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J'entends avec le coeur
Comment guérir du passé et construire du bonheur?

(présentation de livre)
Par Noële Barbot, Psychothérapeute, Hypnothérapeute
Lille, France
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59260, Hellemmes, France
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J'entends avec le coeur
Comment guérir du passé et construire du bonheur?

J’ai écrit, il y a quelques années un conte ; c’est donc une pure légende et toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existés serait naturellement fortuite.

Il s’agit de l’ « histoire d’une petite graine anti-tabac ».

Il était une fois une jeune femme jolie, intelligente, courageuse, car elle avait toujours été une petite fille, puis une grande fille, jolie, intelligente et courageuse.
Elle était brillante et toujours entourée et courtisée ; mais malgré le monde qui se pressait autour d’elle, la jeune femme se sentait souvent bien seule.
Son père avait eu confiance en elle : « elle réussirait comme un homme ! » Sa maman avait eu confiance en elle : « elle réussirait tout ce qu’elle, sa maman, aurait pu réussir… »
Seule la jeune fille, qui avait eu le bac à seize ans, n’en finissait pas sa traversée (car c’est à cela que sert le bac) et n’avait pas en elle toute la confiance nécessaire pour réussir sereinement. 
Aussi, elle se fixait constamment des montagnes tellement hautes à escalader que nul être humain n’aurait pu atteindre le sommet. La jeune fille ne se décourageait pas et recommençait toujours mais l’image qu’elle avait d’elle-même se réduisait au point que toujours elle maigrissait et qu’à présent son ombre était plus importante qu’elle-même.

Sa maman, qui ne supportait pas de voir ces kilogrammes perdus les prenait et les stockait. Parfois la jeune fille pensait et se disait : « la vie t’abat. »
Et voilà qu’elle se mit à fumer , à fumer et sa vie partait en fumée . Elle pouvait presque comme le disait autrefois son grand-père : « passer derrière les affiches sans les décoller ».
Et parce qu’un jour son corps de petite fille avait été violé, à présent c’est elle qui prolongeait la violence et se meurtrissait.
Elle, si respectueuse des autres, maltraitait son corps comme si elle voulait se punir d’avoir été une victime.
Est-ce parce que son père avait une image plus valorisantes des garçons que des filles, ou parce qu’elle se sentait obligée de réparer les blessures de sa maman, ou est-ce parce qu’un corps trop féminin est trop tentant pour les hommes, que petit à petit, elle effaçait les signes visibles de sa féminité ? Je ne sais pas .
Mais un jour, quelque chose bougea dans son corps. Sa poitrine reprit son souffle et elle sentit qu’elle était bien une femme car une petite graine de vie s’était installée dans son ventre et lui demanda : « qui t’as battue ? » Et elle entendit : « quitte le tabac, le tabac tue ! »
Alors la jeune femme dit merci à la petite graine de vie qui poussait dans son ventre et elle prit soin de son joli corps. Elle se mit à le respecter, à le nourrir à l’aimer, pour que le petit être de chair qui s’était installé à l’intérieur puisse séjourner dans le confort.
C’est dans ce ventre-hôtel en pension complète pour neuf mois qu’un petit d’homme trouve le plus d’étoiles.

CHAPITRE 11

Des mécanismes humains :

>> Du besoin de reconnaissance

Chaque être humain est un être d’amour, de relation, qui a besoin de reconnaissance.
L’enfant, pour grandir, a besoin de signes de reconnaissance conditionnelle liée à ce qu’il va faire. Cette reconnaissance sera positive à chaque fois que nous allons l’encourager pour ce qu’il a fait de beau, de bien, de juste… L’enfant a aussi besoin d’être averti quand ce qu’il fait n’est pas autorisé, et, c’est aussi en lui donnant de la reconnaissance négative que nous l’aidons à connaître les limites, et à progresser.
Malheureusement, nous sommes plus prompts à remarquer ce qui ne va pas plutôt que ce qui va bien. Pour accepter facilement la reconnaissance négative il faudrait avoir au préalable reçu dix fois plus de reconnaissance positive.
La reconnaissance inconditionnelle dont sont capables presque tous les parents, est liée à l’être. Elle est positive quand nous disons à l’enfant que nous l’aimons, qu’il est beau, qu’il est gentil, qu’il est intelligent, qu’il est adorable… Elle est un poison violent, voire mortel quand nous disons : « je ne t’aime plus, tu n’es pas beau, tu n’es pas gentil… »
STOP ! à cette confusion entre le FAIRE et L’ETRE. Une mauvaise note ne fait pas un nul, un mensonge ne fait pas un menteur. Ce n’est pas parce que mon enfant fait une bêtise que je cesse de lui porter de l’amour inconditionnel.
Au quotidien, beaucoup de violences sont faites aux enfants par des parents aimants, pleins de bonnes intentions (comme l’enfer), mais qui confondent parfois sentiments et relations. A chaque fois que je nie le ressenti de l’enfant c’est une violence :
- Maman, maman, je suis tombé, j’ai mal !
- Mais non, ce n’est rien du tout !…

Sommes-nous souvent tentés de jouer, de parler, de nous intéresser à notre enfant quand nous le voyons sage et studieux ? Ne nous occupons-nous pas immédiatement de lui dès qu’il a fait une bêtise, frappé son petit frère, cassé un objet ou qu’il hurle ?
L’enfant, très tôt, réclame de la reconnaissance, et, s’il ne l’obtient pas spontanément, c’est forcément en devenant « insupportable » qu’il va la réclamer. Certes, nous lui donnerons de la reconnaissance négative (une fessée, par exemple) mais pour lui ce sera mieux que pas de reconnaissance du tout.
Je rappelle donc le danger de « coller » des étiquettes.
Plus nous envoyons des messages tels que : « tu es insupportable, tu es maladroit, tu n’es bon à rien ! » plus nous enfermons l’autre dans un système, et nous l’obligeons à devenir ce que nous ne voudrions pas qu’il devienne.
Celui ou celle qui a été blessé(e) en entendant des messages de confusion entre ce qu’il fait et ce qu’il est ne tarde pas à douter de lui-même, perd sa confiance et même son amour de lui.

>> Violence, Blessure, Souffrance

Je reviens quelques instants sur ce mécanisme déjà évoqué lors des pages précédentes, à la fois pour bien le clarifier et aussi tellement je le trouve important dans le processus de thérapie. 
J’appelle violence tout ce que je reçois comme telle. Il peut s’agir d’un message de confusion entre ce que je suis et ce que je fais, d’une parole, d’un silence, d’un oubli, d’un mensonge, d’une trahison, d’un deuil, d’une séparation, d’une rupture…Il peut s’agir de coups, de viols ou autres tortures. La souffrance de quelqu’un que j’aime peut me faire violence. Il y a les violences que je reçois des autres et celles que je m’inflige à moi-même.
Beaucoup de personnes sont très habiles à entretenir l’auto - violence sous forme de honte et de culpabilisation. La culpabilisation est le prétexte que je me donne pour ne pas avancer.
Il ne faut pas confondre culpabilité et culpabilisation. Dans le premier cas il s’agit d’un sentiment normal que j’éprouve quand j’ai conscience d’avoir volontairement causé du tort à quelqu’un et quand mon acte mérite une sanction. Je me dois de tenter de réparer ce qui peut l’être. Dans le deuxième cas j’entretiens un sentiment de toute puissance qui me fait croire que je suis responsable de tout ce qui arrive et par conséquent je m’octroie du pouvoir sur les autres. La culpabilisation est l’entretien automatique d’un sentiment de culpabilité à tort ou à raison. Même si j’ai été coupable, la culpabilisation est une forme d’apitoiement sur moi – même. 
Les violences sont parfois tellement insupportables que l’être humain ne peut pas vivre avec le souvenir et la conscience de ces violences. Quand c’est le cas la personne peut occulter complètement ou partiellement ce qui s’est réellement passé ; ceci peut se faire dans les minutes qui suivent ou encore au fil du temps. Il ne faut pas confondre refoulement, oubli et occultation. Quand j’occulte, je tire un rideau qui me cache les choses. Mon corps et mon être savent, mais, moi, je ne sais plus que je sais. Je vis comme si… rien ne s’était passé ; cependant, très fréquemment, j’ai des symptômes de « mal a dit ». 
Énormément d’enfants violés très jeunes occultent. Leur corps souvent tente de leur dire ce message caché par des troubles de tous ordres : énurésie, infections urinaires, vaginales, hémorroïdes, mycoses, eczéma, troubles alimentaires, troubles du comportement, insomnie…Il s’agit dans l’occultation d’une véritable amnésie. Cependant mon corps, lui, ne peut pas oublier.
Le rideau peut se déchirer ou s’ouvrir à n’importe quel moment, n’importe où, grâce à un événement « gâchette ». Celui – ci peut se produire spontanément ou être provoqué par un état modifié de conscience.

Le cas de P….
P… est un petit garçon de huit ans qui joue avec des allumettes et provoque un incendie. La maison brûle et sa mère et sa petite sœur périssent. Le petit garçon sait que sa mère et sa sœur sont mortes et il grandit auprès de son père mais il occulte totalement les circonstances du drame et sa part de responsabilité. Trente ans plus tard, alors qu’il regarde tranquillement la télévision, il voit un film où le petit garçon âgé d’une huitaine d’années met le feu aux rideaux en jouant avec des allumettes. Immédiatement P… ressent un malaise et tombe malade. Le film a produit cet effet gâchette.

Personne ne peut savoir ce qu’il a occulté de plus ou moins grave et personne ne sait ce qui peut représenter pour une personne donnée un événement gâchette.
J’invite ceux et celles qui me consultent et qui constatent dans leur vie des symptômes qui les dérangent et qui en conscience ne connaissent pas les causes possibles de ces désagréments à faire confiance à leur inconscient qui lui sait et qui peut leur délivrer l’information utile pour améliorer leur qualité de vie.

Quand je reçois une violence celle-ci s’imprime, elle me marque et ouvre une blessure.

Les blessures peuvent être :
Archaïques
Ce sont les plus anciennes. Elles peuvent s’être inscrites en moi avant ma naissance. Elles peuvent même ne pas m’appartenir et être le fruit d’un héritage. Les récentes découvertes dans le domaine de la psychogénéalogie font état de transmission à quinze générations d’écart .
Primitives
Ce sont celles que j’inscris à ma naissance et dans les semaines qui viennent.
Le moment de l’accouchement est particulièrement important, pas seulement sur le plan physique et physiologique mais également sur le plan psychique et émotionnel.

Le cas de Natacha :
A plus de soixante ans Natacha était une femme toujours un peu triste, qui disait avoir le sentiment de ne pas exister ( je rappelle que exister signifie sortir de ). Elle disait ne pas se sentir à sa place et ne pas savoir où était sa place. Elle était la dernière enfant d’une famille très nombreuse et n’avait pas à se plaindre de sa mère qui courageusement avait élevé tous ses enfants. 
Natacha souhaita faire une séance d’hypnose éricksonienne. Ce fut la première fois que symboliquement une femme « accoucha » sur mon divan. Elle eut d’abord l’impression d’être enceinte, puis qu’elle allait accoucher et en même tant qu’elle donnait la vie elle réalisait que ce bébé naissant c’était elle-même. Elle ressentait en même tant les émotions de sa propre mère qui ne souhaitait pas en conscience donner la vie à un enfant de plus, le quatorzième…
Après cette re-naissance Natacha s’est sentie exister. Son visage a trouvé un sourire radieux et tous ceux et celles qui l’ont vue quelques jours après cette séance l’ont véritablement trouvée rajeunie…
Primaires
Ce sont celles que je ressens dès les premières années de ma vie en société, expérimentant les injustices, les disqualifications….

Les blessures qui s’inscrivent ensuite ne viennent le plus souvent qu’agrandir les plaies déjà ouvertes.

Quand je suis blessé(e) je souffre, et cette souffrance peut avoir de nombreux modes d’expression : maladie = mal a dit.
Dans la catégorie souffrance j’inscris toutes les somatisations, tous les symptômes dérangeants, toutes les dépendances : alcool, tabac, drogue, médicaments, …Mais aussi l’agressivité, le mensonge, la délinquance…
Celui qui n’est pas blessé n’a aucune raison de produire les manifestations citées ci-dessus.
Si je veux cesser de souffrir je peux avoir recours à des stratégies pour supprimer, gommer, masquer, faire taire, cacher. C’est d’ailleurs le rôle des « cachets » que d’occulter la douleur, la réduire au silence.
Je ne suis naturellement pas contre ce désir bien légitime de recevoir du soulagement et je remercie la médecine et la chirurgie et les hommes qui l’utilisent avec art pour les prodiges dont ils sont capables mais j’attire l’attention sur le fait qu’agir sur les conséquences est insuffisant si on ne s’intéresse pas à la cause profonde. Beaucoup ont pu remarquer qu’un symptôme se tait puis redit, puis se tait et redit encore et l’on dit que c’est chronique….
D’ailleurs une chronique n’est – elle pas faite pour raconter ?…
Si je tente d’exprimer ma blessure en souffrant, et que cette souffrance est réduite au silence, mon corps, qui tente de dire, risque de crier plus fort et encore plus fort pour être entendu.
Si, par exemple, le bébé est en difficulté par rapport à sa famille il va tenter de l’exprimer, non par les mots mais par des maux. Si le problème concerne sa place au sein de cette famille, son espace, sa relation à l’autre, les frontières, les limites… il pourra le dire par un eczéma ; la peau étant précisément la frontière entre moi et les autres. Si cet eczéma est « guéri » et que le bébé se sent « étouffé » il pourra l’exprimer par de l’asthme. Si la difficulté persiste, l’enfant, devenu adulte, pourra dire combien il a « mal au cœur » par une crise cardiaque.
J’ai énoncé que les violences reçues s’impriment et marquent. Le contraire d’imprimer c’est exprimer. Si quelqu’un me plante un couteau dans le cœur (violence reçue) je ne vais pas me contenter d’un pansement (pense ment) et me promener dans la vie avec cette violence à l’intérieur. Ce qui est entré doit sortir. Il faut que j’exprime cette violence reçue. 
C’est le sens de toutes les psychothérapies : ( prendre soin de l’âme ) .
Tous les moyens d’expression sont utiles pour « sortir » cette violence. La parole reste un merveilleux moyen et justifie les psychanalyses et thérapies de type analytique. Cependant, certaines personnes ont pu parfois constater que raconter leurs malheurs ne les soulageaient que très provisoirement, voire même contribuait à leur faire « ressasser » leurs misères ; cela montre qu’exprimer par la parole ne suffit pas toujours. Il faut aussi être entendu et ne pas réinjecter en soi ce qui vient d’en sortir. Ne dit –on pas : « c’est comme si je parlais au mur », quand j’ai l’impression d’avoir dit « pour rien » ? 
Il me semble important de choisir le thérapeute qui me permettra au mieux d’exprimer les violences que je porte, de la meilleure façon pour moi.
Je le répète, les méthodes sont nombreuses : l’écriture, le dessin, la peinture, la danse, l’expression corporelle, les jeux de rôle, …. Et tout ce qui permet une expression symbolique peuvent m’aider à me libérer.
Une seule méthode ne suffit pas à tout guérir et à guérir tout le monde et aucune méthode ne peut se prévaloir supérieure aux autres. 
Personnellement, j’anime des stages que je qualifie « d’émotionnels » et qui associent plusieurs méthodes et je constate que quand une personne exprime avec son corps, avec « ses tripes » et qu’elle sort « ce qu’elle a dans le ventre » (siège ô combien important) les résultats sont fréquemment spectaculaires, et en tout cas apportent un mieux. Ceci ne veut pas dire qu’il ne faille pas ensuite entretenir les bénéfices obtenus.

Que faire de ce qui sort ? 

Je pense qu’après avoir exprimé les violences, et ceci peut se faire avec ou sans violence, il ne faut ni les réinjecter en soi ni les garder près de soi mais les envoyer « ailleurs ». Je peux décider de brûler, d’enterrer, de symboliser,… voire de renvoyer à l’expéditeur la violence que j’ai reçue de lui. Il s’agit d’une restitution et il ne s’agit donc pas de vouloir faire violence ni de se venger. Ce que j’enseigne n’a rien à voir avec la loi du Talion : « oeil pour œil, dent pour dent ! »
Parfois certaines personnes disent : « il m’a donné une claque mais je lui ai rendu ». En fait il y a deux claques et je n’ai rien rendu, j’ai appliqué la loi du Talion et j’ai produit moi aussi une nouvelle violence.
Restituer est comparable au fait de porter à la Poste un colis reçu chez moi et que je ne souhaite pas conserver.
Je peux, par exemple, dessiner une main et écrire gifle reçue le …de la main de … et que je ne veux pas garder. C’est une réparation symbolique qui fonctionne car elle parle à mon hémisphère droit et par conséquent à mon inconscient et ce dernier agit « à l’insu » de ma conscience pour refermer la blessure.
Je précise que c’est un geste que je fais pour moi et non pas ni pour l’autre, ni contre l’autre. J’agis, et j’ajoute qu’agir est indispensable, il ne suffit pas de penser, pour changer quelque chose en moi et non pas dans l’intention que l’autre souffre ou regrette ou change…
Une jeune femme de 36 ans atteinte d’un cancer du sein était venue me consulter. L’entretien a mis en évidence une relation très difficile avec sa mère. Cette dernière ayant par exemple accueilli l’annonce de cette maladie et du pronostic très alarmant des médecins par la phrase : « décidément, jusqu’à la fin de tes jours, tu m’auras toujours fait ch… ».J’ai invité la jeune femme à remplir un sac avec toutes les paroles blessantes reçues depuis la plus « tendre » enfance et d’aller rendre ce sac à sa mère en précisant quelques précautions oratoires : « maman, je viens non pas t’accuser, non pas te mettre en cause ; je ne viens pas te parler de Toi, mais seulement de moi. Je me suis blessée trop longtemps avec ces paroles qui sont à toi et aujourd’hui, je suis venue te les rendre. Je me suis blessée très fort car je T’aime. Je veux pouvoir t’aimer sans te haïr… » La jeune femme objecta que sa mère allait la mettre à la porte et l’insulter avant même qu’elle ne puisse finir sa phrase.
J’ai confirmé que c’était possible mais que pour l’instant il s’agissait de « répression imaginaire » et que je l’invitais quand même à tenter cette restitution. Quinze jours plus tard, la jeune femme me racontait que contre toute attente sa mère, très émue, l’avait écoutée, lui avait demandé pardon, lui avait dit de ne pas lui en vouloir, qu’elle-même avait eu une enfance malheureuse, une mère dure, …Pour la première fois de sa vie, cette femme, la mère, exprimait, elle aussi, les violences reçues au lieu de produire la violence habituelle qui était le langage de ses propres blessures. La relation mère-fille a été métamorphosée et immédiatement les conséquences ont été visibles dans l’évolution de la maladie (mal a dit) de la fille.

Encouragée par ce succès, je proposais quelques jours plus tard à Brigitte, trente ans, dépressive, en conflit permanent avec sa mère, d’agir un peu de la même façon, en lui disant, puisqu’elle avouait avoir été une enfant difficile qui en « avait fait voir de toutes les couleurs à sa mère » qu’elle pouvait non seulement rendre à sa mère mais également reprendre les violences qu’elle-même avait causées et de débuter par cela.
Brigitte vint chez sa mère et commença par lui dire qu’elle avait conscience d’avoir été une enfant difficile qui avait souvent dû lui faire violence et …. Elle ne put guère en dire plus car sa mère se mit à lui dire : « oui, tu étais insupportable, méchante, …et patati et patata… »Brigitte me dit que jamais sa mère ne lui avait dit autant « d’horreurs » que ce jour – là. Mais, Brigitte constatait que la nouveauté c’était que pour la première fois elle ne se blessait pas avec les propos de sa mère. Elle me dit qu’elle s’était rendu compte de ce processus : violence ---blessure---souffrance et qu’elle comprenait que c’étaient les blessures de sa mère qui exprimaient leur souffrance sous forme de reproches, d’accusations, de méchancetés… qu’elle n’était plus obligée de recevoir et de garder. Curieusement, là aussi la relation mère – fille changea et s’améliora, ce qui permit à Brigitte de fonder une famille et de devenir mère à son tour.
Une femme me témoigna qu’un poids avait disparu de sa vie le jour où elle était allée déposer une cordelette sur la tombe de sa mère, morte de mort naturelle, mais qui toute son existence avait menacé de se pendre… 
Les exemples qui confirment à quel point la restitution symbolique de violence améliore la qualité de vie foisonnent.

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