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Par Jacques Serir, Psychanalyste et Psycho-graphologue (2001)
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L'écriture est vivante, elle possède à la fois une force, une tension et un mouvement.
En choisissant sa vitesse exécutive , le scripteur confirmera la variabilité de la promptitude face au temps qui s'écoule. Sa manière personnelle est de saisir et d'agir sur le temps qui lui est réparti en tant que durée. En parlant du temps, il est nécessaire de faire intervenir la notion de simultanéité, de succession et de durée.
Pour Mr Max Pulver " L'acte graphique vit totalement de la tendance extravertie, son sens est : manifestation sans inhibition ,son but : aspiration à l'avance de gauche à droite sans empêchement ".
Toute forme d'affectation nuisant à l'exécution naturelle quasi-biologique du geste graphique modifiera et aura des répercussions sur la vitesse. Les ornementations, les rajouts inutiles, les volutes, les fioritures , les ratures et les retouches qui sont en somme des inhibitions tendront à ralentir la spontanéité du geste scriptural. Plus les formes des lettres s'agrandissent et se compliquent plus le sujet perdra du temps. La vitesse n'est jamais d'une constance régulière dans le tracé, c'est ce qui fait la spécificité de l'unicité de l'être, différent de la machine et de la robotisation. Il est toujours enclin à être sollicité et suscité par les interactions tant endogènes qu'exogènes, l'émotivité, l'éducation, les problèmes de santé ou mentaux.
Ralentir la rapidité du geste graphique est plus facile voire moins fatigant que d'essayer d'écrire plus vite qu'à notre habitude. Cette contrainte qu'elle soit d'ordre éducatif parental, scolaire ou social, se fera ressentir dans l' écriture.
Plus le tracé prendra de la vitesse , plus la construction des lettres s'amenuisera et s'escamotera. Cette précipitation déstabilisera la structure du graphisme, on peut être en présence d'une forte instabilité perturbant l'efficacité de l'agissement de l'être dans ses constructions réalisatrices. En somme l'éparpillement fait de cet être pressé un être perdu dans le temps, en courant plus vite que le temps en tant que durée, le désordre et le morcellement s'installent dans cette déperdition du temps. Il est nécessaire d'analyser la pression comme assise, une des pièces maîtresses pour diagnostiquer si cette prestesse graphique est le signe d'une activité fougueuse et constructive ou le spectacle de l'agitation.

Quelques extraits d’écritures dans la vitesse graphique :

Figure 1

geste-graphique

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Le tracé est à la fois rapide et précipité, le rythme tend vers la saccade, la nervosité et l’impatience  déstabilisent la structure de l’écriture. Elle est propulsée avec une telle rapidité que le scripteur n’est plus maître de son contrôle, les pauses n’existent pas. Il y a une hyperliaison des lettres entre elles, aucune perte de temps dans ce graphisme.

De la démesure, du bon sens, de la dureté , de l’intransigeance ont cohabité chez cet être à l’intelligence vive et à l’impatience prononcée. La grande capacité de travail et la résistance à l’effort lui permettaient de faire plusieurs choses à la fois. Cette course effrénée dans l’action avait aussi des conséquences sur la stabilité de son affectivité.

Figure 2

geste-graphique

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Le rythme de l’écriture est sans vie, affecté, lent. On a l’impression que cette lenteur est à la fois voulue et recherchée par souci de masquer toute la sensibilité de cette être ; le tracé comporte des angles, dans ce tracé lent , c’est le signe d’une inhibition . Un manque de souplesse dans les lignes et dans les mots, une fausse régularité qui se remarque par l’irrégularité de hauteur et de dimension dans le corps des lettres. Il y a un effort de maîtrise de la part du sujet pour maintenir une forme rectiligne dans la zone médiane(corps des lettres), avec ces angles significatifs de nervosité et de freinage. L’écriture est d’autre part verticale à tendance renversée et serrée.

Cette personnalité s’est construite une conduite d’apparence un peu obséquieuse, peut-être pour protéger sa vulnérabilité affective et de masquer ses hésitations, ses inquiétudes, ses insatisfactions  qu’elle n’ose exprimer. 

Figure 3

geste-graphique

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Écriture
peu structurée, pression inégale, boueuse et pâteuse, inégale dans sa coulée d’encre, inhibition dans le geste graphique ce qui ralentit considérablement la vitesse d’exécution, lente, la liaison entre les mots et les lettres est défectueuse, mauvaise coordination entre les lettres, finales longues et prolongées excluant tout espacement entre les mots, barre de « t » longues et n formes d’arc.

Le déséquilibre psychique ne semble faire aucun doute dans ce graphisme désordonné, toute la structure du caractère est perturbée. Seule la neurologie, la psychiatrie pourront poser le diagnostic avec précision ,s’agit-il par l’observation des signes et de leurs détériorations, d’une démence organique, présénile, d’une démence arthériopathique ? La graphopsychologie  peut simplement constater : que le sujet a des difficultés de mémorisation, une altération de l’humeur avec un mélange de tristesse et d’euphorie, des troubles de l’affectivité sur fond d’indifférence, de l’incohérence verbale et de l’irritabilité.

Figure 4

geste-graphique

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L’écriture a un geste contrôlé et pondéré, sobre, simple, aucun excès  avec des rétrécissements dans certaines lettres.

La prudence, la mesure et la raison  conduisent cette personnalité à privilégier la réflexion avant toute action. Aucun emballement ni précipitation, devant toute situation, sa devise : prendre du temps pour saisir et cerner les difficultés rencontrées. 

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Conception et mise à jour  Alain Rioux M.Ps. Psychologue, Tous droits réservés, © Copyright 2000.