstition 
III Feng Shui, géobiologie 
IV L’énergie de la maison 

SYNTHÈSE GÉNÉRALE 
CONCLUSION 

EXTRAIT

« Soigner et construire, tel est le “bâtir” au sens étroit »
Martin Heidegger

Au départ quand on m’interrogeait sur le thème de ce livre je répondais invariablement : « Il traite de la psychologie et la psychopathologie de la maison ». Devant le peu d’enthousiasme de mes interlocuteurs, j’ajoutais : « je veux regarder à quoi l’on touche quand on touche à la maison ». Leur air incrédule persistant je résolus d’expliquer simplement : « Je veux examiner la question de la maison qui rend malade et de la maison qui guérit ». A partir de ce moment, j’eus le sentiment d’être reçu 5 sur 5. Et en effet, tel est bien mon propos. Dans ce livre, je voudrais vous montrer l’importance que revêt la maison dans la vie de tout un chacun et le rôle caché quoique fondamental qu’elle joue dans notre vie psychique, dans notre équilibre au quotidien et dans notre santé mentale.

Notre esprit est peuplé du souvenir de tous les murs, de toutes les enceintes, de toutes les pièces, toutes les maisons, les bâtisses, les bâtiments que nous avons rencontrés, côtoyés, ou qui nous ont abrités, hébergés depuis le début de notre vie. Quels sont-ils ? Ce sont ceux grands ou petits, humbles ou fastueux, qui nous ont vu naître, et grandir. Ils ont été de tous nos instants, de toutes nos joies, de toutes nos peines. Ils ont été les témoins de nos succès, de nos exploits, de nos richesses. Parfois, ils nous ont vus malades ou malheureux, perdus ou désespérés, sanglotant comme si nous avions été abandonnés du monde entier. D’autres fois, les traîtres ont fermé les yeux, voire les oreilles, devant nos épreuves, nos tourments, nos souffrances, nos terreurs. Mais en fait, qu’il s’agisse de nos murs psychiques ou de ceux de nos maisons, il s’agit des mêmes murs, car les uns comme les autres parlent de ce qu’il y a de plus cher, de plus intime, de plus sensible en nous, ils parlent de notre « maison intérieure » de notre « ventre de la mère ». 

La maison, cet endroit chaud et nourricier rythme les différentes périodes de notre vie. Maison d’enfance, internat, famille d’accueil selon le cas. Maison de jeune, souvent premier appartement et première expérience de vie séparée de nos parents. Puis, maison d’adulte, pour de vrai, avec le désir de s’établir et de vivre une vie de couple et/ou une vie de famille. Maison singulière, maisons plurielles, des maisons en veux-tu en voilà. Oui, c’est une évidence, tous nos murs sont vraiment dans nos têtes.

Dans ce livre, j’ai voulu montrer comment une maison se construit, comment on se l’approprie et on en personnalise l’intérieur en fonction de ses propres goûts et de sa propre culture. J’ai évoqué la maison que l’on quitte et dont on ressent la nostalgie ou la peur viscérale lorsqu’elle menace de nous être enlevée. J’ai analysé les difficultés, voire les souffrances qui y sont liées lorsqu’elle se trouve attaquée de l’intérieur par les comportements aberrants ou névrotiques de certains parents. J’ai parlé de la difficulté des enfants à s’inventer une nouvelle vie lorsqu’un de leurs parents décide de revivre avec un nouveau ou une nouvelle partenaire. J’ai aussi analysé l’impact traumatique pouvant résulter de situations telles que les cambriolages ou les conflits de voisinage. J’ai démonté les mécanismes des superstitions afin de mieux les faire comprendre au lecteur. Enfin, parlant des énergies qui régulièrement s’établissent entre l’homme et la maison, j’ai montré combien tous deux avaient besoin de l’autre pour que cette dernière révèle son âme.

Au niveau psychologique, il est intéressant d’observer combien nous gardons en nous les traces, positives ou négatives des lieux que nous avons habités ou que nous habitons encore. Traces de la maison physique (chambre, cuisine, cave, grenier, jardin, environnement...) mais aussi de la maison sociale (parents, famille, voisinage…), ce que j’appelle la maison psychologique. Par-delà cette question, il est intéressant également de voir comment ces deux formes de maison interagissent pour former ce grand « bâti relationnel » que nous nommons « chez nous », ou « chez moi ». Il s’agit là d’un point parmi les plus importants concernant notre relation à la maison car il préfigure notre manière d’être au monde et de la façon dont nous percevons ce dernier. Il est le prototype mental sur lequel s’étayera notre perception de nos points forts et nos carences, de nos qualités et de nos défauts, et par-delà encore, de nombre de nos comportements et nos réactions face à la vie et face aux autres. Et de même, c’est à partir de lui que se manifestera notre courage de vie ou au contraire, nos peurs de vivre. C’est dire l’importance que revêtent toutes ces expériences accumulées depuis l’enfance dans nos différentes maisons et la nécessité d’y mettre bon ordre.

Extrait du livre de Patrick Estrade « LA MAISON SUR LE DIVAN: Tout ce que nos habitations révèlent de nous », paru en Mars 2009, avec l’aimable autorisation des Editions Robert Laffont, p. 293-294.

Patrick Estrade, Psychologue, Psychothérapeute, Nice, France
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