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En
s’inscrivant dans le geste graphique, le scripteur imprègne la marque
digitale de son identité. Si la danse est le langage gestuel du corps, l’écriture
est ce langage de l’âme qui prend sa substance dans le tracé. Elle est
porteuse à la fois du témoignage historique de l’homme et de la révélation
de sa différenciation
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De tout temps les hommes ont laissé sur leur passage la marque indélébile de
leur histoire, de leur mode de vie et de leur désir profond de communiquer, les
dessins, les hiéroglyphes sont les précurseurs de la transcription graphique
actuelle.
Le
travail du grapho-psycho-analyste est comparable à celui de l’historien, de
l’archéologue qui décrypte, déchiffre le sens du message écrit qui est à
la fois une communication et une information.
La
graphopsychologie est un outil supplémentaire au travail du psychiatre, du
psychologue thérapeute, du psychanalyste dans la connaissance de la personnalité
du sujet. Elle peut suivre les stades évolutifs dans le traitement approprié
car bien souvent la détérioration du geste graphique est un signe de
perturbation de l’équilibre psychologique du sujet.
Pour
le conseiller conjugal, elle apporte des renseignements complémentaires sur les
causes probables des discordances, des divergences et des convergences
possibles.
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Petit
aperçu d’échantillon d’analyse
La psychiatrie médicale aurait beaucoup
de choses à dire dans cette écriture descendante, petite avec des
inhibitions dans le rythme, dans la pression , la continuité, des perturbations
dans la liaison des lettres, des jambages bâtonnets, atrophiés, sans vigueur,
peu fermes. Certaines lettres ont une construction étrange voir les lettres
« d ».
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On décèle une altération de la personnalité sur le plan du sens des réalités.
Ce sens des réalités est mis à l’écart. Cet être reste plus attiré vers
sa vie intérieure où les idées , les images jaillissent rapidement ce qui
peut aboutir à un sentiment d’étrangeté et d’indifférence à l’égard
du monde extérieur et de la relation sociale. Sans essayer de surpasser le
travail du psychiatre, ce graphisme dévoile des tendances schizophréniques, ce
qui demande à être vérifié par le spécialiste des maladies psychiques..
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L'écriture
de l’écrivain Franz Kafka, elle est chevauchante en descendante, légère ;
fortes variations dans la zone médiane, verticale avec des renversements vers
la gauche, exprimant la déchirure d’un écorché vif, pression déplacée,
des finales acérées et plus nourries dans les barres du « t » et
de la barre du « f ».
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Sensibilité
douloureuse et problématique où toutes blessures sont gardées longuement
comme stigmates à l’intérieur de son activité mentale d’où une
intelligence basée sur le pessimisme et le sens même de la vie. Il semble que
toute la problématique dans la relation avec le père s’inscrive dans ce
graphisme déchiré et souffreteux. Le père de ce scripteur « dont les
moyens oratoires en matière d’éducation sont à la fois l’injure, la
menace et l’ironie, rappelait sans cesse à ses enfants la misère de sa
jeunesse, leur faisant honte de cette vie facile dont ils jouissaient ».
Dans ce graphisme, dans son extension psychanalytique, le sujet a « un
compte à rendre avec le père ». Juste avant de mourir, il écrivait : « voici
deux nuits que je crache du sang, je pourrai dire que je me suis déchiré moi-même.
La menace violente mais vaine de mon père avait coutume de proférer, je te déchiquetterai
comme un poisson. Cette menace se réalise à présent indépendamment de lui-même ».
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Toute reproduction est interdite sans l'autorisation de l'auteur: Jacques
Serir, Psychanalyste et Psycho-graphologue
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