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. LE LIVRE Notre esprit est peuplé du souvenir des habitations qui nous ont abrités depuis le début de notre vie. Grands ou petits, humbles ou fastueux, ces murs ont été les témoins de nos succès comme de nos malheurs. SOMMAIRE Préface EXTRAIT « Soigner et construire, tel est le “bâtir” au sens étroit » Au départ quand on m’interrogeait sur le thème de ce livre je répondais invariablement : « Il traite de la psychologie et la psychopathologie de la maison ». Devant le peu d’enthousiasme de mes interlocuteurs, j’ajoutais : « je veux regarder à quoi l’on touche quand on touche à la maison ». Leur air incrédule persistant je résolus d’expliquer simplement : « Je veux examiner la question de la maison qui rend malade et de la maison qui guérit ». A partir de ce moment, j’eus le sentiment d’être reçu 5 sur 5. Et en effet, tel est bien mon propos. Dans ce livre, je voudrais vous montrer l’importance que revêt la maison dans la vie de tout un chacun et le rôle caché quoique fondamental qu’elle joue dans notre vie psychique, dans notre équilibre au quotidien et dans notre santé mentale. Notre esprit est peuplé du souvenir de tous les murs, de toutes les enceintes, de toutes les pièces, toutes les maisons, les bâtisses, les bâtiments que nous avons rencontrés, côtoyés, ou qui nous ont abrités, hébergés depuis le début de notre vie. Quels sont-ils ? Ce sont ceux grands ou petits, humbles ou fastueux, qui nous ont vu naître, et grandir. Ils ont été de tous nos instants, de toutes nos joies, de toutes nos peines. Ils ont été les témoins de nos succès, de nos exploits, de nos richesses. Parfois, ils nous ont vus malades ou malheureux, perdus ou désespérés, sanglotant comme si nous avions été abandonnés du monde entier. D’autres fois, les traîtres ont fermé les yeux, voire les oreilles, devant nos épreuves, nos tourments, nos souffrances, nos terreurs. Mais en fait, qu’il s’agisse de nos murs psychiques ou de ceux de nos maisons, il s’agit des mêmes murs, car les uns comme les autres parlent de ce qu’il y a de plus cher, de plus intime, de plus sensible en nous, ils parlent de notre « maison intérieure » de notre « ventre de la mère ». La maison, cet endroit chaud et nourricier rythme les différentes périodes de notre vie. Maison d’enfance, internat, famille d’accueil selon le cas. Maison de jeune, souvent premier appartement et première expérience de vie séparée de nos parents. Puis, maison d’adulte, pour de vrai, avec le désir de s’établir et de vivre une vie de couple et/ou une vie de famille. Maison singulière, maisons plurielles, des maisons en veux-tu en voilà. Oui, c’est une évidence, tous nos murs sont vraiment dans nos têtes. Au niveau psychologique, il est intéressant d’observer combien nous gardons en nous les traces, positives ou négatives des lieux que nous avons habités ou que nous habitons encore. Traces de la maison physique (chambre, cuisine, cave, grenier, jardin, environnement...) mais aussi de la maison sociale (parents, famille, voisinage…), ce que j’appelle la maison psychologique. Par-delà cette question, il est intéressant également de voir comment ces deux formes de maison interagissent pour former ce grand « bâti relationnel » que nous nommons « chez nous », ou « chez moi ». Il s’agit là d’un point parmi les plus importants concernant notre relation à la maison car il préfigure notre manière d’être au monde et de la façon dont nous percevons ce dernier. Il est le prototype mental sur lequel s’étayera notre perception de nos points forts et nos carences, de nos qualités et de nos défauts, et par-delà encore, de nombre de nos comportements et nos réactions face à la vie et face aux autres. Et de même, c’est à partir de lui que se manifestera notre courage de vie ou au contraire, nos peurs de vivre. C’est dire l’importance que revêtent toutes ces expériences accumulées depuis l’enfance dans nos différentes maisons et la nécessité d’y mettre bon ordre. |
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